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Le jeu trouble de la France en Libye...

Au moment où la situation en Libye est devenue de plus en plus préoccupante avec en filigrane une éventuelle intervention militaire étrangère, le voile se lève, peu à peu, sur ce qui s’est réellement passé dans ce pays de mars à octobre 2011, avec, au final, l’assassinat du leader libyen Mouaâmar El Gueddafi. Ainsi, les langues se délient et admettent ce que d’aucuns supputaient : une cabale [dans le sillage dudit « Printemps arabe »] propice pour faire un sort à un homme qui en savait trop, singulièrement de la part de Nicolas Sarkozy. L’ex-président français (dont la campagne présidentielle de 2007 aurait été financée par El Gueddafi, versement de 50 millions d’euros) saisissait ainsi au vol la conjoncture pour se débarrasser de quelqu’un qui l’a(urait) aidé à accéder à l’Elysée, ameutant le monde contre un homme qui « tuait », selon lui, son peuple. Une sulfureuse affaire politico-financière dont les retombées menacent gravement l’avenir de la Libye en tant qu’Etat. Le coup a cependant été réussi grâce à la complicité de traîtres libyens. L’un d’eux [l’ex-président du Conseil national de transition] Mustapha Abdel Jalil (ministre de la Justice d’El Gueddafi à cette époque) a admis dans une déclaration à la chaîne Channel One, qu’« El Gueddafi n’a pas ordonné la fusillade qui a été à l’origine de la fausse révolution en Libye ». Les manifestants tués à Benghazi n’étaient pas des Libyens, mais des espions et des mercenaires engagés pour semer le chaos dans une ville connue pour être la citadelle de la résistance au guide libyen. Ce qui est encore plus nauséeux est que Abdel Jalil admettait qu’il connaissait la vérité à l’époque, qui a pris ses instructions de Paris. Il admet encore qu’il savait ce qui allait se produire car, il « fallait briser » l’Etat libyen et faire un sort à El Gueddafi. Ces aveux viennent sans doute un peu tard, mais il n’est jamais trop tard pour connaître la vérité. Et Abdel Jalil n’a fait que confirmer ce qui se disait à ce propos : il n’y a jamais eu de révolution en Libye, mais un traquenard contre la Libye, dont l’un des maîtres d’oeuvre a été Nicolas Sarkozy. En fait, Sarkozy avait un double intérêt à la disparition du guide libyen : mettre le grappin sur les richesses énergétiques libyennes (cf ; sa visite à Benghazi en septembre 2011 [accompagné du Premier ministre britannique, David Cameron] avec dans ses bagages une armada d’hommes d’affaires et industriels français), ensuite faire taire un homme qui en savait beaucoup sur son compte. L’ex-président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, corrobore ainsi les propos d’Abdel Jalil, qui affirma, en mai 2015 à une agence de presse italienne, que ce qui s’est passé en Libye n’était pas une révolution, mais un complot français indiquant : « Ça n’a jamais été une révolution, mais bel et bien un complot européen. » Désignant nommément ses instigateurs : un pays et un homme : « La France et son président d’alors, Nicolas Sarkozy. » Berlusconi savait de quoi il parlait, son pays faisait partie de la coalition occidentale qui avait pris part à la curée contre la Libye. L’ancien président du Conseil italien apporte encore ces précisions « Les avions français ont attaqué la Libye bien avant la décision du Conseil de sécurité de l’ONU. » Or, cette résolution n’autorisait pas des frappes (raison pour laquelle elle a été votée par la Chine et la Russie). L’ONU a ainsi été encore dupée, comme ce fut le cas, en 2003, avec les Etats-Unis en Irak, le Conseil de sécurité étant une nouvelle fois mis devant le fait accompli. Les frappes françaises ont déclenché un engrenage dangereux, ouvrant la voie à la destruction programmée [avec des complicités de Libyens] de la Libye. Voilà un cas qui autoriserait la procureure de la CPI, Mme Fatou Bensouda, d’ouvrir une enquête contre Nicolas Sarkozy et d’autres dirigeants occidentaux. Ce qu’il faut aussi relever est que la France - avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne - a mis un terme à l’un des rares régimes laïcs arabes [avec l’Irak et la Syrie eux aussi détruits ou en phase de l’être] pour installer des extrémistes islamistes. Ce qui se passa en Libye - mais aussi en Syrie, comme en Ukraine - a été le top d’une « révolution » sous fausse bannière. Ainsi, outre l’ex-président français Nicolas Sarkozy, l’un des maîtres d’oeuvre du chaos en Libye a été le sénateur états-unien, John McCain (qui s’est réuni en mai 2011 en Syrie avec le futur « calife » de l’autoproclamé « Etat islamique » Abou Bakr al-Baghdadi,) qui rencontra à Benghazi, Abdelhakim Belhaj, chef du groupe terroriste libyen le « Groupe islamique combattant en Libye (Gicl, proche d’Al Qaîda et de Daesh). Or, Belhaj est, de notoriété publique, agent des services US et britanniques et l’homme de l’Otan ; c’est l’un des « bras armés » du chaos en Libye. Ainsi, la France et les Etats-Unis, en particulier, qui suscitèrent le « terrorisme islamiste », sont de fait derrière les tragédies qui déstructurent le Monde arabe.

Karim MOHSEN

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