Le "printemps de Tunis"

Après le « Printemps de Prague », voici le « Printemps de Tunis ». Ils pavoisent, les intellectuels maghrébins planqués ; ils éructent les journalistes occidentalisés, quelle aubaine, la « Révolution tunisienne », le « Mal-vivre algérien », les « Marches jordaniennes », alors pourquoi pas le « Printemps arabe » ? Et ces analystes se muent en prophètes à la petite semaine dans les souks embués par les fumées du narguilé. Lisez plutôt :

« Nous sommes certains que tous les régimes arabes, qui partagent la même situation mais avec des ingrédients différents, sont désormais ébranlés parce que la même situation produit les mêmes résultats. Nous sommes également certains que tous les régimes arabes, tous les impérialistes, tous les révolutionnaires sont en train d’étudier les causes de la réussite de l’expérience tunisienne. Tous se demandent pourquoi les Tunisiens ont réussi à expulser leur gouvernement tandis que d’autres soulèvements similaires ont échoué. De notre point de vue, partout dans le monde arabe, il y a la même situation et le même désir de changement et de se débarrasser de ce modèle ; la seule différence est que la révolte tunisienne a été spontanée et non-idéologique. » (1)

L’apologie de l’inconscience révolutionnaire est le leitmotiv de la petite bourgeoisie pédante qui ne souhaite pas que le peuple s’aventure dans les sphères étranges de la conscience politique. Elle se réserve ce domaine l’intelligentsia petite-bourgeoise arabe. Observez-la à l’ouvre et ne la distrayez pas de ses élucubrations épistémologiques. Elle ronronne la petite-bourgeoisie arabe, elle stigmatise les contradictions de classes et les oppositions tribales et elle psalmodie de gros mots comme « impérialisme » et « classe sociale ». Hier, elle prêchait en faveur de la mondialisation, aujourd’hui elle reconnaît que son salaire dépendra de la dénonciation de la mondialisation et de l’apologie de la « démocratie ». Mais de quelle démocratie parle-t-elle, la petite-bourgeoisie arabe ?

Auriez-vous noté qu’aucun de ces analystes n’a pris la peine de vraiment expliquer les événements tunisiens ? Pour notre gouverne résumons ces événements (2). Le peuple tunisien subit l’oppression économique, idéologique et politique de la part de la grande-bourgeoisie tunisienne qui obtient depuis des années ses parts de marchés et son droit d’exploiter ce peuple patient par le fait qu’elle livre les ressources nationales tunisiennes sur le marché de la concurrence monopolistique internationale.

La grande bourgeoisie française, les bourgeoisies canadienne, italienne et belge font des affaires d’or en Tunisie et exploitent des hôtels luxueux aux plages sablonneuses avec la complicité de sous-traitants locaux qui jusqu’à tout récemment entouraient le dictateur Ben Ali. L’eau coulait à flots sous les douches des hôtels d’Hammamet pendant que la femme tunisienne devait marcher des kilomètres pour transporter son maigre pot à l’eau. Ben Ali et ses amis se déplaçaient en limousines pendant que le marchand du souk fouettait son canasson pour qu’il tire son wagon. On nous décrit cette réalité un peu comme une fatalité où l’on ne discerne pas très bien qui gouverne et qui obéit dans toute cette fourberie. Lisez plutôt.

« De l’indifférence bienveillante-complicité dont fait preuve l’Occident (durant les évènements de Tunisie, le Canada n’a pipé mot, la France s’enlise en explications alambiquées pour avoir fait de Ben Ali un « grand démocrate », et proposé le « savoir-faire » de ses troupes la veille de sa fuite.), de l’ingérence systématique dans la mise en place et le maintien de dictateurs-pilleurs un peu partout au tiers- monde et en particulier là où il y a régions de pétrole (.) de la voracité des multinationales complices de ces régimes, et bras armés de politiques néocolonialistes (.) » (3).

Fait étonnant, après avoir fustigé la « bienveillante complicité de l’Occident » et son ingérence dans la mise en place de dictateurs-pilleurs à la solde des multinationales (non pas complices, mais bien maîtres d’ouvre de ces abréactions), voilà nos intellectuels arabisants qui implorent l’intervention des puissances coloniales occidentales, c’est à n’y rien comprendre.

