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Le droit des nations à disposer d’elles-mêmes : le cas de la Catalogne

La Catalogne doit disposer de l’entière liberté d’organiser la consultation de la population par référendum sur la question de l’indépendance. Seule la population catalane doit décider librement et démocratiquement de son destin. Or le Gouvernement espagnol refuse catégoriquement cette possibilité et maintient par la force la Catalogne dans l’Espagne. C’est ainsi que la population a été brutalement empêchée par la police espagnole de s’exprimer lors du référendum du premier octobre 2017. Pour le très conservateur Rajoy, la Catalogne est une région rebelle qu’il faut soumettre par la force. Étrange démocratie qui a peur d’un référendum et lui oppose violence et brutalité. Étrange droit qui nie le droit des populations à disposer d’elles-mêmes. Pour Mariano Rajoy, qui ne parle que de la démocratie et du droit, la Catalogne doit rester espagnole malgré la volonté de sa population !

Cette violence, digne de la dictature franquiste, n’a cependant pas découragé une partie de la population (42,3 % selon le gouvernement catalan) à participer au référendum d’autodétermination. Le « oui » à l’indépendance l’a emporté avec 90% des voix selon la même source : « En ce jour d’espoir et de souffrances, les citoyens catalans ont gagné le droit d’avoir un État indépendant sous la forme d’une République (...) Mon gouvernement va, dans les jours qui viennent, transmettre les résultats du scrutin de ce jour au Parlement, garant de la souveraineté de notre peuple, afin qu’il puisse agir conformément à la loi référendaire » déclarait Carles Puigdemont président de la Catalogne (1). Effectivement, le vendredi 27 octobre, le parlement catalan vote la résolution de l’indépendance en l’absence d’une partie des députés (Parti socialiste, Parti Populaire et Ciudadanos). « Nous constituons la République catalane, comme État indépendant et souverain, de droit, démocratique et social » dit le préambule de cette résolution.

De son côté et presque au même moment, le Sénat, dominé par les conservateurs du Parti Populaire, autorise Mariano Rajoy à utiliser l’article 155 de la constitution espagnole suspendant du même coup le statut d’autonomie de la Catalogne : destitution de l’ exécutif et dissolution du parlement. La télévision, les médias, la police et les administrations sont désormais sous la tutelle de Madrid. Neuf membres du gouvernement catalan ont été placés en détention provisoire (2). Dans la foulée, Rajoy annonce la tenue des élections régionales pour le 21 décembre 2017.

Le président Carles Puigdemont et quatre autres ex-conseillers de la Generalitat (gouvernement catalan) ont quitté la Catalogne pour aller se réfugier à Bruxelles. Le gouvernement espagnol mené par Mariano Rajoy a lancé contre eux un mandat d’arrêt européen pour « rébellion, sédition, malversation, abus de fonction et désobéissance ».

De son côté, Pablo Casado chargé de la communication du Parti Populaire déclarait « L’histoire, il ne faut pas la répéter, nous espérons que demain on ne déclarera rien parce que celui qui déclarerait (un Etat indépendant) pourrait finir comme celui qui le déclara il y a 83 ans » (3).

Casado fait allusion ici à Lluis Companys, ce brillant avocat du Parti de la Gauche Républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, l’ERC) et figure marquante de l’indépendance de la Catalogne. Companys a eu l’audace de proclamer le 6 octobre 1934 « l’Etat Catalan de la République fédérale espagnole ». Le lendemain, l’armée espagnole prend le contrôle de la Generalitat et la justice espagnole condamne Companys à 30 ans de prison. En février 1936, le Front populaire arrive au pouvoir et libère Compays qui sera élu président de la Generalitat. En juillet 1936, la guerre civile éclate après un coup d’État militaire. En 1939, aidé par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, le général Franco gagne la guerre. La dictature franquiste s’impose dans toute l’Espagne et la Generalitat de Catalogne est abolie.Vaincus, beaucoup de républicains ont pris le chemin de l’exil vers la France dont Lluis Companys et son épouse Carme Ballester. La Gestapo l’arrête le 13 août 1940 et le livre à la police de Franco. Il sera fusillé le 15 octobre 1940 au château de Montjuïc, à Barcelone. Précisons que le leader actuel de l’ERC, Oriol Junqueras, est derrière les barreaux sur les ordres de Rajoy.

