« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerGoogle ReadereBuzz
 

Lakhdar Brahimi, la dernière carte avant l’échec ?

Il ne faut jamais oublier que l’objectif des américano-arabo-sionistes est et restera le renversement du « régime de Damas » et rien d’autre ! Si cet « objectif » n’aboutit pas, la lecture politique serait donc de considérer comme « défaite » de cette OTAN désuète qui annoncerait la fin de l’unilatéralisme américain sur le monde.

Rappelons-nous que les missions des observateurs et toutes les réunions, conférences et autres déclarations anti-syriennes ne sont que des subterfuges poussant vers cet objectif ; des « amis de la Syrie » à la réunion de l’OCI en Arabie Saoudite. La mission des observateurs de la « Ligue arabe » a "échoué’ parce qu’elle ne répondait pas à ce qui était programmé. Elle avait vu ce que les américano-arabo-sionistes ne veulent pas que le monde sache ; c’est-à -dire « le massacre des civils, des policiers, des militaires, des intellectuels, des hommes de culte ainsi que les destructions des infrastructures économiques, sociales, culturelles et sanitaires » par des « groupes armés » organisés, armés et financés par leurs valets arabes ; le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie.

Même pour la mission de Annan/ONU, les États-Unis et leurs valets arabes ont tout fait pour faire échouer sa mission, car ses six points risquaient de garantir une "paix’ qu’ils ne voulaient pas sans la chute de Bachar qui est une condition sine qua non pour la domination du régime sioniste de la région. Avant même l’arrivée des observateurs de Annan, ils avaient vite essayé de suborner et influencer ces nouveaux témoins en fixant, à l’avance, leur chance de réussite à 3%.

Réitérons qu’au final le but visée est bien de gagner du temps par diverses manoeuvres pour faire croire, par cette tactique par « élimination /reconstitution » des groupes, à une persistance de la crise par la résistance du « peuple » face à la répression de « l’armée de Bachar » tout en espérant faire échouer les réformes profondes, politiques et économiques engagées par le pouvoir syrien. Des réformes, en fait, que redoutent, par contagions, les monarchies du golfe contrairement au souhait qu’ils affichent, perfidement, de voir la « démocratisation » de la Syrie.

A chaque fois que l’on pressent la déroute de leurs groupes armés on se charge immédiatement de leur venir au secours par ce subterfuge « observateurs » pour exiger de la Syrie « le retrait de l’armée » et la « libération des prisonniers » pour permettre aux groupes de se reconstituer, de réoccuper leurs positions et de reprendre du poil de la bête. Si les groupes devaient être décimés, il sera extrêmement difficile aux comploteurs de reconstituer les réseaux dont les préparatifs ont exigé du temps, de la patience, des plans, des tactiques, des recrutements et beaucoup d’argent.
Juste après Damas et Alep où leur « armée » subit de lourdes pertes avec difficultés de s’en sortir ni d’être ravitaillée, les revoilà "crier’ au « massacre » tout en multipliant les menaces, les réunions et les pressions sur la Syrie. Au même moment Annan "démissionne’ en annonçant ne pas pouvoir terminer sa mission à cause, en fait, d’une absence de coopération de la partie soutenant les groupes armés. Il a motivé sa démission par les divisions au sein du Conseil de sécurité sur ce dossier ; compliquant ses devoirs.

Devant ces attitudes de l’Occident que mène les EU, comment "espérer’ une solution en désignant un nouveau médiateur tout en maintenant le même objectif, la même pression, la même tactique, les mêmes mensonges débiles et déclarations stupides ?
Lakhdar Brahimi, âgé de 78 ans, est bien habitué aux missions difficiles pour le compte des Nations unies, mais que peut-il faire de mieux que Annan face aux blocages et au dictat américain. Comment pourra-t-il prendre en charge cette « affaire syrienne » dans de telles conditions d’hostilités ? A moins qu’il n’accepte « leurs conditions » fût-il, par son expérience, le meilleur médiateur ! En déclarant dans un communiqué que « Le Conseil de sécurité de l’ONU et les États de la région doivent s’unir pour permettre une transition politique dès que possible » M. Brahimi le destine-t-il à la Russie et à la Chine, qui s’opposent par leurs vétos aux solutions proposées par l’Occident ?