Lâchez du lest, quémandent-ils aux dieux de la peste ; sinon vous serez balayés si vous ne permettez pas à une nouvelle couche de petits-bourgeois au vernis « démocratique » de prendre la relève pour tromper la rue révoltée. Ils rêvent tous de devenir calife à la place du calife ces « Iznogouds » petits bourgeois afin d’enfermer la colère populaire dans l’urne de la pseudo démocratie, et elle recommence la danse du « Printemps arabe », elle se danse les yeux bandés, à la filée, jusqu’aux isoloires pour voter, puis chacun rentre fumer le narguilé faute de pain à manger.

Comme tant d’autres, un jeune homme chômait dans la Tunisie de Ben Ali ; il se mua en vendeur itinérant pour faire vivre sa famille décemment. Un jour, un potentat local s’interposa et exigea un pot-de-vin pour autoriser le désoeuvré à poursuivre son commerce fruitier. Le jeune homme s’objecta et refusa de payer cette rançon mafieuse. Il fut aussitôt arrêté et admonesté par l’agent impudent, représentant local de la hiérarchie corrompue d’une structure sociale décadente. Le jeune homme contrit s’immola publiquement. Réaction inattendue, comme il en arrive parfois parmi ces peuples dépourvus, des milliers de témoins, d’exploités, d’aliénés comme lui, prirent spontanément la rue et protestèrent pour le droit au pain, le droit à l’eau, le droit au logement, le droit au travail, le droit au commerce quand il ne reste que ce geste.

Aussitôt, comme à l’accoutumée, les autorités brandirent la panoplie usuelle. police, armée, répression sauvage des affamés. Le plein poids de la loi s’écrasa sur le dos du peuple désemparé. Ceux qui ne comprenaient pas pourquoi ces dépenses militaires et sécuritaires somptueuses auront compris en une nuit (4). La petite-bourgeoisie ébaudie regardait dans l’expectative le peuple sans perspective mourir dans les rues, car il donnait ce qu’il possédait ce peuple, sa vie, pour que d’autres obtiennent l’usufruit de ce combat pour la survie, le droit de manger, de boire, de se loger, de travailler et de vivre convenablement.

Rien ne les arrêtait ces enragés, ils étaient prêts à mourir ces va-nu-pieds ; de fait, ils savaient qu’ils mourraient de faim ou de chômer ; alors autant en découdre maintenant avec le potentat et ses représentants. Au vu de cette révolte farouche qui ne déparait pas le pouvoir se ravisa et jeta du lest, le chef des brigands, Ben Ali, fut éjecté muni d’un parachute doré pour s’échapper vers une contrée amie en attendant que les révoltés se calment ou se replient. Un thuriféraire, premier ministre complice de l’intimé, vient proposer un compromis à la petite bourgeoisie pour qu’encore une fois jouant son rôle de courroie elle apaise le jeu et rétablisse les maîtres dans leurs lieux au nom de la « démocratie ». Quelle « démocratie », celle des élections truquées ou celle du pain.celle des riches ou celle des pauvres ?

Une fraction de la petite-bourgeoise intellectuelle tunisienne, qui en rêvait depuis des décennies, accepta le « deal » des urnes et se proposa, servante servile, pour rétablir la loi et l’ordre des ploutocrates. Trop vite en besogne, cette couche de traîtres apprécia mal la colère populaire. Ces petit-bourgeois de la capitulation furent balayés, discrédités par les ouvriers excédés.

Le peuple tunisien en est là aujourd’hui. Voilà qu’entre en scène une nouvelle fraction d’intellectuels arabes, des occidentalisés mieux avisés. Maintenant que le premier groupe de compromis s’est cassé le nez, eux s’avancent et proposent une tactique différente ; ils souhaitent détourner le mouvement ; d’une lutte sur le front économique, idéologique et politique, ces intellectuels arabes suggèrent de faire une lutte pour la « démocratie ». La « démocratie » qui nourrit comme aux États-Unis, mais pas les gagne-petits, elle nourrit la petite-bourgeoise - auto de luxe et studio dans la Cité - vous comprenez.c’est le prix qu’elle fixe pour gagner son pari et engranger son profit, la petite-bourgeoise, le pari de diriger le conflit de Tunisie vers la « démocratie » du désespoir, de la faim et du mépris.

« Peut-être les forces adverses du peuple tunisien, de manière à sauvegarder leurs intérêts, vont tenter de contenir le mouvement par un changement de visages, mais la situation continuera à être explosive jusqu’à ce qu’il y ait une réconciliation entre l’intérêt du peuple et l’État dans lequel il vit. C’est ce qu’on appelle la démocratie et l’indépendance où le peuple et l’État sont maîtres de leur présent et de leur avenir. »

Demain, un étudiant de polytechnique et ses amis chômeurs pourront vendre leurs fruits sur le parvis des mosquées pendant que les représentants honteux de la petite- bourgeoisie s’amuseront à jouer au ministre du travail, de l’enseignement supérieur ou du développement régional jusqu’à ce que la grande-bourgeoisie rassurée les retourne à leurs billevesées et qu’elle reprenne en main la rue agitée et l’écrase sous la botte de l’armée grassement payée.

