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Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël

RÉPUBLIQUE SOCIALE

On le savait fou, dangereux, instable, capable du pire, en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l'Etat d'Israël, Donald Trump a fait part de son immense irresponsabilité. De l'avis de tous, les Etats-Unis ne peuvent désormais plus parrainer les négociations de paix, même s'il était depuis bien longtemps évident que cela n'aurait jamais dû être le cas.

Mercredi 6 décembre, le peuple palestinien a eu la mauvaise surprise d’entendre le discours du président américain, quelques jours seulement après que la Cour suprême américaine ait autorisé le décret interdisant l’accès de ressortissants de sept pays musulmans sur le sol américain, reconnaissant la ville de Jérusalem comme capitale du seul Etat d’Israël, et donc marquant sa volonté de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville trois fois Sainte.

Jérusalem est, en effet, une ville sacrée pour les trois religions du livre. Les juifs viennent prier au Mur des lamentations, les chrétiens à l’Eglise du Saint-Sépulcre, et les musulmans à la Mosquée Al-Aqsa, troisième lieu Saint de l’Islam, après la Mecque et Medine. Inutile de préciser donc que les tensions autour de cette ville sont multiples, et ce qu’elles représentent pour les trois religions.

Or, la politique israélienne, visant systématiquement à reprendre le contrôle de la ville, alors qu’elle devait être partagée entre les deux peuples, ne fait qu’augmenter, depuis des années, les violences et les tensions.

Brève histoire de la ville de Jérusalem

Jérusalem a été la ville de toutes les convoitises au cours de l’Histoire, les croisades, lancées au 11ème siècle par le Pape Pie VI avait déjà pour but la reconquête de la ville Sainte aux armées musulmanes.

Après la seconde guerre mondiale et la création, en 1948 de l’Etat d’Israël, la Palestine se retrouve divisée en deux Etats : Israël donc, et un Etat Arabe, tandis que la ville de Jérusalem est démilitarisée et placée sous l’égide du Conseil de tutelles des Nations Unies. La première guerre israélo-arabe, et les guerres qui suivent, celle des 6 jours en 1967 et celle du Kippour en 1973, vont permettre au tout jeune Etat d’Israël d’occuper une grande partie de la Palestine, y compris Jérusalem et le désert syrien du Golan .

En 1980, au mépris du droit international, Israël proclame la ville de Jérusalem comme sa capitale. Aucun pays, jusqu’aux Etats-Unis, n’avaient reconnu la ville Sainte comme la capitale de l’Etat Hébreux, et toutes les ambassades des pays ayant des relations diplomatiques avec Israël, se trouvaient, et se trouvent toujours à Tel-Aviv.

Vers une troisième intifada ? 
 
Une troisième intifada (en arabe "révolte des pierres"), après celles de 1987, 2000 et 2005, est-elle envisageable ? . la déclaration de Trump, il y a maintenant une dizaine jours, l’a rendue de plus en plus possible. Si le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, ainsi que d’autres factions palestiniennes ont appelé à un tel soulèvement, pour le moment les palestiniens ne se sont pas révoltés, comme ils avaient pu le faire auparavant.

Combattante du Front populaire de libération de la Palestine (marxiste), une des factions de la Résistance.

Une grève générale a été organisée dans les territoires palestiniens, de nombreuses manifestations ont éclaté, et des roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza, certes, mais rien de comparable à ce que l’on avait pu voir précédemment. En revanche, la réaction israélienne est, elle, connue et continue de faire des victimes palestiniennes en nombre, et au mépris du droit international.

Mais nul doute que les médias n’hésiteront pas à nous présenter, sur un pied d’égalité, les forces qui s’opposent. Alors qu’il n’y a absolument rien d’égal entre une armée surentraînée, détentrice de l’arme nucléaire, et de l’aide des puissances occidentales, et les factions palestiniennes qui disposent d’un armement dérisoire, comparé à celui des forces d’occupations. Et même si les palestiniens disposent de roquettes et de certains missiles, quels impacts, si ce n’est symboliques, ont-ils face à l’efficacité des défenses antimissiles israéliennes ?

Mais qu’importe, à la fin Israël ne sera, une nouvelle fois, pas condamné, et les élites bien pensantes pourront verser leur petite larme pour les victimes palestiniennes, sans que cela ne change la moindre chose au drame.

Stratégie de guerre au Moyen-Orient

S’attaquer à la Palestine, donc aux différents mouvements qui composent la résistance palestinienne, correspond à une logique bien précise et plus générale. Une logique consistant à détruire toute opposition aux intérêts impérialistes. L’Irak de Saddam Hussein, a été le premier à en faire les frais, puis ce fut le tour de la Libye de Kadhafi.

Mais la machine s’est enrayée en Syrie, où les plans américains ont été annihilés par l’association de la Syrie, de l’Iran, de la Russie, de la Chine, de l’Irak et du Hezbollah libanais. La prochaine cible devrait donc, logiquement, être la République islamique d’Iran, et son allié chiite du Hezbollah. Un conflit qui correspondrait aux intérêts américains, israéliens, mais aussi saoudiens, grand ennemi de l’Iran. Le conflit au Yémen, qui n’attire d’ailleurs pas l’attention de ceux se revendiquant si souvent des droits de l’Homme, est le symbole de cette rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Nul doute que la décision de Trump vient de jeter de l’huile sur le feu sur une région qui n’en avait vraiment pas besoin.

République sociale

 https://republiquesocialeblog.wordpress.com/2017/12/16/jerusalem-nest-pas-la-capitale-disrael/

COMMENTAIRES  

20/12/2017 00:06 par chb

N’oublions pas que cette décision de Trump avait déjà été prise par le Congrès US. Votée en 1995, elle devait entrer en vigueur avant 1999. Le "fou" Trump a certes jeté de l’huile sur le feu, mais son discours n’en est pas plus réaliste, ni même sincère...