La bataille pour l’indépendance a permis de voir le visage hideux de l’État bourgeois espagnol incapable de donner la parole aux habitants de la Catalogne pour décider eux-mêmes de leur destin. La droite néo franquiste soutenue par le Parti socialiste ouvrier espagnol et Ciudadanos n’avait rien d’autre à proposer pour régler le problème catalan que la répression brutale en s’appuyant sur l’article 155 de la constitution de 1978 qui porte dans ses entrailles les traces de la dictature franquiste.

La Catalogne doit pouvoir disposer du droit à la libre séparation d’avec l’État espagnol c’est à dire le droit à l’indépendance politique en organisant librement et démocratiquement un référendum. Ignorer ce droit ne changera rien au fond du problème. Il ne s’agit pas de faire ici l’apologie du chauvinisme, du nationalisme, du séparatisme, du morcellement et de la formation des petits États ici ou là. Le socialisme est étranger à cette vision bourgeoise et réactionnaire du monde : « Le socialisme, disait Lénine, a pour but, non seulement de mettre fin au morcellement de l’humanité en petits États et à tout particularisme des nations, non seulement de rapprocher les nations, mais aussi de réaliser leur fusion » (4).

La lutte pour l’indépendance politique est éminemment un combat de classes. Le droit à l’autodétermination doit être analysé à travers le prisme des intérêts spécifiques des salariés. La séparation doit tendre vers la réalisation des intérêts de la classe des exploités indépendamment de leur nationalité et de leur culture. Le droit à l’autodétermination n’a de sens que s’il est utilisé comme tremplin à l’union, mais une union volontaire, de tous les travailleurs non seulement de Catalogne, mais de toute l’Espagne.

Malheureusement, la bataille pour le droit à la séparation politique est menée par des dirigeants bourgeois. Les travailleurs catalans n’ont absolument rien à attendre de cette séparation conduite par des hommes politiques opportunistes et corrompus comme Jordi Pujol ou Artur Mas et aujourd’hui par Carles Puigdemont leur dauphin (5).

La droite catalane ne s’est convertie à l’indépendance, venue essentiellement de la rue, que pour mieux cacher les multiples scandales de corruption de ses dirigeants (6) et détourner les travailleurs et les couches populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien comme le chômage et la précarité.

Adeptes des politiques d’austérité, les dirigeants catalans font appel à l’Union européenne pour trouver une solution avec Madrid : « L’Europe, s’il vous plaît, sauvez nous » clamait désespérément Marta Madrenas, maire indépendantiste de Gérone. « Les citoyens se demandent pourquoi l’Europe reste sans réaction devant tous ces abus de démocratie » s’interrogeait naïvement Puigdemont devant les maires catalans réunis à Bruxelles (7). Puigdemont et ceux qui l’entourent savent pourtant que l’Union européenne et toutes les institutions qui gravitent autour d’elle sont un exemple éloquent de déni de démocratie. S’il y a une institution réellement non démocratique c’est bien l’Union européenne.Toute l’histoire de l’Union n’est que mépris et trahison des volontés des peuples : « Les Irlandais devront revoter » déclarait avec force Nicolas Sarkozy le 15 juillet 2008 après le rejet par le peuple irlandais du Traité de Lisbonne qui reprenait l’essentiel d’un autre traité rejeté lui aussi par les français et les néerlandais en 2005 (8).

L’Union européenne est réfractaire à tout processus permettant aux peuples de s’exprimer librement.

Il est donc illusoire voire absurde d ’espérer un quelconque soutien de l’Union européenne à la cause catalane. L’Europe a toujours apporté son soutien aux gouvernements de Madrid dont les dirigeants appliquent avec un zèle singulier ses politiques d’austérité.