Parions que les premières actions qu’il engagera seront une demande au gouvernement syrien de « retirer l’armée » et de « relâcher les "prisonniers’ » chose, à notre avis, qui ne se réalisera jamais plus. Si c’est ainsi, il échouera sans aucun doute. Ce serait d’ailleurs une très grave erreur stratégique de la part de la Syrie si elle accepte, car juste au moment où elle domine la situation militairement et politiquement.

Malgré cinq mois d’efforts pour imposer la paix des deux côtés où nous avons vu des réponses favorables que du côté syrien et des blocages du côté américain, notre Brahimi semble accepter reprendre la suite au moment où la bataille d’Alep impose la suprématie de l’armée syrienne et au moment où les EU persistent en annonçant de nouvelles sanctions pour précipiter la chute de Bachar. Un diplomate à l’ONU, aurait indiqué que l’ONU et le Conseil pourraient être amenés à réviser le plan de paix en six points de Kofi Annan. Dans quel sens ? Nous savons que l’occident et les pétromonarchies du Golfe veulent apporter des changements au plan Annan dans l’objectif d’un « changement de régime ». Ce dont la Russie et la Chine ne veulent plus entendre parler.

Ont-ils trouvé en Brahimi le meilleur allié surtout avec la Jordanie et l’Arabie Saoudite ? S’il accepte cette mission il se retrouverait dans la situation où il doit contenter et le « choux » et la « chèvre ». Chose impossible, car il doit choisir entre deux « blocs », deux rapports de force qui s’affronte l’un « unilatéraliste » et l’autre « multilatéraliste » dont le théâtre est bien la Syrie. Sa carrière diplomatique, nette jusque-là , en prendra un sérieux coup s’il échoue. On ne le ratera pas de l’accuser de servir les intérêts de l’occident et des monarchies du Golfe sachant que sa fille est mariée au frère du roi de Jordanie. Les algériens avancent déjà qu’il ne représentera que sa personne et non l’Algérie.

Il nous semble que M. Brahimi arrive trop tard dans ce conflit au regard de la violence guerrière sur le terrain et les succès de l’armée syrienne. Serait-il la dernière carte, américano-monarchique, pour sauver un projet hégémoniste en échec ou bien le dernier médiateur pour sortir de ce conflit sans trop de conséquences ?

Djerrad Amar

URL de cet article 17473
 
 

AUTRES ARTICLES RECENTS
 

Si la liberté a un sens, c’est celui d’avoir le droit de dire à quelqu’un ce qu’il n’a pas envie d’entendre.

George Orwell

 

Point de non-retour
Andre VLTCHEK

LE LIVRE
Karel est correspondant de guerre. Il va là où nous ne sommes pas, pour être nos yeux et nos oreilles. Témoin privilégié des soubresauts de notre époque, à la fois engagé et désinvolte, amateur de femmes et assoiffé d’ivresses, le narrateur nous entraîne des salles de rédaction de New York aux poussières de Gaza, en passant par Lima, Le Caire, Bali et la Pampa. Toujours en équilibre précaire, jusqu’au basculement final. Il devra choisir entre l’ironie de celui qui a tout vu et l’engagement de (...)

AGENDA
mercredi 22 mai 2013
jeudi 23 mai 2013
vendredi 24 mai 2013
samedi 25 mai 2013
samedi 25 mai 2013
dimanche 26 mai 2013
mercredi 29 mai 2013
samedi 1er juin 2013
samedi 1er juin 2013
samedi 1er juin 2013
lundi 3 juin 2013
jeudi 20 juin 2013
Pour les accros des réseaux sociaux

 

A lire

 

A NE PAS MANQUER OU A RELIRE
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
62 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
22 
Colombie : Le poids des maux, le choc des photos.
Vous avez oublié les photos (bidons) du faux charnier de Timisoara en Roumanie ? En décembre 1989, elles démontrèrent au monde entier la férocité du régime communiste roumain. La presse avança le chiffre d’une dizaine de milliers de morts. Ceausescu renversé et exécuté, on a appris que les cadavres (moins de 200) avaient été sortis de la morgue d’un hôpital pour une mise en scène politico-macabre que les médias avalèrent illico et propagèrent urbi et orbi sans chercher à vérifier. Et voici que nous en (...)
12 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
41 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir
 
suivez le Grand Soir sur :
RSS Syndication  |  Twitter FACEBOOK FeedBurner NetVibes Google Reader eBuzz
Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas