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Les empires en déclin et ceux en formation - La guerre de tous contre tous

« Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent ». J.P. Sartre

L’histoire des civilisations humaines est aussi l’histoire de la fondation de communautés humaines qui sont appelées à augmenter leur espace vital et de ce fait, à provoquer des guerres pour fonder des Etats qui deviendront pour certains des empires. Il est dans la nature humaine de dominer son prochain. L’histoire est jalonnée de pays qui ont atteint des sommets en termes de puissance avant de disparaître.

Bref rappel des grands empires dans l’histoire

Qui ne se souvient de la civilisation pharaonique qui a vécu plus de trente siècles et qui a disparu donnant lieu à une Egypte en pleine déroute ? Qui ne se souvient des civilisations perses ? Les civilisation aztèques et mayas furent broyées par les conquistadors, en petit nombre, mais qui disposaient d’une technologie terrifiante : les canons et les armes à feu. Une place particulière est donnée par les historiens occidentaux à l’Empire romain qui dura plus de dix siècles après la fondation de Rome par Romus et Romulus. On sait que les empires déclinent de différentes façons. C’est le plus souvent une lente agonie et une perte de puissance de l’Etat central qui ne contrôle plus sa périphérie qui, de ce fait, a des tendances émancipatrices. C’est le cas des Empires espagnols et portugais - bâtis par le sabre et le goupillon- qui perdirent graduellement leurs colonies du fait de l’éloignement et d’une prise de conscience autochtone qui prône l’indépendance. L’histoire récente des empires montre que ces derniers sont mortels et que les causes de leur disparition peuvent être des longs délitements, l’empire s’effrite à partir des marches. Pour rappel, le coût humain de l’expansion est très lourd. La population amérindienne s’effondre, passant d’environ 80 millions d’habitants au début du xvie siècle à environ 12 millions cent ans plus tard. Les massacres, le travail forcé, les déportations, la destructuration des sociétés indigènes, et surtout les maladies amenées par les Européens sont responsables de ce désastre. Les exactions des conquistadors espagnols ont été dénoncées par le moine dominicain Bartolomé de Las Casas. En 1550, lors de la Controverse de Valladolid, il parvient à convaincre le roi et l’Eglise que les Amérindiens ont une âme...

L’Empire ottoman moins étudié, dura plus de six siècles mais s’effilocha sous les coups de boutoir de deux puissances de l’époque ; l’Angleterre et la France qui ne cessèrent d’attiser les tensions religieuses dans la région qui correspond à l’actuelle Syrie, c’était il y a cent cinquante ans ! A croire que l’histoire hoquette. Graduellement « l’homme malade de l’Europe » perdit les provinces orthodoxes, la Bulgarie, la Grèce, et l’Algérie. Pris à la gorge par ses créanciers, l’empire mena une fin sans gloire. On arrive au début du XXe siècle et avant même que la guerre ne se termine Sykes et Picot les bien nommés ministres anglais et français procédèrent au dépeçage de ce qui restait de l’empire. Le califat fut aboli. Mustapha Kémal proclame le 29 octobre 1923 la République turque sur les décombres de l’Empire ottoman

La tentation d’empire : toujours d’actualité en Angleterre

Une analyse magistrale de Mikhael Tyurkin de la situation actuelle du Royaume-Uni nous montre un semblant d’« empire » en déliquescence qui vit sur une rente qui disparaît peu a peu. Il écrit : « Au cours des dernières décennies, le Royaume-Uni s’est pensé comme le cerveau d’un empire global dont les États-Unis seraient les muscles. Mais le temps passe et « l’Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais » est en pleine déconfiture. Avec un total cynisme, la gentry britannique se prépare à brader les richesses nationales pour sauver son mode de vie au détriment de son peuple. » (1)