Toujours à Bruxelles où il s’est réfugié, Puigdemont tenait également à remercier ses amis de la N-VA, le parti nationaliste et xénophobe flamand pour son soutien à la cause catalane (9). La population catalane, par contre, est descendue massivement dans la rue pour apporter son soutien aux réfugiés ( 10) que le ministre de l’intérieur belge Jan Jambon de la N-VA voulait badger pour mieux les contrôler (11).

Mais le véritable danger c’est Rajoy qui tente d’instrumentaliser la question catalane pour consolider son propre parti, empêtré lui aussi dans des affaires de corruption, en jouant sur la fibre nationaliste tout en se cachant derrière l’ordre constitutionnel (12). Rajoy doit se montrer ferme et intransigeant envers les catalans non seulement pour concurrencer Ciudadanos l’autre formation de droite qui a plus de poids en Catalogne que le Parti Populaire, mais surtout pour affirmer son leadership sur les courants les plus conservateurs de son propre parti qui n’ont jamais vraiment rompu avec l’idéologie nationaliste réactionnaire chère à Franco. Pour cette partie de la droite espagnole, l’unité nationale ne doit souffrir d’ aucune nuance ni d’aucune exception. Tout séparatisme constitue une atteinte grave à l’intégrité de la patrie, « España una, grande y libre » (13).

Mariano Rajoy sait également qu’il peut s’appuyer pour atteindre ses objectifs sur la monarchie espagnole, elle aussi corrompue jusqu’à la moelle épinière, très en phase avec ce discours nationaliste d’autant plus que les catalans réclament une République de surcroît sociale (14). Dans son discours du 3 octobre 2017, Felipe VI apporte son ferme soutien au gouvernement de Rajoy et accuse les séparatistes de menacer la stabilité et l’unité de l’Espagne (15). Il n’est pas étonnant dans ces conditions, même si le phénomène reste encore timide, de voir fleurir dans toute l’Espagne y compris dans les quartiers populaires les drapeaux espagnols suspendus aux balcons et aux fenêtres des immeubles (16).

Le 21 décembre 2017 ont eu lieu les élections pour élire les 135 députés de Catalogne décidées d’une manière autoritaire par Rajoy et son gouvernement à la suite de la déclaration de l’indépendance de la République par le parlement catalan le 27 octobre 2017. Ces élections se sont déroulées alors que la plupart des dirigeants indépendantistes étaient exilés pour fuir la répression ou derrière les barreaux, cela en dit long sur la démocratie espagnole membre pourtant de l’Union européenne. Malgré ce contexte de tension et de répression, le taux de participation atteint quasiment les 82 % (81,93). Cette fois encore les indépendantistes ont réussi à obtenir la majorité absolue : 70 sièges sur les 135 que compte le parlement catalan. Cette victoire des indépendantistes constitue une défaite historique pour le premier ministre espagnol Mariano Rajoy qui passe de onze sièges à seulement trois. Il va sans dire que ces élections ne régleront en rien la question catalane tant que ce combat pour la libre séparation politique est mené par la bourgeoisie catalane.

La classe laborieuse doit profiter de cette brèche ouverte par la division entre les deux bourgeoisies pour mener sa lutte émancipatrice jusqu’ à son terme. La classe ouvrière catalane, les jeunes, les migrants, les pauvres, bref tous les opprimés doivent se saisir de ce conflit qui oppose aujourd’hui la Catalogne à l’Espagne pour élargir et amplifier les manifestations de masse contre les classes dirigeantes catalanes et espagnoles. Ils ne doivent pas se contenter seulement des élections, des gesticulations et discours parlementaires, mais profiter de cette crise politique pour descendre massivement dans la rue, organiser des grèves et mener des actions d’envergure contre les bourgeoisies catalanes et espagnoles leurs ennemis communs. Les travailleurs catalans doivent mener leur combat pour la séparation politique indépendamment de leur bourgeoisie. La séparation doit être aussi avec cette classe qui les trompe avec ses discours sur « la patrie » ou « l’union sacrée » et qui n’hésitera pas à vouloir les entraîner dans une aventure nationaliste. La classe ouvrière catalane doit par contre déployer toute son énergie et toutes ses forces pour réaliser l’union de tous les travailleurs ibériques pour organiser ensemble, main dans la main, la riposte contre l’État espagnol qui les opprime.