Pour que la « Révolution » tunisienne du jasmin sorte victorieuse, le peuple tunisien doit mener une guerre consciente pour la prise du pouvoir d’État par les partisans. C’est la seule façon de « réconcilier » les intérêts du peuple travailleur et ceux de l’État du travail. Ce doit être leur État à eux, pas celui des brigands au pouvoir qui doivent tous être chassés : que la rue tunisienne ne laisse pas la petite-bourgeoise opportuniste lui voler sa première victoire. Si la petite-bourgeoise excitée souhaite contribuer à la libération, qu’elle commence humblement par analyser et comprendre la vraie nature de la révolte populaire tunisienne, qu’elle se mette au service des travailleurs tunisiens et qu’elle cesse de dicter les objectifs stratégiques de cette révolte qui n’est pas un « Printemps arabe » mais un « Hiver tunisien » où les travailleurs et les travailleuses cherchent la voie vers le développement, le pain, l’eau, le travail, la dignité et le pouvoir. Pas d’illusion, la lutte populaire n’a pas encore triomphée dans la Tunisie dépossédée, le « Printemps de Tunis » n’est pas terminé.

Robert BIBEAU

http://www.robertbibeau.ca/palestine.html

(1) http://www.michelcollon.info/Le-Printemps-de-la-democratie.html

(2) http://blog.mondediplo.net/2011-01-19-La-semaine-qui-a-fait-tomber-Ben-Ali

(3) http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=22878

(4) http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito10.1.2011.html

COMMENTAIRES  

25/01/2011 18:52 par Professeur Chems Eddine Chitour

Plaidoyer pour "l’intellectullus arabicus"

"Armons nous et partez" semble être la devise que l’on peut retirer à la lecture de cette contribution. Nous allons supposer que le peuple tunisien ne s’arrêtera pas en si bon chemin, il brûlera, arrêtera, guillotinera tout ceux qui s’opposent à sa marche victorieuse. les beaux sentiments révolutionnaires ça eut pays , ça ne paye plus si on ne s’arrêter pour faire une évaluation d’étape ; Si tous les intellectuels accusés à tort de ne pas faire partie de ce peuple, sont marginalisés, il arrivera ce qui est arrivé à la Révolution Française ; l’anecdote suivante : Quand la tête de Lavoisier brillant chimiste s’il en est, on interrogea un révolutionnaire sa réponse fut sans appel : " La République n’a pas besoin de savants" Résultat des courses,un retard technique important de la France qui amena le thermodynamicien Nicolas Sadi Carnot à s’interroger quelques décennies sur le pourquoi de la puissance de l’Angleterre : "la perfide Albion"
Mutatis mutandis, ce que l’on peut souhaiter sans se poser en censeur occidental qui dicte la norme de ce que c’est une révolution, c’est qu’à près cette décompression tout à fait légitime, il faut se remettre au travail. Le monde ne pardonne pas, si l’on peut quelques empathies avec le peuple tunisien qui rappelle à certains d’entre nous une posture "soixanthuitarde", il n’en demeure pas moins que l’avenir sera difficle , du fait justement des interférences de tout ordre , notamment des puissances occidentales qui ont peut d’un effet domino, qu’ils ne controleraient pas, de ce fait ils ont toujours deux fers au feu, ils encouragent par médias interposés ce beau désordre, de l’autre, ils gardent le contact avec les tyrans en place, dès fois que..
S’agissant des intellectuels, je ne pense pas qu’il y ait une variété génétique que l’on pourrait "intelectuellus arabicus" veule qui est dans l’ombre qui arbitre pour voir dans quel sens penche la balance pour se déterminer. Je prie les intellectuels occidentaux bien au chaud dans leur certitude, après plus de deux siècles de sédimentation des institutions,de ne pas avoir de jugement à l’emporte pièce. Nous autres intellectuels au narguilé à demeure nous aspirons autant que les intellectuels occidentaux enfin, à la sérénité. Comment si au quotidien nous sommes agressés,et chaque jour nous devons faire des choix cornéliens, car il y a une certitude pour nous, les tyrans ui nous gouvernent sont confortés à demeure par les pouvoirs occidentaux qui ne veulent surtout de "révolutionnaires capables de procéder à la décolonisation des mentalités .
Pour le reste, je formule un voeu celui de voir le peuple tunisien surmonter tous les obstacles pour donner enfin, de la dignité et du pain à cette jeunesse en panne d’espérance