« Le 10 mai dernier écrit l’auteur, le Premier ministre britannique David Cameron a rendu une visite inattendue à Sotchi pour chercher une entente avec Vladimir Poutine. (...) Cependant, quoi que Cameron fasse, il ne pourra probablement pas éviter le krach d’un empire qui est resté l’un des pays les plus puissants du marché mondial pendant des siècles, même après sa désagrégation officielle. Sans doute, aucun pays du monde n’a plus incarné les temps modernes que la Grande-Bretagne. La passion d’un joueur géopolitique expérimenté, une autodiscipline étonnante, le machiavélisme de la famille royale et de l’aristocratie, le tout multiplié par l’esprit anglais typique a transformé aux XVIIIe-XIXe siècles un petit royaume insulaire en « Empire, sur lequel le soleil ne se couche jamais ». La Grande-Bretagne conduisait toujours une politique cruelle et cynique, mais le faisait avec une élégance de gentlemen Il faut y ajouter la situation insulaire qui permettait à l’Angleterre de s’abstenir de participer réellement aux conflits européens, et de dresser l’une contre l’autre les puissances continentales selon le principe romain classique « Diviser pour régner ». Installé confortablement sur les îles britanniques, l’establishment anglais s’est rempli du sentiment de son caractère exceptionnel. (...) Remarquez que c’est justement la Grande-Bretagne qui a aidé les Empires russe, austro-hongrois, allemand et ottoman à s’effondrer pendant la Première Guerre mondiale ».(1)

Mikhaël remarque le début du déclin : « Cependant, au XXe siècle, la puissance de la Grande-Bretagne a dépassé son zénith et a commencé à décliner. À ce moment, sa fille caractérielle, les États-Unis, est devenu grande ; (...) Le principal symbole du déclin du Royaume-Uni est devenu sans doute la mort de Margaret Thatcher. La « Dame de fer » était connue comme l’une des créatrices du modèle économique néolibéral, qui s’est installé dans sa forme classique sur les côtes d’Albion.(...) Ainsi, l’ex-usine mondiale devint définitivement un casino global, les spéculations boursières et les services bancaires de la City devenant le seul moteur du pays. Au passage, la perfide Albion doit beaucoup de sa fête de la vie spéculative à l’effondrement de l’Urss : depuis le camp socialiste ruiné, des cascades d’actifs matériels se sont dirigées vers l’Occident. (...) » (1)

« L’économie britannique poursuit l’auteur, n’est plus compétitive et est condamnée à terme : « Beaucoup d’experts affirment que ce modèle ne survivra pas longtemps à sa créatrice. Aujourd’hui déjà, la dette de la Grande-Bretagne (9800 milliards de $) est la deuxième du monde par son importance après celle des USA et le montant de ses intérêts est dix-huit fois plus important que celui des Grecs. C’est-à-dire que l’on fait entrer l’Angleterre dans la liste des géants économiques par inertie seulement ; il serait bien plus honnête de lui octroyer une autre lettre dans l’acronyme Pigs (Portugal, Italie, Grèce, Espagne). (...)Le Guardian ironise à ce sujet : « Le gouvernement de Cameron est déjà très content que le pays échappe à la récession au premier trimestre 2013. » (1)

« (..) Dans ces conditions, le gouvernement cherche fiévreusement de nouvelles sources d’économie. On est arrivés au point que les parlementaires ont commencé à sérieusement discuter de la vente, pour un milliard et demi de livres, du palais de Westminster et de Big Ben. (...) Ces jours bénis où les Britanniques faisaient moissonner le profit par d’autres, tout en restant propres sur eux, sont passés. Maintenant, ils doivent aller de plus en plus souvent au combat ouvertement, subissant d’importantes pertes dans leur image durant les croisades occidentales modernes, et montrant au monde leurs talons d’Achille. Un exemple clair à cette évolution : l’opération en Lybie de 2011, lorsque le Premier Ministre anglais David Cameron (avec le coq gaulois Nicolas Sarkozy) a pris l’initiative d’aller au charbon pour éliminer Mouamar el-Kadhafi. » (1) On comprend mieux maintenant que la Grande-Bretagne sera de plus en plus agressive à l’extérieur, surtout avec les faibles.