Mohamed Belaali

(1) http://www.rfi.fr/afrique/20171002-espagne-referendum-independance-catalogne-victoire-oui

(2) https://www.infolibre.es/noticias/politica/2017/11/02/la_jueza_envia_prision_por_rebelion_junqueras_otros_siete_exconsejeros_71433_1012.html.

(3) http://www.eldiario.es/politica/Declaraciones-Pablo-Casado_0_695381110.html

(4) https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/01/19160100.htm

(5) http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/07/29/la-descente-aux-enfers-de-jordi-pujol-ancien-president-de-la-catalogne_4464296_3214.html

(6) https://www.monde-diplomatique.fr/2017/11/BAUER/58050

(7) http://www.sudinfo.be/1982325/article/2017-11-07/carles-puigdemont-remercie-ses-amis-du-parti-flamand-n-va-dans-un-discours-a-bru .

(8) http://www.belaali.com/2016/06/brexit-quittons-cette-europe-dont-les-tares-ont-atteint-des-dimensions-effrayantes.html

(9) http://www.sudinfo.be/1982325/article/2017-11-07/carles-puigdemont-remercie-ses-amis-du-parti-flamand-n-va-dans-un-discours-a-bru

http://www.slate.fr/story/153257/theo-francken-belge-sulfureux-asile-puigdemont

(10) https://humanite.fr/espagne-manifestation-monstre-barcelone-pour-laccueil-des-refugies-632352

(11) https://www.humanite.fr/un-ministre-veut-un-badge-pour-refugies-588203

(12) https://www.lesechos.fr/28/04/2017/LesEchos/22435-056-ECH_le-parti-populaire-espagnol-dans-la-tourmente.htm

(13) http://books.openedition.org/pulm/773?lang=fr#ftn7

(14) http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2016/01/20/cristina-de-borbon-symbole-d-une-monarchie-espagnole-a-bout-de-souffle_4850544_4497186.html

(15) https://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/video-referendum-en-catalogne-pour-le-roi-felipe-vi-le-gouvernement-regional-fait-preuve-d-une-deloyaute-inadmissible_2402290.html

(16) https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/la-crise-catalane-a-t-elle-reveille-le-nationalisme-espagnol_1954373.html

 http://www.belaali.com/2017/12/le-droit-des-nations-a-disposer-d-elles-memes-le-cas-de-la-catalogne.html

COMMENTAIRES  

29/12/2017 00:15 par Buenaventura

iuOn parle beaucoup du droit des nations (qui ne concernent que ceux qui se reconnaissent dans une nation les nationalistes) ou du droit des peuples a l’autodetermination.
Mais tout cela est secondaire devant le droit des individus a l’autodetermination qui est beaucoup plus logique car moins moutonnier et dependant du sentiment d’appartenance qui est une alienation regressive.
Ensuite ce droit a l’autodetermination des nations ou peuples est toujours vu dans un seul sens : pourquoi le peuple ou la nation espagnole n ’auraient ils pas le droit de faire un referendum d’autodetermination par rapport a la catalogne par exemple ? C’est valable pour toutes les situations en Europe.
A propos de l’Europe sa doctrine de l’Europe des regions utilisant les identites locales afin de diviser pour mieux regner (totalement en phase avec les exigences du Medef) a conduit a ces enclaves ultra nationalistes d’extreme droite et identitaires dans plusieurs regions d’Europe (Catalogne et Corse ) et dans plusieurs pays : Pologne Hongrie et Autriche.
Le silence des merdias et de l’UE sur le fait que l’Autriche est aujourd’hui un membre de l’UE ouvertement d’extreme droite est eloquent.

C’est une consequence de l’Europe des Regions qui ne pouvait conduire qu’a ces enclaves identitaires nationalistes un peu partout federees par l’UE et a la guerre de tous contre tous.
Comme on le voit en ce moment en Catalogne.
Desole mais il est hors de question de choisir entre Espagnol et Catalan sous quelque pretexte que ce soit.
Finalement c’est le droit a l’autodetermination des classes qu’il est urgent de revendiquer en balayant cet identitarisme grotesque.
"pas de guerre entre les peuples pas de paix entre les classes" ce principe doit etre remis au centre du jeu.