Prof.C.E. Chitour

25/01/2011 19:06 par Edouard

Cet article me laisse perplexe : quel en est le propos ? Tout le texte manque de clarté, difficile même de savoir de qui parle l’auteur, et ce dés l’introduction. Par exemple l’expression/gros mot "petite bourgeoisie" revient sans cesse, pour désigner à peu près tout le monde, à commencer par ceux qu’on l’accuse de "psalmodier de gros mots comme « impérialisme » et « classe sociale »". Au moins ça ne manque pas d’ironie.

D’abord, constater que la révolution tunisienne n’est pas dirigée par un parti ni aucune organisation en particulier, mais par la population dans son ensemble, ce n’est pas faire "l’apologie de l’inconscience révolutionnaire". C’est d’ailleurs le contraire, le but même du site de Collon, c’est bien de conscientiser les gens.

Ensuite, après leur avoir arbitrairement accolé l’étiquette "petite bourgeoisie", ils sont accusés d’avoir prêché en faveur de la mondialisation. La bourgeoisie, petite et grande pour autant que la distinction vaille la peine, l’a fait sans aucun doute. Mais certainement pas ceux qui luttent contre l’impérialisme.

La suite est également incohérente : fustiger la complicité et l’indifférence de l’Occident, ce n’est pas demander l’intervention des puissances coloniales, encore moins l’implorer, au contraire je cite : "cesser ses ingérences néocolonialistes". Comment pouvez-vous y voir un appel à l’intervention de l’Occident ?

La fin de l’article n’apporte pas plus de clarté : la petite bourgeoisie semble maintenant désigner ceux qui espèrent que la révolution ira jusqu’au bout (comme dans article cité), mais également ceux qui voudraient le contraire ("la petite-bourgeoise intellectuelle tunisienne")...

L’auteur dit à un moment que c’est à n’y rien comprendre, et je ne peux que lui conseiller de relire les articles qu’il cite, avant d’en pondre un dans le seul but (me semble-t-il après 2, 3 lectures) d’insulter les autres, et ce dés l’introduction. Le seul point constructif que je discerne, c’est l’espoir que les Tunisiens iront jusqu’au bout de leur révolution, ce qui est en parfait accord avec les articles accusés d’être réactionnaire.

26/01/2011 01:04 par Marie

La révolte n’est pas idéologique par essence, la conscience politique et révolutionnaire vient en luttant :
Tunisie : formation du Front du 14 janvier

Envoyé par Joëlle Girard sur réveil communiste

Ce 20 Janvier 2011, plusieurs organisations de la gauche radicale en Tunisie, notamment le PCOT(Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie) et le PTPD (Parti du Travail Patriotique et Démocratique), se sont constitués en Front. Ce front porte le nom de « Front du 14 Janvier » en référence à la date de la fuite de Ben Ali, le président déchu.

Front du 14 janvier

Il se donne pour but notamment d’organiser la résistance au gouvernement de transition actuel auquel participe toujours les caciques du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti de Ben Ali, et de construire une alternative populaire issue des comités de vigilance créés dans plusieurs quartiers de Tunisie pour se défendre de la terreur semée par les appareils du RCD et de la police présidentielle. L’appel s’adresse à toutes les forces de progrès politiques, syndicales et associatives pour accomplir les objectifs voulus par la révolution populaire tunisienne. Voici la traduction du texte fondateur :

Affirmant notre engagement dans la révolution de notre peuple qui a combattu pour son droit à la liberté et à la dignité nationale et a fait de grands sacrifices dont des dizaines de martyrs et des milliers de blessés et de détenus, et afin d’achever la victoire contre les ennemis intérieurs et extérieurs et de s’opposer aux tentatives avortées pour écraser ces sacrifices, s’est constitué « le Front du 14 Janvier » comme un cadre politique qui s’emploiera à faire avancer la révolution de notre peuple vers la réalisation de ses objectifs et de s’opposer aux forces de la contre-révolution. Ce cadre comprend les partis, les forces et organisations nationales progressistes et démocratiques.

Les tâches urgentes de ce Front sont :

1 - Faire tomber le gouvernement actuel de Ghannouchi ou tout gouvernement qui comprendrait des symboles de l’ancien régime, qui a appliqué une politique antinationale et antipopulaire et a servi les intérêts du président déchu.