Gordon Brown : la nostalgie de l’Empire par la domination de la langue

Que reste-t-il à l’Empire britannique sinon la langue ? Gordon Brown, ancien Premier ministre de sa Gracieuse Majesté, dans un de ses discours n’a pas caché l’ambition de perpétuer la domination. Il déclare : « L’anglais est bien plus qu’une langue : c’est un pont au-dessus des frontières et entre les cultures, une source d’unité dans un monde en changement rapide [.,.], c’est une force pour l’économie, les affaires et le commerce, mais aussi pour le respect et le progrès mutuels. [...]. Au total, 2 milliards de personnes dans le monde apprendront ou enseigneront l’anglais d’ici 2020. il y a plus d’enfants qui apprennent l’anglais dans les écoles chinoises que dans les écoles britanniques. Je veux que la Grande-Bretagne fasse un nouveau cadeau au monde par l’aide et le soutien à tous ceux qui veulent apprendre l’anglais, en donnant accès dans toutes circonstances aux outils pour son apprentissage ou son enseignement. [...] Nous ferons de notre langue le langage commun du monde. La langue qui aide le monde à parler, rire et communiquer » (2)

La nostalgie « mélancolique » de l’Empire français

On dit que maintes fois, par orgueil Napoléon s’est posé en successeur de Charlemagne, dépositaire du Saint Empire romain germanique qui a été restauré trois ans après « l’effondrement » de l’Empire romain d’Occident au V° siècle Cette nostalgie de l’empire qui permet de comprendre l’aventure napoléonienne qui prit fin avec Waterloo et surtout après le désastre de la Bérésina en Russie. On comprend de ce fait que Vladimir Poutine le nouveau « Tsar » russe ait célébré en septembre 2012 à Borodino, les deux cents ans de la « guerre patriotique » contre Napoléon, prélude à la retraite de Russie et à la chute de Napoléon, il déclare : « C’est ici que du 26 au 28 novembre 1812 l’armée russe, sous le commandement du maréchal Koutouzov, a fini d’écraser les troupes napoléoniennes... »

Pour Eric Zemmour, la France est l’héritière du Saint Empire romain. Rien que ça ! Il est vrai qu’à l’école, on nous apprenait que Charlemagne était un empereur français sacré à Aix-la-Chapelle, nous avons mis du temps à comprendre que c’était Aachen ! Pour lui, l’Europe actuelle qui ne fait pas la place qui convient à la France est une faillite. Eric Zemmour nous décrit « sa France » dans un essai « Une mélancolie française ». Malakine en parle : « (...) la construction politique française avait vocation à embrasser toute la rive gauche du Rhin jusqu’aux Pays-Bas et tout le nord de l’Italie. Ce projet a pris fin à Waterloo avec le démantèlement de l’Empire napoléonien et le retour aux « frontières naturelles. C’est à partir de là que Zemmour date le début de la crise de l’identité nationale et le déclin français. (...) Le début des années 1990 avec l’effondrement du bloc de l’Est et la réunification allemande ont marqué un point de rupture définitif avec le modèle « gallo-romain » L’Europe a pris alors la forme impériale traditionnelle allemande, celle du Saint Empire romain germanique, un ensemble hétérogène et peu intégré, aux frontières floues et aux décisions lentes, ce que Zemmour appelle avec une ironie grinçante « le saint empire américain des nations germaniques » (3)

Après ces circonvolutions, Zemmour, un français de souche « algéro-berbéro-juive » en vient à désigner le coupable de la chute de l’Empire français. « Pour lui, l’immigration de peuplement qui va changer définitivement le visage ethnique de la France à partir des années 1970 et l’autorisation du regroupement familial. Il n’hésite pas à comparer cette vague migratoire avec la chute de Rome provoquée par les invasions barbares. » (3)

L’inéluctabilité du déclin de l’Occident et de l’avènement de l’Asie

Assiste-t-on à la chute de la civilisation occidentale ? La civilisation occidentale est-elle supérieure aux autres civilisations ? Le père de la sociologie universelle, Ibn Khaldoun, dans son oeuvre magistrale « La Muqqadima »,« Les Prolégomènes », avait pointé du doigt l’évolution des civilisations qui passent par trois stades, l’avènement, l’apogée et le déclin.