29/12/2017 11:59 par L. A.

Bien dit, Buenaventura. Il faudra qu’un jour on nous explique jusqu’où on peut aller avec le concept de « liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes », sympa a priori mais quand même un peu flou. À partir de combien d’individus et au bout de combien de temps devient-on légitimement (terme à définir…) « un peuple » ? Quels sont le ou les critères qui entrent en ligne de compte ? Une langue parlée ? De lointains (jusqu’à quel degré ?) liens familiaux ? Une histoire commune ? Rien de tout ça n’est pertinent, et le serait-ce que ça irait dans les deux sens — bah oui, les habitants de la Catalogne parlent aussi l’espagnol, et l’histoire de cette province est assez indissociable de celle de l’Espagne, qu’on le veuille ou non… Selon le même principe, les habitants de telle ou telle partie de la Catalogne seront-ils appelés demain à faire sécession d’avec Barcelone ? Jusqu’où peut aller ce morcellement ? Les riverains du côté nord d’une rambla ne pourraient-ils pas se plaindre de payer injustement les mêmes taxes que ces profiteurs du côté sud dont les appartements sont toujours ensoleillés et faire sécession d’avec la mairie des oppresseurs en instituant une mairie séparée libre et indépendante ?
Ce concept de « liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes » contient une ruse stratégique profitable au seul capitalisme en ce qu’il empêche l’émergence d’un autre concept qui lui serait fatal : « liberté DU peuple à disposer de lui-même ».
Le vrai choix est ici entre « Diviser pour mieux régner » qu’on veut nous faire avaler à tout prix, ou « Prolétaires de tous les pays unissons-nous », leur plus grande hantise.
L. A. (Peut-être pas si imbécile puisque pas si heureux que ça, et ne sachant plus où il est né.)

30/12/2017 13:10 par Ernesto

Je suis d’accord avec L.A.... Cette mise en avant de la "liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes" ressemble à un encouragement au nationalisme, voire au dépeçage des nations (cf ex-Yougoslavie entre autres), alors que le sens du progrès est au contraire d’abolir les frontières, internationalisme et lutte de classes avant tout pour vraiment "libérer" les peuples, mais tous ensemble, du totalitarisme capitaliste.
Bien entendu, je ne songe aucunement à défendre en quoi que ce soit les agissements de Rajoy et de son gouvernement. On peut certes considérer que la revendication d’indépendance serait une revendication transitoire en vue d’une révolution, mais j’en doute fortement, vu les politiciens qui conduisent ce mouvement, et semblent plutôt surfer sur une vague nationaliste pour prendre le pouvoir avant tout, que chercher à briser les rapports d’exploitation et d’oppression de la classe dominante. Les exploiteurs catalans exploiteront tout aussi bien les travailleurs que les firmes "nationales" espagnoles. Cela ressemble au Brexit, ou on a divisé les travailleurs, tout en attisant la xénophobie et l’égoïsme national, alors que le vrai et grave problème est au-delà de Bruxelles (qui en est une véhicule certes efficace et dangereux), l’exploitation la population sous le régime capitaliste.
A bas le nationalisme, le chauvinisme, et les tenants de l’Italie du nord "riche", qui veut se désengager de celle du sud, au lieu de penser à mutualiser, collectiviser et répartir également les ressources et le travail, ce qui est le sens de l’histoire et la perspective progressiste que le socialisme offre à l’humanité.

30/12/2017 17:26 par ozerfil

Je ne parviens toujours pas à comprendre cette contradiction que voient les gens de gauche entre volonté d’indépendance et combat populaire social !!

Le fait de s’aligner sur ce sujet précis sur la droite Atlantico-Finanço-Mondialiste ne vous met pas la puce à l’oreille ?!!
Ne vous sentez pas aussi incohérents que ces salariés qui votent comme leur patron ?!!
Ca ne vous rappelle pas le vote unanime du Parlement Français pour faire la guerre à la Libye et finir par semer dans ce pays un indescriptible chaos, non sans l’avoir méthodiquement détruit au passage ?!!

