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Le mythe du traitement préférentiel des Chrétiens de Palestine par Israël (Palestine Chronicle)

L’article de l’ambassadeur (d’Israël aux Etats-Unis ndt) Michael Oren "Israël et le calvaire des chrétiens du Moyen Orient" présente Israël comme une démocratie pacifique, tolérante et bienveillante. Les faits prouvent le contraire.

Je suis moi-même une de ces chrétiennes palestiniennes vivant à l’intérieur d’Israël dont parle Oren. Je n’ai pas ressenti une seule fois dans ma vie le "respect ni l’appréciation" de l’état juif auquel Oren fait si brillamment référence. La minorité chrétienne d’Israël est marginalisée de la même manière que la minorité musulmane ou au mieux silencieusement tolérée. Nous souffrons de la même discrimination quand nous cherchons du travail, quand nous allons à l’hôpital, quand nous demandons un prêt bancaire et quand nous montons dans un bus que les musulmans palestiniens.

Le fondement d’Israël est raciste ; c’est un état créé uniquement pour les Juifs, et la majorité juive de la population se moque de savoir à quelle religion appartiennent ceux qui ne sont pas juifs. Dans mon rapport quotidien avec l’Etat, je n’ai expérimenté que de la grossièreté et du mépris ouvert.

La déclaration d’Oren selon laquelle "L’extinction des communautés chrétiennes du Moyen-Orient est une injustice historique" est terriblement choquante quand on connaît l’histoire de la fondation d’Israël. J’aimerais lui rappeler et à d’autres comme lui, que cette création en 1948 a chassé de chez eux des milliers de chrétiens palestiniens qui ont du s’enfuir à l’étranger ou qui sont devenus de réfugiés dans leur propre pays. Le nettoyage ethnique des Palestiniens qui a accompagné la fondation d’Israël est aussi une injustice historique. Un homme qui habite dans une maison de verre —ou dans une maison volée aux Palestiniens— devrait réfléchir avec de jeter la première pierre.

Maher, un cousin de mon mari, est d’Iqrith, un village situé à quelques kilomètres du mien en Galilée. Sa famille, et tous les habitants d’Iqrith ont été expulsés de leur village en 1948 et Iqrith a été rasé par l’armée israélienne la veille de Noël 1950, un "cadeau de Noël" tout à fait spécial pour ses habitants. On se demande en effet quel sens donner au moment choisi pour la démolition. Maher est né plusieurs années après que sa famille se soit réfugiée à Rama, un village voisin de Galilée. Aujourd’hui il se bat pour trouver un endroit pour construire une maison pour lui et sa famille. La politique israélienne de limiter drastiquement les zones de construction dans les villes et les villages arabes empêche l’expansion naturelle de la population. Limiter la terre aux seuls résidents d’un village ou d’une ville signifie que les réfugiés palestiniens souffrent de grave discrimination en termes d’habitat.

Le retour chez eux de personnes comme Maher est impossible car Israël refuse toute négociation sur le droit de retour des réfugiés. Oren qui attache tant d’importance au sort des réfugiés chrétiens d’Iqrith, Bir’im, Tarshiha, Suhmata, Haifa, Jaffa et des dizaines d’autres villes et villages palestiniens dont ils ont été chassés en 1948, ne pourrait-il pas les laisser tranquillement rentrer chez eux ? La réponse, je vous assure, est non. Beaucoup de ces réfugiés vivent dans des camps de réfugiés dans les pays voisins et Israël et Oren sont très heureux de les y laisser.

Les terroristes dont parle Oren quand il dit : "Israël, en dépit de la nécessité de garder ses frontières contre les terroristes, permet, pendant les fêtes, l’accès des églises de Jérusalem aux chrétiens de Cisjordanie et de Gaza" sont en fait les Palestiniens chrétiens qui vivent sur une terre qu’Israël occupe —en violation de tous les droits humains— et dont il refuse d’évacuer ses soldats et ses colons illégaux. Il ne faut pas manquer de toupet pour faire l’éloge d’Israël parce qu’il donne aux gens des permis pour voyager dans ce qui, selon la loi, constitue leur propre pays.

Il affirme que "A Jérusalem le nombre d’Arabes —chrétiens et musulmans— a triplé depuis la réunification de la ville en 1967" et oublie de mentionner la politique israélienne d’attaques incessantes contre Jérusalem : la construction de colonies qui s’étendent sans cesse ; la construction du Mur de Séparation qui coupe la ville en tranches, sépare les familles, les quartiers et les commerces et nuit à l’économie arabe ; le vol de terres arabes et l’expulsion des familles qui y vivent depuis des génération ; le retrait de la nationalité aux citoyens palestiniens qui sont restés trop longtemps à l’étranger. Imaginez les protestations si un citoyen étasunien revenait aux Etats-Unis après avoir passé deux ans à l’étranger pour découvrir que sa nationalité lui avait été retirée et qu’il avait perdu sa carte d’identité et son passeport étasunien.

Les officiels israéliens se moquent de savoir si les Palestiniens dont ils ne respectent pas les droits sont chrétiens ou musulmans. Il est exact que les luttes interreligieuses augmentent dans cette région qui souffre depuis longtemps de conditions de vie difficiles dont l’occident est en grande partie responsable pour avoir soutenu de nombreux dictateurs de la région.

Les larmes de crocodile et l’hypocrite compassion d’Oren pour le triste sort des chrétiens ne trompent personne. Si je croyais une minute en sa bonne foi, je lui conseillerais d’observer attentivement la politique israélienne d’occupation et de discrimination raciale.

Comme l’a dit Jésus : "Pourquoi regardes-tu la poussière qui est dans l’oeil de ton frère et ne vois-tu pas la poutre qui est dans le tien ? (Matthieu 7:3)

Fida Jiryis

Fida Jiryis est une écrivaine arabe du village arabe de Fassuta en Galilée. Elle a écrit "My Return to Galilee,’ qui relate de son retour de la Diaspora en Israël. On peut la joindre à  : fida_jiryis@hotmail.com.

Pour consulter l’original : http://palestinechronicle.com/view_article_details.php?id=19168

Traduction : Dominique Muselet

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