Ainsi analyse-t-il le déclin de la civilisation musulmane comme un lent et long délitement, le centre ayant de moins en moins de prise sur le périphérique. Comment s’est construite la suprématie occidentale ? Au nom de la Règle des trois C - Christianisation, Commerce, Colonisation, l’Occident mit des peuples en esclavage. Lisons ce morceau d’anthologie attribué au roi des Belges : « Vous veillerez à désintéresser les sauvages de leur richesse dont regorgent leur sol et leur sous-sol. Votre connaissance de l’Evangile vous permettra de trouver facilement des textes recommandant aux fidèles d’aimer la pauvreté. Par exemple : « Heureux les pauvres car le royaume des cieux est à eux » ; « Il est difficile aux riches d’entrer aux cieux ». Vous ferez tout pour que les nègres aient peur de s’enrichir. Apprenez aux jeunes à croire et non à raisonner... » (4)

L’Occident procéda à un dépeçage des territoires au gré de ses humeurs sans tenir compte des équilibres sociologiques que les sociétés subjuguées ont mis des siècles à sédimenter. L’histoire du pays colonisé est niée et rasée au profit d’une nouvelle histoire, une nouvelle identité, voire une nouvelle religion. Pendant cinq siècles, au nom du devoir de civilisation, l’Occident dicte la norme, série, punit, récompense, met au ban des territoires qui ne rentrent pas dans la norme. Ainsi, par le fer et par le feu, les richesses des Sud épuisés furent spoliées par les pays du Nord. (5)

Cela ne fut pas suffisant ! Il faut aussi montrer que l’Occident est dépositaire de la race supérieure, Kishore Mahbubani l’éminent diplomate singapourien écrit : « (...) Cette tendance européenne à regarder de haut, à mépriser les cultures et les sociétés non européennes, a des racines profondes dans le psychisme européen. La plupart du temps, les colonialistes étaient des gens médiocres mais en raison de leur position et, surtout, de leur couleur de peau, ils étaient en mesure de se comporter comme les maîtres de la création. En fait, [l’attitude colonialiste] reste très vive en ce début de XXIe siècle.(...) Souvent, on est étonné et outré lors de rencontres internationales, quand un représentant européen entonne, plein de superbe, à peu près le refrain suivant : « Ce que les Chinois [ou les Indiens, les Indonésiens ou qui que ce soit] doivent comprendre est que... » Suit l’énonciation hypocrite de principes que les Européens eux-mêmes n’appliquent jamais. » (6)

L’avenir sera de plus en plus sombre. Entre les anciens empires qui vivent sur l’illusion de la grandeur et ne veulent rien lâcher- Ils peuvent très bien vivre en réduisant leur train de vie- et l’avènement inéluctable d’un leadership asiatique, les petits pays notamment ceux qui ont des ressources seront de plus en plus des variables d’ajustement. La guerre de tous contre tous continuera et il n’est pas dit que les « nouveaux empires » soient plus cléments...

Chems Eddine CHITOUR

1. Mikhail Tyurkin http://www.voltairenet.org/article179279.html Le crépuscule de la puissance britannique 6 juillet 2013

2. http://plurilinguisme.europe-avenir.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1374&Itemid=43

3. http://horizons.typepad.fr/accueil/2010/03/la-mlancolie-franaise-deric-zemmour-ou-laspiration-franaise-lempire.html

4. Discours accablant du roi des Belges aux missionnaires. Léopold II en 1883

5.Chems Eddine Chitour : Déclin ou chute de l’Occident. Mondialisation.ca, 29.11.2012

6.Kishore Mahbubani : The Irresistible Shift of Global Power to the East. 2008

COMMENTAIRES  

20/07/2013 22:16 par gérard

« Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l’indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes en la guerre venue. »
Louis Ferdinand Céline.
L’auteur dans cet article embrasse trop de sujets pour les étreindre bien...
Zemmour, c’est qui ?

