Le printemps européen : l’agonie du capitalisme (Countercurrents)

Gaither STEWART

Rome. C’est un processus d’accumulation, la fin du capitalisme mondial : d’abord le déclin et la dégénérescence, et maintenant le capitalisme cannibale, impitoyable et cupide qui se dévore lui-même avec la rapidité d’un tire-bouchon qui s’enfonce en spirale. Aujourd’hui on voit bien qu’il n’en a plus pour longtemps et c’est tant mieux.

Comme autrefois en Italie le parti communiste italien a fini par mourir et comme la révolution française a fini par perdre la force qui l’animait, les événements actuels prouvent que le capitalisme, le système capitaliste lui aussi, a perdu la force vitale dont il prétendait être animé. Aujourd’hui un nombre croissant de capitalistes sont arrivés à une situation de si salvi chi puo, chacun pour soi. Plus personne ne peut affirmer que le capitalisme est une idéologie politique, sociale et économique qui fait avancer la société.

Devant le désastre actuel du système capitaliste, on peut dire que l’idéologie capitaliste, sa promesse de bien-être social, était fausse depuis le début. On ne peut plus défendre le capitalisme de bonne foi. Marx avait raison, il y a plus d’un siècle et demi : le capitalisme s’est détruit à force d’excès et de cupidité sans limite.

A l’arrière-plan de ce que je préfère appeler le printemps méditerranéen plutôt que le printemps européen il y a de nombreux symptômes d’une épidémie de rejet du système capitaliste qui se propage à toute allure. La relation entre les mouvements de jeunes espagnols atteints de la maladie qui campent sur les places de leur pays est transversale. Son dénominateur commun est l’anti-système, ce qui à mon sens signifie anti-capitalisme, même s’ils n’en sont pas encore conscients.

Le rejet de ce qu’est et a été l’Europe. La fièvre a gagné toute l’Europe du sud, du Portugal à la Grèce. L’atmosphère au Portugal et en Espagne est presque identique à celle de la Grèce où les travailleurs, surtout les jeunes, refusent de payer pour la folle cupidité du capitalisme. Et il y a des similarités avec les renversement des systèmes en Tunisie et en Egypte. Et maintenant en Italie, la base -la jeunesse et les travailleurs, les chômeurs et les personnes sous-payées et sous-employées- exige les mêmes droits que ceux que réclament les manifestants d’Espagne, du Portugal et de la Grèce.

C’est devenu contagieux. Une fièvre. Le monde méditerranéen brûle : on revendique la démocratie économique, la justice politique et la paix. En Espagne, real democracia ya ! La démocratie tout de suite. Le temps de l’indifférence semble être loin derrière. La société s’est réveillée. Les Indignados espagnols, ces Don Quichotte modernes, ont occupé 60 places d’Espagne. Le mouvement des Indignés du Portugal est le même. Le mouvement est acclamé et imité par les Grecs et les Italiens. En France ils ont occupé brièvement la place de la Bastille. Le capitalisme devrait trembler. Car quand finit l’indifférence commence l’activisme social. De fait la révolution est déjà en route.

Il est clair que le capitalisme ne peut pas changer de nature. Le mot réforme est devenu obscène car aujourd’hui il signifie : tout changer pour que rien ne change. La réforme a pris le sens de changer de vitesse pour que le fardeau de la crise économique soit supporté toujours plus par les plus faibles et les moins protégés de la société.

Qui sont les plus faibles et les moins protégés ? Comme toujours dans l’histoire sociale depuis plus de cent ans de capitalisme rampant, déréglé et excessif, ce sont les classes laborieuses. Ironiquement aujourd’hui cette classe est plus importante que jamais. Elle comprend maintenant une grande partie de l’ancienne classe moyenne. En même temps cependant, la classe dirigeante capitaliste a rétréci jusqu’à atteindre le chiffre odieux de un pour cent de la population qui confisque la richesse produite par la société et s’en sert pour asservir et humilier les classes les plus faibles.

