Chavez à nouveau opéré

Le courage d’un homme encore indispensable

Le président Hugo Chavez vient d’annoncer qu’il doit être à nouveau opéré d’une "lésion de 2 cm" dans la zone où on lui enleva, en 2011, une tumeur cancéreuse. Mauvaise nouvelle pour les militants...

La révolution bolivarienne a été et est, à un moment historique donné, la rencontre d’un homme, de conditions objectives et subjectives ("caracazo" 1989, 3000 morts...) , d’un mouvement populaire en développement....Chavez a donné à cette réaction populaire à la répression, par un président social-démocrate, du peuple soulevé contre la misère, un contenu idéologique de radicalisation progressive et un débouché politique : la contestation du "néo-libéralisme"...Peuple et leader se sont mutuellement "radicalisés"...

Au début, Chavez parlait de "troisième voie"...Le président, haï par l’oligarchie et l’impérialisme, propose aujourd’hui une alternative "socialiste", et reste encore indispensable à un processus historique qu’il vertèbre et fédère , comme un changeur de monde. Sa relation au peuple ne peut être qualifiée de "culte de la personnalité". Elle est directe, confiante, transparente, critique et auto-critique. Nous avons déjà démontré que ses discours de citoyenneté populaire contribuent à une sorte sorte de "démocratie pédagogique". De plus, depuis 1998, il a gagné 14 élections sur 15...

La fonction de leader est interactive. C’est parce qu’il a pris la mesure des aspirations populaires et de l’alternative nécessaire que Chavez parle aujourd’hui de "socialisme du 21ième siècle", et que les plus pauvres, enfin "visibles", s’en sont emparé. Chavez fonctionne comme un catalyseur , dans les conditions d’un terrible affrontement de classe. A-t-on déjà vu une classe dominante accepter de renoncer à ses privilèges et céder le pouvoir sans réagir violemment ?

Chavez n’agit pas à la place du peuple. Les pauvres se reconnaissent en lui, mais ne lui ont pas délégué leur pouvoir. En descendant par centaines de milliers dans les rues, ils ont fait échouer le coup d’Etat de 2002. Chavez exerce son mandat au nom du peuple ET avec le peuple... IL est devenu le symbole d’une nation , d’une espérance, de la synergie avec "ceux d’en bas", sa base sociale.

Certes ce fonctionnement "personnalisé", fruit d’un moment historique , a ses limites. C’est pour cela que Chavez accélère la construction du parti uni de la révolution vénézuélienne (six millions de membres), l’autogestion ("conseils communaux", conseils ouvriers...), le début de mise en place de contre-pouvoirs révolutionnaires...Mais le "comandante", dans cette étape cruciale, reste indispensable. Les Etats-Unis nous le confirment tous les jours.

En octobre 2012 aura lieu une présidentielle pour laquelle Washington , qui veut se débarrasser de ce "mauvais et contagieux exemple", a poussé l’opposition, hétéroclite, à s’unir sur un programme : l’anti-chavisme. "L’empire" arrose par millions de dollars et "donne le la" aux médias internationaux déchaînés dans la caricature, l’intox, le mensonge, la propagande sur les thèmes du "populisme", de la "dictature en marche" à Caracas, de la "violation de la liberté d’expression", etc... Bref, les chiens de garde tentent de sauver le capitalisme menacé .

Ils jouent leur rôle au service de leurs maîtres. Jouons le nôtre , internationaliste, en témoignant de notre solidarité redoublée. Elle n’est pas, pour l’heure, à la hauteur requise. Une grande partie de la gauche française, sous l’emprise du matraquage anti-chaviste, n’ a pas (ou ne veut pas) compris (comprendre) ce qui se joue à Caracas. Cuidese, comandante ! Le necesitamos.

Jean Ortiz

Syndicaliste

Maître de conférences à l’Université de Pau (Francia)

COMMENTAIRES  

23/02/2012 07:37 par Serge Charbonneau

C’est une bien mauvaise nouvelle !

On espérait que ses traitements avaient été « totalement » efficaces, mais on savait tous, même si on se le cachait de notre mieux, que le maudit cancer peut revenir à tout moment.

Espérons que la tumeur a été découverte assez tôt et que son retrait ne met pas en péril le bon fonctionnement d’un organe vital.

Je crois que non seulement le Venezuela a encore besoin d’un homme unique comme Chávez, mais avec les tensions actuelles et ce capitalisme mondial au paroxysme sur le point de s’effondrer, le monde entier a besoin d’un Homme comme ce Chávez.

Je ne suis pas croyant, mais lui semble l’être, alors unissons nos prières pour que la médecine nous le sauve une fois de plus.

Serge Charbonneau
Québec

23/02/2012 11:02 par Michail

Lors de l’annonce à ses compatriotes de cette nouvelle épreuve, Hugo Chavez a lui-même déclaré que personne n’était indispensable dans la révolution initiée au Vénézuela et plus largement dans le continent sud-américain, on ne peut dès lors que s’étonner du titre de ce billet...

Quoi qu’il en soit, je suis persuadé que tous les progressistes sincères de notre petite planète croisent les doigts pour le camarade Chavez et le soutiennent moralement dans cette épreuve.

Bas-toi camarade Hugo comme tu sais si bien le faire !