20/07/2013 23:13 par Arnaud

Le discours de Léopold 2 est parait-il un faux même si il coïncide tout à fait à la réalité de cette époque.

Par contre, nous pouvons le rendre responsable de l’exploitation indigne et les mauvais traitements dont est victime la population indigène en particulier dans l’industrie du caoutchouc.

21/07/2013 00:57 par Dominique

"Il est dans la nature humaine de dominer son prochain."

Rien n’est plus faux. Si je pensais cela, je serais un aspirant capitaliste qui essaierait tous les moyens pour faire fortune.

Dominer son semblable est une forme de violence. Les psychologues ont prouvé au 20e siècle que l’être humain est un être d’un naturel sociable et emphatique. Ils ont aussi prouvé que s’il est incapable de maîtriser sa violence, c’est parce qu’il est frustré, et que s’il est frustré, c’est en raison des tabous que les idéologies religieuses véhiculent dans la société. Voir notamment les travaux de Prescott sur les origines de la violence humaine.

Nous sommes tous violents, mais il y a un abime qui sépare la violence d’un chasseur des peuples premiers qui maitrise sa violence et qui ainsi la rend bénéfique à toute sa communauté, et celle d’un capitaliste des peuples de guerriers qui est un frustré incapable de maitriser sa violence et qui ainsi la rend maléfique pour tout le monde sauf sa petite personne.

Ceci n’enlève pas grand chose au constat fait dans ce texte, mais empêche l’auteur d’être autre chose que fataliste. Wilhelm Reich a fait à peu près le même constat : les empires d’aujourd’hui sont pires que ceux d’hier, mais il nous fait voir comment changer cet ordre des choses : nous sommes nos propres argousiers, et il ne tient qu’à nous de prendre nos responsabilités, de nous mettre à croire en nous au lieu de crier heil, heil ! ou viva, viva !, de cesser de croire en des chimères auxquelles nous ne comprenons rien pour à la place essayer de comprendre la nature, et d’être ainsi nos propres libérateurs.

De plus, je ne suis pas tout-à-fait d’accord avec cet article quand il considère que l’Asie va remplacer l’occident :

Le contexte du monde d’aujourd’hui est celui d’un mode de vie condamné à disparaitre en raison de l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables. Ce contexte est aussi celui de l’humanité qui est condamnée à disparaitre en raison de la disparition généralisée des biotopes et de la transformation généralisée des ressources naturelles en sources de pollution.

Ce double contexte prouve bien que nos élites ont totalement perdu la tête en prônant la seule chose qu’elle savent encore faire : continuer la fuite en avant vers ce double suicide. Ce double contexte prouve aussi que Marx n’a jamais autant eu raison qu’aujourd’hui quand il déclarait que le rapport borné des hommes avec la nature conditionne leur rapport borné entre eux, et que Reich avait aussi raison quand il nous demandait d’adorer la nature en essayant simplement de la comprendre.

21/07/2013 07:41 par Dwaabala

La guerre de tous contre tous continuera et il n’est pas dit que les « nouveaux empires » soient plus cléments...

La terre continuera aussi à tourner et il n’est pas dit que le « communisme » ne soit pas plus vraisemblable que cette perspective mesquine.

21/07/2013 09:08 par Abdelkader Dehbi

Sujet combien sérieux ; dommage qu’il soit pollué par la citation déplacée dans ce contexte, d’une espèce hybride de "petit-blanc-pied-noir" aussi prétentieux qu’insignifiant, doublé d’un sioniste raciste et islamophobe notoire. Même pour un message subliminal on pourrait trouver mieux, sinon pire...

21/07/2013 12:36 par Dominique

ça c’est sur que la Terre continuera à tourner. L’enjeu d’aujourd’hui n’est pas de savoir comment nous allons tourner avec elle à l’avenir, mais de savoir si nous allons continuer de tourner avec elle ou pas.