En Italie, les symptômes de la révolution socio-politique en marche ont fait tout à coup une entrée fracassante sur la scène. En Italie on a parlé de tout : les salaires qui diminuent, les prix qui montent, les retraites qui diminuent, les travailleurs qui travaillent de plus en plus dur, l’insécurité qui s’accroît, le chômage qui augmente ainsi que le nombre de travailleurs précaires et l’émigration croissante des diplômés Italiens des grandes universités vers des cieux plus cléments.

Où que vous tourniez le regard en Europe vous entendez les mêmes cris d’indignation. Alors que la déroute financière menace l’Europe méditerranéenne, les Indignés crient de plus en plus fort. Ce qui au début ressemblait juste à un autre mouvement de protestation comme mai 68, a changé de vitesse et est entré dans quelque chose qui fait penser au calme avant la tempête, une période encore non violente mais prégnante d’une dissidence opiniâtre et persistante qui est en train de se transformer rapidement en catastrophe socio-politique. En Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce, pendant que l’élite politique lutte pour relever l’économie du désastre où elle l’a plongée, la vie quotidienne devient de plus en plus dure ; que ce soit politiquement, socialement ou économiquement. Aujourd’hui les manifestations non violentes semblent être sur le point de basculer dans la violence.

Faillite de la dette, impossibilité de négocier les bonds d’état, plans de sauvetage sans effets et incapacité de restructurer les dettes nous menacent. Dans cette ambiance eschatologique les Indignés apparaissent tout à coup. Comme s’ils arrivaient de nulle part, les jeunes éduqués des universités reliés par Internet, notamment italiens et espagnols, dont beaucoup vivent encore chez leurs parents, sont tous parfaitement conscients que leur pays d’après la bulle, a peu à leur offrir si ce n’est rien du tout alors que le chômage atteint des records, que les emplois précaires deviennent la norme et que les services de la santé sont restreints.

Jusqu’à présent leurs revendications ont été modestes : ils demandent que l’élite politicienne rende des comptes et réclament de nouvelles lois électorales pour mettre fin au faux semblant de bi-partisme espagnol et aux systèmes politiques dénaturés de l’Italie et de la Grèce. Une réforme électorale est une exigence modeste de la part d’une génération habituellement qualifiée de génération perdue dans le sud de l’Europe.

Dans l’autre camp, en Eurolandia, comme aux USA, les politiciens et les banquiers font face à la crise économique main dans la main.

C’est pourquoi on est surpris d’entendre des manifestants dire : "Nous ne sommes pas contre le système mais nous voulons un changement dans le système. Nous voulons un changement mais pas plus tard ; nous voulons un changement tout de suite. Nous exigeons un changement et nous le voulons maintenant." Mais même cette voix du peuple n’est pas entendue.

Dans cette ambiance de désespoir socio-économique, la réforme semble suffisante pour le futur immédiat. Mais je pense que des revendications beaucoup plus fondamentales encore inconscientes dans la société vont apparaître et que la pression monte avec chaque jour qui passe. Nous savons qu’en principe les gens ne se rebellent pas facilement. Les gens font tout ce qu’ils peuvent pour éviter les vrais conflits et autres soulèvements sociaux ; ils vont même jusqu’à faire des compromis avec un état policier fasciste.

De l’autre côté de la barrière, les gouvernements d’aujourd’hui sont conscients qu’il y de la mutinerie dans l’air. C’est pourquoi il se sont armés de toute une série de lois illégales et anticonstitutionnelles pour l’écraser. Il est clair qu’à ce stade, l’alternative à un renversement du système corrompu d’aujourd’hui est un état policier permanent qui s’il parvient à améliorer encore son efficacité pourrait durer des milliers d’années.

L’acceptation de la légitimité du Pouvoir, l’indifférence aux écarts du Pouvoir et la passivité devant les menaces du Pouvoir contre des ennemis extérieurs semble avoir atteint son apogée. Tout le monde reconnaît qu’un Pouvoir qui est devenu fou doit être renversé. La fin prévisible de l’acceptation et de la passivité pourrait engendrer une sorte d’explosion du monde que nous n’avons jamais connue. Le choc entre le ,peuple et les systèmes corrompus semble logiquement inévitable.