Les problèmes des salariés n’ont pas de frontières, ils se heurtent tous aux mêmes difficultés, au même appétit financier capitaliste, et peuvent les défendre de la Pologne au Portugal en passant pas la Grèce ou la Suède... ou la Catalogne, pourvus qu’ils soient unis dans leurs revendications et que chacun ne joue pas sa propre carte !

Ce sont justement l’Europe et la Mondialisation sous des aspects égalitaires qui nous mettent tous en concurrence sévère et nivellent par le bas tous nos droits !!

30/12/2017 19:00 par ozerfil

Je lis vos commentaires avec consternation : on se croirait sur n’importe lequel de nos médias meanstream !!

Il est facile de voir de l’extrême droite partout et de confondre allègrement l’identitaire avec le rejet des autres... pour que surtout rien ne bouge nulle part !!

Etre identitaire ne signifie pas vouloir rejeter les autres mais ne pas perdre ses valeurs !! Cela concerne d’ailleurs les petits peuples et pays qui ne sont un danger pour personne...

Etre d’extrême droite, c’est rejeter l’autre, lui imposer ses valeurs ! C’est un réflexe de puissants qui prétendent détenir LE savoir et détenir LES CLÉS du bien être universel...

Vous dites finalement comme GW Bush en son temps : "ceux qui ne sont pas avec nous, sont contre nous" !!

Et vous me rappelez ceux qui disaient, avant la chute de l’URSS, "les écologistes, c’est comme les pastèques : vert dehors et rouge dedans !"... Ils n’étaient pas "blancs", ils étaient donc forcément "rouges" !! Ce sont les mêmes bien-pensants qui reprochent à D. Trump de rejeter les inquiétudes et principes écologistes sur le climat...

Comme si les choses étaient aussi caricaturales et que seul le manichéisme pouvait exister dans ce Monde...

Continuons donc comme ça puisque tout va si bien sans les quelques velléités indépendantistes par-ci par-là dont la réussite aggraverait obligatoirement les choses !!

31/12/2017 07:27 par T 34

Voici le discours de Manuel Sanchez Gordillo au meeting final de la CUP : Vidéo.

Il a un vrai discours de gauche. C’est le maire de Marinaleda en Andalousie. Il a même gardé un bureau de vote le 1er Octobre.

31/12/2017 16:48 par ozerfil

Merci, T34, pour nous avoir rapporté ce vrai discours de Gauche !!

Démocratie, Liberté et ne pas se tromper d’ennemi : se concentrer contre la Finance pas contre les Peuples qui veulent s’émanciper !

Pour ceux qui ne comprennent pas l’Espagnol, il n’est pas Catalan mais Andalou et soutient l’indépendance de ces deux régions... contre la Mondialisation et le Capitalisme !!

Il y a du F. Castro et du H. Chavez, physiquement, dans le charisme, les propos, la lucidité et le ton, chez cet homme !

03/01/2018 13:52 par Lili

Analyse peut être pertinente mais je ne vois pas comment la Catalogue peut à elle seule résister entre autres à l’Espagne et à l’union européenne, le rapport de force est trop inégal.

05/01/2018 04:17 par babelouest

Déjà, Lili, que les forces populaires de toute l’Espagne réussissent à éradiquer le régime qui soumet l’Espagne sous son joug : de ce fait l’Espagne se débarrassera de l’union européenne. Il faut bien entendu que la même chose arrive en France, en Italie.... et que l’hydre capitaliste soit abattue.

05/01/2018 11:47 par Ouallonsnous ?

Que de propos hallucinatoires, cette OPA sur la Catalogne n’est qu’une tentative de l’UE/OTAN de "dissoudre" un des principaux pays latins dans le commowealth européiste pensé par l’oligarchie financière anglo-européo-yankee.
Il n’y leur reste que la division pour accroître leur main mise sur les peuples européens !

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