Les dégâts à l’environnement sont d’ors et déjà tels que la plus rapide et la plus globale de toutes les extinctions massives d’espèces animales et végétales à commencé à se dérouler sous nos yeux. Et comme nous sommes au sommet de la chaine alimentaire, cela implique que la bonne question aujourd’hui n’est pas de sauver ce qui reste de l’environnement mais de réparer les dégâts que nous lui avons fait subir.

21/07/2013 12:56 par Bidule

Je trouve cet article peu convaincant, dispersé, trop général. Dire que les empires se décomposent, c’est bien. Mais prédire l’avenir sur la base de certains signaux comme les dettes ou l’état de l’économie, en négligeant un tas d’autres aspects me paraît un peu léger. Quels aspects ? Ne serait-ce que les ressources et l’innovation énergétique, les puissances militaires, l’instabilité politique ici et là, les enjeux géopolitiques de certaines régions (Moyen-Orient, et je pense aussi à l’Amérique Latine et l’Europe), la question démographique aussi, et j’en oublie sans aucun doute.
Et Zemmour...

22/07/2013 06:57 par calame julia

Dommage que la fatalité du "patron du monde" pollue cette démonstration un peu légère !
Nous ne savons rien des nouveaux empires et j’ai un doute sur le fait qu’ils puissent être
asiatiques ! Tous les peuples n’ont pas le culte du patron.
Du reste devenir patron de rien ainsi que développé par un autre commentaire s’agissant
de la planète massacrée...?
Avant et après K. Marx des femmes et des hommes nous ont donné des éléments de
réflexion. Après six siècles de carnages pour des richesses non renouvelables, et le
triste constat d’une nature humaine pétrifiée dans son évolution mentale si l’on ne veut
comprendre... restera-t-il encore quelqu’un, quelqu’une pour récupérer les morceaux ?

22/07/2013 12:56 par Dominique

Il y a pourtant des gens qui essaient.

Le socialisme du 21e siècle en Amérique latine a deux composantes principales qui le distingue :

"Les prolétaires n’ont pas de patrie" est remplacé par "La première patrie d’un prolétaire est l’humanité".

Le dogme d’inspiration biblique de Plekhanov qui prône la lutte immuable de l’homme avec la nature, et qui sépare ainsi l’homme de la nature, est remplacé par "La patrie de l’humanité est la Terre, sa seule source de vie."

Poser que la première patrie d’un prolétaire est l’humanité revient à unir les prolétaires au-delà des frontières, et comme l’union est la meilleure force des prolétaires et que le capitalisme est globalisé, cette union des prolétaires est nécessaire. Cela implique que dans le socialisme, être patriote ne signifie pas défendre les intérêts d’une nation contre ceux des autres, mais reconnaître le fait que la révolution ne pourra être internationalisée qu’en reconnaissant les luttes locales et en les unissant dans un processus de libération commun. La révolution se fera en unissant les luttes locales autour de leurs buts, pas en exacerbant les différences idéologiques.

Poser que la patrie de l’humanité est la Terre, sa seule source de vie, revient à renouer avec ce qui fit le succès de l’humanité depuis les premiers hominidés il y a plusieurs millions d’années et jusqu’à un passé récent : une société ne peut être durable que si elle respecte la nature, condition nécessaire pour qu’elle puisse se développer en symbiose avec elle au lieu de la détruire, et détruire du même coup les conditions nécessaires à sa survie.

Cela permet aussi de poser le cadre dans lequel le socialisme doit se développer : la satisfaction des besoins de la société et de ses membres doit être subordonnée à la satisfaction des besoins de la nature. Cela implique que dans le socialisme, le patriotisme non seulement défend les intérêts de tous les prolétaires de la planète, mais qu’il défend également le cadre naturel dans lequel la société s’épanouit, cadre naturel sans lequel aucune société ne peut exister.