En même temps et sur un autre front, de plus en plus de gens perdent la foi qu’ils avaient dans la non violence en dépit du fait que le capitalisme lui-même est extrêmement violent. Si on n’est pas poli et aimable, il y a des gens qui trouvent qu’on est violent. Mais la plus grande violence est dans business as usual (les affaires avant tout) et dans le capitalisme qui dévore tout, qui détruit les travailleurs, les forêts et les océans. Nous sommes entourés par une violence normalisée et nous ne la voyons plus. S’opposer frontalement à la violence normalisée n’est pas un acte violent ; c’est un acte nécessaire.

Pourtant beaucoup de gens disent qu’il faut travailler de l’intérieur du système, c’est à dire de l’intérieur du système capitaliste. Mais tout le monde sait qu’on ne peut pas tout avoir. On ne peut pas avoir l’air conditionné sans utiliser de l’énergie. Il ne faut pas être économiste pour comprendre que la croissance économique illimitée n’est pas viable. Le changement climatique est une réalité, de sorte que des changements drastiques vont se produire dans ce domaine qu’on le veuille ou non.

Le mot romantique "Révolution" terrifie la plupart des gens. Il y a en effet de bonnes raisons de s’en méfier. Depuis les temps héroïques des révolutions françaises et étasuniennes et de la grande révolution russe, le monde a dégénéré. La révolution des étudiants des années 1960, tout en ayant eu une influence durable à beaucoup d’égards, s’est désagrégée dans le contrecoup de la guerre du Vietnam. La soi-disant Révolution Orange en Ukraine était en fait un des exemples de l’abus du terme révolution par une classe politique.

Si nous écartons l’idée de révolution armée, nous ne devons pourtant pas confondre une révolution avec de simples réformes ou une insurrection armée. Une insurrection est une affaire locale, généralement spontanée et qui a un seul but. La réforme est un simple ajustement que font les dirigeants pour se maintenir au pouvoir comme on l’a vu encore et encore dans la Russie tsariste. Le plus souvent les réformes sont insuffisantes, arrivent trop tard, et sont neutralisées par des développements négatifs dans d’autres domaines.

La résistance à l’oppression entraîne une rupture entre les oppresseurs et les opprimés. C’est le début de la révolution. Ce qui caractérise la révolution c’est qu’elle est graduelle et insaisissable. On ne se rend pas compte qu’on est en révolution et pourtant on y est déjà .

L’acte de résistance et de rébellion contre un pouvoir injuste demeure un leitmotiv de l’histoire de l’humanité. Etant donné cette tradition, les dirigeants actuels de l’Europe doivent se demander quelle forme prendra la prochaine explosion et quand elle se produira. Car lorsque le fossé entre les dirigeants et le peuple devient insurmontable, que le peuple effrayé réapprend la solidarité sociale et qu’une résistance générale apparaît, la révolution se produit inévitablement. Lorsqu’un peuple est parvenu à maturité, le passage d’une étape à l’étape suivante de la chaîne dialectique est historiquement inéluctable. Une fois qu’il a commencé, on ne peut tout simplement pas arrêter un tel processus.

Les masses opprimées des USA et d’Europe ont jusqu’à présent semblé étonnamment peu concernées par la perte de leurs libertés. La plupart écarte l’idée de rébellion. De toutes formes de rébellion. Beaucoup voient encore les USA et l’Europe comme le berceau de la démocratie et de la liberté. Et si, par exemple aux USA -une super-puissance chancelante, décadente et au bord du désastre- le peuple se rebellait contre la longue et graduelle contre-révolution en Amérique sur laquelle les historiens ne se sont pas encore beaucoup penchés ? Et si une vraie révolution éclatait en Grèce et gagnait tout l’occident ? Est-ce de la science fiction, de s’imaginer le peuple descendant dans la rue ? L’idée d’une révolution est-elle si incongrue ?