24/02/2012 02:33 par Serge Charbonneau

Selon mon point de vue, je crois que ce titre est tout à fait adéquat.

Je ne crois pas que nous sommes interchangeables.

Si c’était le cas, les gouvernements occidentaux ne pousseraient pas aussi fort pour que les Pays qu’ils souhaitent dominer aient tous des constitutions où il est interdit de faire plus de deux mandats.

Je crois que la démocratie c’est le droit du peuple de pouvoir choisir sans contrainte le candidat de son choix.

Nous ne sommes pas interchangeables.
Il n’y a pas deux Hugo Chávez.
Il n’y a pas deux Lula.
Il n’y a pas deux Castro.
Il n’y a pas deux Kirchner (il est mort Nestor, personne ne peut le remplacer).

Et dans nos pays peu importe qu’il n’y ait pas deux Sarkozy ou deux Harper, ces gens, eux, sont totalement interchangeables. Les pions ne sont que des pions, ils ne font qu’accomplir ce que désirent ceux qui leur tirent les ficelles.

Par contre, des gens comme Chávez se tiennent courageusement debout et ont le talent pour dire non et accomplir ce qui ne se ferait jamais sans eux.

Les gens courageux sont peu nombreux.
De plus, le talent n’est pas donné à tous.
Il serait bien difficile de trouver une personne ayant les mêmes qualités qu’a Hugo Chávez.

Même Fidel lui rend hommage...
http://www.legrandsoir.info/le-genie-de-chavez.html

Le génie de Chávez... personne ne l’aura comme lui.
Il y aura sans doute un jour un autre grand personnage, mais quand ?
Les pions sont nombreux.
Les grands leaders se font rares.

Prions pour que cet Homme « encore indispensable » serve encore longtemps le Venezuela et l’Humanité tout entière.

Serge Charbonneau
Québec

24/02/2012 11:51 par Michail

@24/02/2012 à 02:33, par Serge Charbonneau

Vous ne vous offusquerez pas j’imagine qu’entre l’avis de Serge Charbonneau sur la question et celui d’Hugo Chavez lui-même, j’opte pour celui du dirigeant historique vénézuelien, hé, hé !

On notera au passage qu’il reprend la position de Fidel Castro Ruiz qui lorsqu’il avait eu ses problèmes gravissimes de santé et avait dû se retirer avait tenu strictement le même langage...

Savoir laisser la place à d’autres et ne pas se croire indispensable est une marque supplémentaire du caractère exceptionnel de ces deux acteurs historiques majeurs, les autres ont au contraire vite fait de se prendre pour dieu le père, eux savent être géniaux et cohérents jusqu’au bout !

24/02/2012 13:03 par Serge Charbonneau

Mon opinion n’est nullement contraire à l’attitude tout à fait exemplaire d’Hugo Chávez.

Aucun grand Homme ne se pense "indispensable".
Tous encouragent la relève.
Tous mettent en premier la mission pour laquelle ils ont donné leur vie.
Chávez a littéralement donné sa vie pour son peuple et son Pays.
Castro en a fait autant.

Ce n’est pas Hugo Chávez qui dit de lui qu’il est "indispensable", c’est moi qui juge qu’il n’y a pas deux Hugo Chávez.
Il y aura sûrement, un de ces jours, un Être équivalent à ce Chávez, mais il faut tout de même avouer que ce n’est pas fréquent.

Il y a des gens qui marquent l’Histoire et qui ne pourront jamais être remplacés.
Au Québec, nous n’avons eu qu’un seul René Lévesque.
C’est lui qui est un des grands responsables de notre révolution tranquille et de notre essor comme peuple souverain.

En France, le général de Gaulle a aussi marqué son temps.
Napoléon aussi.
Il n’y a pas eu deux Napoléon.
Nous ne sommes pas interchangeables.
Et je crois qu’Hugo Chávez nous est « encore indispensable ».
Une des preuves nous indiquant qu’Hugo Chávez est toujours "indispensable" il demeure une des principales cibles à diaboliser par les médias dominant au service de ceux qui redoutent ces Hommes « exceptionnels ».
Nul autre qu’Hugo Chávez ne les menace autant.
Ils préféreraient n’importe qui d’autre.

Je vous invite à écouter ce grand Homme hier lorsqu’il s’adressait à son Pays (en cadena, c.-à -d. sur toutes les chaines radio télé).

http://media.tlsur.net/clips/telesur-video-2012-02-23-193036705608.mp4

Salutations,

Serge Charbonneau
Québec

24/02/2012 15:54 par Michail

24/02/2012 à 13:03, par Serge Charbonneau
...
En France, le général de Gaulle a aussi marqué son temps.

Napoléon aussi.

Il n’y a pas eu deux Napoléon....

Ah ça non, un seul a suffit grand dieu !

Il ne me semble pour le moins pas très judicieux d’associer notre ami Hugo Chavez avec quelqu’un qui aura marqué son siècle par son despotisme, la ruine économique et la sanguinaire saignée démographique européenne et au delà de ses campagnes guerrières absurdes, un petit coup d’oeil dans les livres d’histoire suffit à s’en convaincre très rapidement...

Je ne serais pas du tout surpris qu’il prenne votre comparaison saugrenue pour une insulte !

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