Le socialisme du 21e siècle est donc plus global que celui du 20e, et il a comprit que pour gagner, il doit s’attaquer aussi à notre relation avec la nature, cette relation qui conditionne notre vision du monde et tous les rapports humains.

Le socialisme du 20e siècle considérait qu’il suffirait de résoudre le problème économique pour résoudre les autres problèmes. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple, et poser qu’il suffirait de développer une société communiste pour satisfaire tous les besoins humains, ne ferait que remplacer une exploitation capitaliste de la nature par une exploitation communiste de la nature, et ne changerait donc que la forme des choses.

Le socialisme du 21e siècle, en intégrant la nature dans sa démarche, permet de poser la bonne question - quel rapport voulons-nous avec la nature - et à partir de là, il permet de construire une vision ontologique des choses qui tienne compte de tous les éléments du problème et qui est capable de les mettre dans le bon ordre.

22/07/2013 15:52 par Dwaabala

Brèves notes d’un avocat du diable sur le commentaire de @ Dominique

1) La nature n’a jamais pu et ne peut être nature qu’en se détruisant continuellement elle-même.
Un exemple ? La vie aussi a eu comme condition préalable la destruction de la matière inorganique, qui s’est recomposée sous une nouvelle forme. Et l’oxygène que nous respirons a une origine organique, il a donc détruit l’atmosphère qui l’a précédé.

2) La nature pour l’humanité du XXIe siècle n’est plus la nature avec laquelle le primitif avait à se mesurer dans une relative symbiose, quand elle ne le terrorisait pas, avec une espérance de vie très réduite, et qu’il peuplait d’esprits.
Le dogme d’inspiration biblique de Plekhanov qui prône la lutte immuable de l’homme avec la nature n’a donc rien perdu de son acuité. Un exemple ? La lutte contre les maladies, car elles sont aussi de la nature. Un autre exemple ? La prévision des séismes. Effets destructeurs, entre autres, de la nature

3) La satisfaction des besoins de la société et de ses membres doit être subordonnée à la satisfaction des besoins de la nature. Ceci rappelle cet aphorisme de Rex Tillerson, PDG du géant pétrolier EXXON (merci à LGS qui lui a décerné le prix Crétin de l’Année) : À quoi bon sauver la planète si l’humanité doit en souffrir ?

mais en le retournant :

À quoi bon sauver l’humanité, si la planète doit en souffrir ?

4) Étant donné que, aujourd’hui encore, le capital commande massivement à l’exploitation des ressources naturelles, tout ce que le prolétariat peut espérer faire c’est d’abord intervenir de tout son poids, quand il en a un, dans le cadre des institutions pour endiguer les effets d’une gestion nécessairement anarchique, puisque soumise en fin de compte à la recherche du profit.

5) Il peut aussi, cela c’est pratiqué, coller sur la lunette arrière de son auto le badge : Citoyen du Monde, avec la variante pleine de modestie du Village Monde

6) Il n’en reste pas moins que la lutte finale a pour horizon et objectif cependant premier l’abolition de la propriété privée des grands moyens de production et d’échange ; que c’est dans cette lutte des classes que le prolétariat affirme son identité politique et sa prétention à l’hégémonie, à produire et échanger autrement, sous des formes qu’il lui appartient de trouver, pour vivre le moins mal possible.

7) C’est pourquoi « Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. ».
Et « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! » sont plus que jamais à l’ordre du siècle, parce qu’il ne faudrait pas qu’au nom d’un hédonisme naturaliste, l’essentiel de ce qui fait la vie des masses et la lutte de quelques-uns pour la perpétuer passe à la trappe.

23/07/2013 05:20 par Nomanches

Pétite précision : La civilisation Maya ne fut pas "broyée" par les conquistadors au meme titre que l’aztèque, car a leur arrivée elle était largement en déclin, et leur grandes cités avaient eté abandonnées depuis longtemps (cela n’as pas evité aux groupes mayas existant alors de se faire soumettre...) J’aurais preferé comme exemple les Incas au Pérou...

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