La mondialisation a accéléré les crises des systèmes politiques nationaux traditionnels en réorganisant et transformant la nature du pouvoir et en le déléguant a des organisations politiques internationales. Les institutions de l’Union Européenne -La Commission européenne, le Conseil européen, la Banque Centrale européenne- ne sont pas des représentants démocratiques élus par des majorités populaires. Elles représentent au contraire des structures bureaucratiques et technocratiques destinées à favoriser l’hégémonie du capitalisme à une échelle continentale et planétaire. Pendant que le processus révolutionnaire s’amorce à l’arrière plan, l’Europe tente de se créer un espace vital personnel qui lui permette de s’approprier le plus possible de ressources planétaires. La taille de cet espace sera déterminée par la capacité de l’Union Européenne à développer un nouveau régime d’accumulation en intégrant des territoires, des capitaux et des travailleurs/consommateurs. En fait la vraie révolution de l’unification des marchés mondiaux n’est pas la révolution libérale tant vantée mais au contraire une révolution financière aux dépens de tous les peuples qui bordent la Méditerranée.

Les protestataires du monde entier n’ont pas encore réalisé que le facteur qui a accéléré la transformation des marchés et la dégradation de la situation des salariés enregistrés ces dernières années a été la dérégulation sauvage des mécanismes qui gouvernaient les transactions financières. Cette dérégulation a entraîné le passage d’une économie basée sur la productivité du système industriel à une économie droguée reposant sur les transactions financières et monétaires au seul profit de 1% de la population mondiale.

Gaither Stewart

Gaither Stewart est un éminent journaliste, ses écrits politiques, littéraires et culturels ont été publiés (et traduits) sur beaucoup de sites Internet et dans la presse écrite.

Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/stewart200611.htm

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

COMMENTAIRES  

25/06/2011 13:24 par Daniel Vanhove

Le discours est bien rodé et fait toujours mouche... particulièrement dans l’environnement actuel. Le problème, c’est qu’après avoir lu pour la énième fois que le "capitalisme" est à l’origine de tous nos maux, on ne voit nulle part un autre système capable de le remplacer. Et toutes les tentatives de s’y substituer ont révélé des impasses.

A mon humble avis, ce n’est pas le "capitalisme" qu’il convient de fustiger de la sorte. C’est lui qui nous permet (entre autres) d’échanger comme nous le faisons actuellmt via Internet (sans parler de tout le reste) ! Mais ses excès, ses dérives, ses abus. Tout le monde sait aujourd’hui les écarts faramineux qui existent entre les plus hauts et les plus bas salaires. C’est évidemment l’exemple type d’une situation inacceptable, à dénoncer et qu’il convient de corriger le plus vite mais aussi le plus intelligemment possible. Néanmoins, tout le monde sait aussi (ou devrait savoir) que quand vous donnez 100 € à deux individus, l’un reviendra le mois suivant avec 60, 40 voire 20 € ou rien... et l’autre avec 105, 110, 115 € ou plus...

L’on ne peut empêcher que certains soient plus entreprenants que d’autres et aient l’envie d’investir dans des projets, des idées, une petite entreprise, de la recherche, des défis à relever... quand d’autres se diront qu’il vaut mieux profiter tout de suite de ce que l’on a, tant que c’est encore possible car demain arrive la catastrophe finale... vous souvenez-vous de la cigale et de la fourmi ?...
D’accord, c’est un peu simpliste (difficile d’élaborer plus en qqs lignes), mais en même temps, cela reflète quand même une certaine réalité.

Je voudrais donc dire que c’est le néo-libéralisme qu’il convient de fustiger, au lieu du "capitalisme" qu’il conviendrait dès lors d’encadrer de manière bcp plus stricte. Et pour reprendre l’exemple de tout à l’heure, cela devrait amener à décider comme pour le minimum, un plafond maximum de revenus pour les plus riches. Les dérives du capitalisme sont innombrables : de l’exploitation suicidaire des dernières ressources de la planète jsq’aux paradis fiscaux. Il y a donc matière à le faire évoluer, mais à mon sens, se battre pour l’éradiquer est un mauvais combat, probablmt perdu d’avance...
Raison pour laquelle, et comme s’en étonne l’auteur de l’article, ce n’est pas tant le "système" que les indignés contestent... que ses dérives. L’a-t-il compris ?
Tant qu’une gauche radicale ne fera pas la différence, se montrera incapable d’apporter des nuances à ce discours idéologique râpé, elle se heurtera à une fin de non-recevoir et perdra ses énergies dans un combat absurde...