2 - La dissolution du RCD et la confiscation de son siège, de ses biens, avoirs et fonds financiers étant donné qu’ils appartiennent au peuple.

3 - La formation d’un gouvernement intérimaire qui jouisse de la confiance du peuple et des forces progressistes militantes politiques, associatives, syndicales et de la jeunesse.

4 - La dissolution de la Chambre des Représentants et du Sénat, de tous les organes fictifs actuels et du Conseil supérieur de la magistrature et le démantèlement de la structure politique de l’ancien régime et la préparation des élections à une assemblée constituante dans un délai maximum d’un an afin de formuler une nouvelle constitution démocratique et fonder un nouveau système juridique pour encadrer la vie publique qui garantit les droits politiques, économiques et culturels du peuple.

5 - Dissolution de la police politique et l’adoption d’une nouvelle politique de sécurité fondée sur le respect des droits de l’homme et la supériorité de la loi.

6 - Le jugement de tous ceux qui sont coupables de vol des deniers du peuple, de ceux qui ont commis des crimes à son encontre comme la répression, l’emprisonnement, la torture et l’humiliation - de la prise de décision à l’exécution - et enfin de tous ceux qui sont convaincus de corruption et de détournement de biens publics.

7 - L’expropriation de l’ancienne famille régnante et de leurs proches et associés et de tous les fonctionnaires qui ont utilisé leur position pour s’enrichir aux dépens du peuple.

8 - La création d’emplois pour les chômeurs et des mesures urgentes pour accorder une indemnisation de chômage, une plus grande couverture sociale et l’amélioration du pouvoir d’achat pour les salariés.

9 - la construction d’une économie nationale au service du peuple où les secteurs vitaux et stratégiques sont sous la supervision de l’État et la re-nationalisation des institutions qui ont été privatisées et la formulation d’une politique économique et sociale qui rompt avec l’approche libérale capitaliste.

10 - La garantie des libertés publiques et individuelles, en particulier la liberté de manifester et de s’organiser, la liberté d’expression, de la presse, de l’information et de pensée ; la libération des détenus et la promulgation d’une loi d’amnistie.

11 - Le Front salue le soutien des masses populaires et des forces progressistes dans le monde arabe et dans le monde entier à la révolution en Tunisie, et les invite à poursuivre leur appui par tous les moyens possibles.

12 - La résistance à la normalisation avec l’entité sioniste et sa pénalisation et le soutien aux mouvements de libération nationale dans le monde arabe et dans le monde entier.

13 - Le Front appelle toutes les masses populaires et les forces nationalistes et progressistes à poursuivre la mobilisation et la lutte sous toutes les formes de protestation légitime, en particulier dans la rue jusqu’à l’obtention des objectifs proposés.

14 - Le Front salue tous les comités, les associations et les formes d’auto-organisation populaire et les invite à élargir leur cercle d’intervention à tout ce qui concerne la conduite des affaires publiques et les divers aspects de la vie quotidienne.

Gloire aux martyrs de l’Intifada et Victoire aux masses révolutionnaires de notre peuple.

Tunisie, le 20 Janvier 2011

** Ligue de la gauche travailliste
** Mouvement des Unionistes Nassériens
** Mouvement des Nationalistes Démocrates (Al-Watad)
** Courant Baasiste
** Gauche Indépendante
** PCOT (Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie)
** PTPD (Parti du Travail Patriotique et Démocratique)

27/01/2011 13:53 par Robert Bibeau

Assez curieusement le monsieur qui prétend ne RIEN comprendre à mon texte "confus" cible par ses remarques l’ensemble des points importants de ma présentation, à savoir que cet écrit d’opinion vise à mettre en garde contre la récupération de la "Révolution" du jasmin par les intellectuels, la petite-bourgeoisie dont c’est spécifiquement la mission dans les rapports de production capitalistes. Servir de courroie de transmission et récupérer - désorienter les mouvements populaires révolutionnaires pour en faire des "protestations démocratiques", on change quelques figures au gouvernement,on chasse un tyran, on désigne le suivant et hop la petite-bourgeoisie a sauver le système des riches et elle reçoit sa rétribution. Petit boulot dans les ONG, les médias, à l’université, dans les ministères revampés... etc.

Le commentaire suivant dans cette série - le communiqué des partis de gauche tunisiens est EXACTEMENT LA RÉPONSE QUE J’ESPÉRAIS. Cette personne semble, elle, avoir parfaitement compris mon laüs ( ;-))
Félicitation et merci. Le Printemps de Tunis n’est pas encore écraser.

Robert Bibeau. SAMIDOUN.

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