20/12/2017 10:55 par lie

Ce qui est étonnant dans votre article c’est de parlé de ville 3 fois saintes et automatiquement accepter le fait que se soit les musulmans qui doivent gérer la ville.
Jusqu’au retour d’israel en 1967 dans cette ville, les juifs n’avaient pas le droit de prier ni sur le mont du temple ou l’esplanade des mosqués ni même sur la place dumur occidental qui d’après les archives étaient une décharge d’ordures à ciel ouvert.
On peut même si on est contre une certaine politique des israliens comprendrent qu’ils n’aient pas envie de revivre cela.
et depuis 1967, a aucun moment les arabes ont été empechés de prier sur le mont du temple.

20/12/2017 12:50 par Daniel

Commencer la "brève histoire" de Jérusalem au XIè siècle, on ne l’avait jamais faite celle-là... Trump ajoute de l’huile sur le feu ? C’est vrai que cette région avant son annonce c’était la Suisse... Un peu d’objectivité dans vos articles ça vous dirait ?

20/12/2017 15:51 par Ad

Peut-on préciser que :
- la "Palestine" dont vous parlez en 1947 n’existait pas (mandat britannique couvrant Israël + la Jordanie, partage en 1920 à Balfour)
- le Dôme du Rocher n’est PAS une mosquée
- Jérusalem n’est pas cité dans le Coran et n’est pas le 3eme lieu saint de l’Islam, mais c’est bien le 1er lieu saint du Judaïsme
- l’ONU avait proposé une Jérusalem internationale en 1947 mais que les Arabes l’ont refusé
etc.
Merci donc de ne pas dire n’importe quoi dans vos articles, ça en devient mensonger !

20/12/2017 17:57 par François

« De l’avis de tous, les Etats-Unis ne peuvent désormais plus parrainer les négociations de paix, même s’il était depuis bien longtemps évident que cela n’aurait jamais dû être le cas. »
C’est donc bien un non evennement du point de vue de la vision qu’ont les americains de ce conflit. Pas etonnant, les Americains sont aussi nés d’une dissidence europeenne qui s’est arrogé le droit de voler des terres et de massacrer ses habitants.
Ils s.en foutent de pourrir la situation, c’est un cercle vicieux de provocations et de repressions qui leur permettent de gagner toujours plus de terrains.

20/12/2017 19:17 par Mourad

L’article semble intéressant bien qu’il ne semble pas apporter d’informations non déjà connue.

J aimerais qund même faire deux citations du dernier commentaire,

« - Jérusalem n’est pas cité dans le Coran et n’est pas le 3eme lieu saint de l’Islam... »

« .....ça en devient mensonger ! »

Ceci expliquant cela,
Cela mériterait presque un article de Théophraste, mais l’histoire est un sujet souvent si polémique ce qui est dommage.

20/12/2017 20:14 par François

Il y a effectivement quelques reflexions bizarres plus haut que je me suis refreiné de relever.
Ca m’a paru trop grossier pour etre autre chose que de la provocation de la part d’un clan avec qui j’ai tout sauf envie de discuter.
Wikipedia : « Il y a trois lieux saints dans la religion musulmane. La Kaaba est considérée comme le lieu le plus sacré, suivie du Masjid an-Nabawi ou mosquée du Prophète en second, le troisième lieu saint étant la mosquée al-Aqsa (la mosquée la plus éloignée). Les deux premiers se trouvent en Arabie saoudite, le troisième à Jérusalem-Est »
Pour information, Jerusalem Est fait partie de ... Jerusalem.

20/12/2017 22:12 par chb

@ Ad & lie (lie en anglais, ça fait mensonge : pure hasbara ?)
La mosquée al-Aqsa est bien l’un des lieux les plus vénérés de l’islam (après La Mecque et Médine), toutes obédiences confondues. Cela ne valide pas plus un usage exclusif de Jérusalem par les musulmans que par les israéliens (ou par les chrétiens, d’ailleurs), mais il est étrange de passer ici à la poubelle, à la fois l’histoire et l’attachement de la plus jeune des trois religions du livre - comme voudrait le faire l’état sioniste.
La gestion de la ville de Nice, ex-possession de divers royaumes, est assurée présentement par des français : voyez-vous là aussi un problème, ou le « retour d’israël en 67 » est-il la seule occurrence d’ancienne capitale qui doive échapper à ses habitants sur la base de documents sectaires ?
L’interdiction du mur occidental est plus ancienne que l’islam lui-même : ne faisons pas porter à Mahomet et aux mahométans tous les malheurs des juifs. Au contraire, l’arrivée d’Umar a libéralisé cela dès 637. Confirmation sous le joug turc... jusqu’aux massacres pendant le mandat britannique.

21/12/2017 04:41 par babelouest

@ chb
On notera toujours fortement combien dès que des anglo-saxons sont quelque part, cela finit par des massacres. Ils doivent avoir un noyau particulièrement agressif qui les manœuvre, et ce, depuis des centaines d’années.

21/12/2017 08:12 par chb

@ Babelwest
Ah les rosbifs. Et en plus ils roulent à gauche, ils exécutent leur premier roi avant nous, ils mangent bizarrement... mais, toutes proportions gardées, ils ne nous surpassent pas souvent en matière de cruautés coloniales et de filouteries spoliatrices.
Et c’est bien nous qu’on a donné le coup de pouce à Peres et ben Gourion pour les bombes de Dimona, c’est pas rien dans "l’équilibre" et la stratégie de guerre au Moyen-Orient.

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