25/06/2011 18:55 par Paul

C’est faux que "toutes les alternatives essayées ont mené a des impasses".
Ca c’est ce que les médias capitalistes essayent de nous faire croire, en censurant impitoyablement toute information contraire.
Mais, pour ne citer qu’un seul exemple, Cuba se débrouille assez bien, malgré des conditions très contraires.
Et, du temps du COMECOM les différents pays qui en faisaient partie arrivaient à subvenir aux besoins de leurs populations et leur fournir une qualité de vie supérieure à celle qu’ils ont même aujourd’hui (c’est les propres populations concernées qui le disent dans les sondages).

Quant aux "excès" du capitalisme, ce concept n’existe pas ; les soi-disant "excès" ne sont que la conséquence logique des prémisses du capitalisme. Il est intéressant d’ailleurs de noter que le seul moment de l’histoire humaine où le système capitaliste a un peu régulé pour mettre des barrières, pour limiter ces "excès", c’était uniquement comme moyen tactique de contrer le mouvement socialiste.
Sans l’exemple des pays qui se réclamaient du socialisme il n’y aurait jamais eu de telles régulations ; c’est bien la preuve que le capitalisme, lui, voyait dans le socialisme ayant réellement existé une menace extrême pour sa propre survie.

26/06/2011 05:39 par Vania

Au commentaire # 1 : Tout à fait d’accord avec le commentaire #2 de Paul. Il est illusoire de penser qu’on puisse "humaniser" le capitalisme car on ne peut pas empêcher les conséquences logiques du système capitaliste:individualisme exacerbée,négationisme du social, pillage économique,dégradation de l’environnment, maximisation du profit, concentration du capital entre les mains de quelques "renards"(Les bankgsters etc)., création de groupes mafieux, augmentation du crime organisé. Les conséquences sont INTRINSàˆQUES au système. De plus,Affirmer que le système socialiste n’a rien apporté à un pays comme l’URSS (qui sortait quasiment du moyen-âge)est une calomnie !! Et l’éducation gratuite ?? le bien-être des citoyens, la santé gratuite ?le logement gratuit ?une vie de partage et de solidarité , l’entraide.,et j’en passe.Bien sûr qu’il y avait de changements à opérer comme développer l’industrie légère. etc mais il faut se renseigner sur ce qui se passe en Russie actuellement avant de faire des affirmations gratuites.Les médias de masse occidentaux CACHENT beaucoup d’informations sur la Russie mais les gens du kprf sortent aussi dans la rue, ils proposent un référendum à la population pour revenir au système socialiste, le parti communiste est actuellement en bonne position et le partie de Putin a perdu un grand% d’appui.

26/06/2011 16:10 par Fethi GHARBI

@ Daniel Vanhove

A mon humble avis, ce n’est pas le "capitalisme" qu’il convient de fustiger de la sorte. C’est lui qui nous permet (entre autres) d’échanger comme nous le faisons actuellmt via Internet (sans parler de tout le reste) ! Mais ses excès, ses dérives, ses abus.

Je veux bien, mais le capitalisme n’a jamais dérivé, depuis le 19ème siècle, il continue imperturbable sa route vers le néant à un rythme de plus en plus infernal. Ses excès et ses abus sont inhérents à sa nature...

27/06/2011 07:15 par Monsieur B.

La raison pour laquelle le capitalisme a la peau dure et que (pour paraphraser Mark Twain) "l’annonce de son décès est très prématurée", c’est qu’il constitue un outil exceptionnellement efficace pour protéger et faire prospérer les intérêts des puissants. On ne doit pas attendre la mort du capitalisme, il faut le tuer !

30/06/2011 11:42 par PhilG

J’aimerais croire à la disparition du capitalisme , mais est ce possible ? Oui, ses abus sont ils certainement inhérents à sa nature mais il peut être regules comme il l’a été ou l’est encore dans les pays Nordique et leurs experiences de gestion social-democrates. Je suis assez d’accord avec Monsieur Vanhove , c’est avant tout le néo-libéralisme qu’il convient de fustiger, au lieu du capitalisme qu’il conviendrait d’encadrer de manière plus stricte. Peut on reellement l’éradiquer ? Ce serait l’idéal, mais pour ma part je suis un peu sceptique sur la faisabilité ! Malheureusement l’emulation engendre par la recherche du profil reste un des moteurs principaux (pour ne pas dire le moteur principal) permettant de mettre les hommes en mouvement. Une societe reellement communiste est elle possible ? Sans l’emulation salariale et sans competions il y aura effectivement une infime minorite de personne motivées et competentes animes par le soucis de l’interêt général mais malheureusement une majorites qui ne s’investiront pas et se reposant sur l’investissment des autres. Phenomene que l’on peut constater égalment dans le mileu associatif,politique ou syndical. Je voudrais aussi aborder le sujet de L’Union Sovietique et des autres pays de l’ancien bloc de l’Est que cite Paul et Vania. Connaissant bien les pays du bloc sovietique pour y avoir été et connaitre de nombreuses personnes ayant vecus du temps de l’URSS je peut vous dire que tout était loin d’être rose (ou rouge) à l’époque (même si la situation s’est loin d’être ameliorée-au contraire). Effectivement on ne peut dire que l’experience communiste en Russie a echouée car ce pays represantait avant tout une forme d’oligarchie qui n’avait de communisme que le nom. Le pouvoir et les richesses étaient detenus par une minorite de bureaucrates et l’economie souterraine ou la corruption était bien souvent la seule source de revenus de la majorite des populations. L’acces au logement ? la aussi le syteme était tres inegalitaire, seul certains privilegies et courtisants de certains bureaucrates locaux pouvaient obtenir des logements decents. La majeur partie des popualtions étaient entasses dans des sorte de foyers Communautaire entasses parfois à plus d’une dizaine dans 20 metre carres avec des cuisines ou des lieux d’aisances que devaient se partager plusieurs dizaine de familles. Même les résidences Universtaires les plus delabrées ici sont à cotes comparables a des résidences de Luxe ! La sante gratuite ? Parlons en ! En théorie tous avait acces aux soins mais justemeent le manque de motivation du corps médical, fonctionnaire d’Etats sous payée faisaient que seul ceux ayant le moyen de payer des "Backchich" exorbitant avaient les moyens de se faire soigner. L’education gratuite ? La aussi les diplomes ou l’entrée dans les universite ne pouvaient être souvent obtenus que moyennant le paiement d’importants pots de vins ! Peut on parler d’une societe base sur la partage et la solidarite ? Veuillez m’excuser de briser votre bel optimisme !

03/07/2011 13:23 par Antony

Le néo-libéralisme à bout de souffle ou comment jeter les bases d’une société et d’une économie sur des bases sociales , écologiques et solidaires ?
Le capitalisme et sa perversion le néo-libéralisme est un système à bout de course. La crise financière de 2008 ne serait pas seulement la crise d’un capitalisme financier exonérant le capitalisme des autres crises. En effet, je n’apprends rien à personne quant à la réalité d’une crise à multiples facettes.
En effet, le néo-libéralisme est porteur d’une idéologie prédatrice et cupide visant à optimiser l’exploitation des individus et des écosytèmes. Résultat, une crise sociale majeure avec des inégalités sociales abyssales entre les nations et entre les individus d’un même pays. A l’échelle internationale, le fossé se creuse entre pays riches et pays pauvres puisque le rapport de richesses entre un américain moyen et un tanzanien est de 1 à 50.
Al’intérieur d’un pays, l’indécence des inégalités sociales oblige à la dénonciation de cet état de fait. L’écart des revenus entre un ouvrier et un patron de CAC 40 se situe dans un apport de 1 à 400 ( Il était de 1 à 35 dans les années 60). Cette crise sociale est-elle un levier suffisant pour exiger la construction d’une société aux rapports sociaux différents ?
Le néo-libéralisme est aussi porteur d’un système ravageur puisqu’il organise un pillage des ressources naturelles sans précédent. Mais, ce sytème peut-il s’affranchir des limites finies de la biosphère ? Prétendre sauver la planète sans sortir du productivisme et du capitalisme relève plus de la tartufferie que de l’acceptation lucide du réel. La condition même de notre survie oblige à dessiner les contours d’un société plus écologique.
A partir du constat évoqué que seul le libre-échangisme est facteur d’inégalités, de paupérisation des sociétés, de déclassement social, de précarisation, échafauder une alternative est un exercice perilleux car 30 années de TINA tatchérien distillé dans l’opinion publique selon laquelle il n’y a pas d’autre alternative ne peut s’évacuer d’un revers de manche.
La classe médiatico-politique a entrepris un tel formatage des esprits qu’il est difficilement concevable de jeter les bases d’un nouvel internationalisme, d’un monde économique solidaire. A chaque fois qu’un économiste anti-libéral s’aventure à évoquer une alternative, les médias jettent l’anathème au nom de la bien-pensance, on véllipende, on assène des certitudes qui empêchent le débat, on sort la réthorique populiste, nationaliste et passéiste pour la encore éviter la remise en cause du système.
La classe dirigeante s’évertue à faire croire que l’on peut moraliser le capitalisme, lui donner un visage humain, que l’on peut améliorer le fonctionnement de l’OMC. Elle s’acharne aussi à ériger le capitalisme verdoyant comme une solution à la crise écologique ( Quelle blague !!)
Et pourtant, certains économistes non-alignés sur l’orthodoxie libérale ont raison d’exhumer la charte de la Havane crée en 1948 et signée par 53 nations. Seulement, ce traité international qui devait créer l’OIC ( l’Organisation international du commerce) n’a jamais vu le jour car le sénat américain protecteur de son seul intérêt national n’a jamais voulu le ratifier.
Que prévoyait cette charte ? Pour faire simple, elle jettait les bases d’un société basée sur un commerce international fondé non sur un libre-échange destructeur mais sur une véritable coopération entre les peuples. Son principe directeur est basé sur l’équilibre de la balance des paiements qui veut qu’un pays ne peut baser son économie sur un excédent structurel de sa balance des paiements au dépens des déficits structurels des autres pays. ( art 3 et 4 de la charte). Cette charte interdisait le dumping social (article 21) alors qu’aujourd’hui il est le fondement de la concurrence libre et non faussée. La charte de la havane met en place un protectionnisme social et écologique non pas pour favoriser un repli sur soi nationaliste mais pour créer de manière bilatérale des relations commerciales réellement respectueuses de notre environnement.
La charte de la Havane constitue un nouvel internationalisme propice à renvoyer les fausses recettes du néo-libéralisme vers le passé. C’est une logique coopérative et non la logique actuelle de l’OMC qui érige comme dogme absolu la politique d’exportation dans une compétition acharnée entre les nations aux profits d’une minorité mais au détriment du plus grand nombre.
A l’occasion de 2012 et de cette crise grecque, portugaise bientôt espagnole et pourquoi pas un jour française, il serait salutaire qu’on ouvre le débat de l’eurolibéralisme. Non les profits ne passent pas avant les peuples mais nos idéaux républicains universalistes auxquels nous sommes attachés ont-ils encore un avenir dans le poison idéologique européen ?
Les incantations du type «  un autre monde est possible » resteront lettre mortes si on ne s’attache pas à identifier les verrous qui nous empêchent d’ouvrir le champ des possibles. L’un de ces verrous à faire exploser est bel et l’eurolibéralisme.
Antony
http://regales.over-blog.com

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