Les invisibles

Pour nombre d’entre eux, les sans papiers qui affrontent tous les dangers pour venir en Europe ne sont pas des profiteurs.

Ce sont des émigrés de la faim, chassés de leur pays par la misère consécutive aux désordres, aux dérèglements économiques qu’ont provoqué, chez eux, les différents pays d’Europe à la recherche de pétrole, de matière première, de terres agricoles, de main d’œuvre bon marché, de nouveaux débouchés… pour leurs firmes multinationales, ou bien de positions géo-stratégiques dans le cadre d’un nouveau partage du monde.

Qui a commandité les assassinats de Patrice Lumumba, Mehdi Ben Barka, Amilcar Cabral, Thomas Sankara, le génocide du peuple tutsi au Rawanda, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, demain Bachar Al-Assad ?…

Les responsabilités que portent les pays occidentaux dans cette situation leur créent des devoirs de réparation. L’aide, l’assistance, la coopération dues à ce titre sont seules de nature à régler, sur le fond, le problème de l’immigration.

Dans le même mouvement, les réfugiés arrivés en Europe ont besoin de toute notre humanité. L’exploitation qu’ils vont subir va se retourner aussi contre les travailleurs français. C’est pourquoi, plutôt que de cultiver des haines, ce sont des solidarités qu’il faut créer pour refuser -ensemble- de nouvelles dégradations des conditions de travail. Les invisibles de l’immigration et les invisibles du chômage n’ont, au final, qu’un seul et même exploiteur, celui qui pille là-bas et licencie ici ; c’est ensemble que tous les invisibles ont tout intérêt à le combattre !

COMMENTAIRES  

21/07/2015 12:05 par Arthurin

Les responsabilités que portent les pays occidentaux dans cette situation leur créent des devoirs de réparation.

Les mêmes « pays d’Europe à la recherche de pétrole, de matière première, de terres agricoles, de main d’œuvre bon marché, de nouveaux débouchés… » ? Dans une sorte de complexe du pompier pyromane ?

[Les exploiteurs] qui pillent là-bas et licencient ici, c’est ensemble que tous les invisibles ont tout intérêt à les combattre !

Oui, comment ? On se réuni sur une place, et au bout d’un moment on élit parmi nous, dans un magnifique effet Janis, ceux qui semblent le mieux pouvoir porter notre action, puis on les regarde se faire corrompre petit à petit par le système ? Ou alors on monte un parti politique qui nous dira ne pas être mandaté pour défendre nos intérêts, demandera un referendum pour faire le contraire de notre volonté ? Ou bien on se met en rang ordonné derrière nos syndicats en attendant qu’ils nous disent de ne pas lancer de générale illimité parce que ce n’est pas un moyen de lutte efficace ? Ou on se contente de gueuler devant la TV ou en écrivant un article ou un commentaire sur LGS ?

Ou, peut être, nous utilisons les outils à notre disposition pour déterminer démocratiquement ce qu’il y a lieu de faire ? Prendrons nous le temps d’analyser au préalable les limites d’un système démocratique pour tenter d’y pallier ?

Est-ce qu’un jour on va arrêter de palabrer pour enfin penser et faire ce qu’il y a à faire ?

04/08/2015 16:03 par GARDES

Oui, je suis d’accord avec la dernière personne qui s’est exprimée sur mon billet "Les invisibles".
Bien évidemment, cela me semble la question centrale : pas tant "que faire ?" mais, plutôt "comment faire ?"
C’est Mme Lagarde, l’actuelle directrice du FMI qui disait elle-même (je la cite de mémoire) "assez palabré, nous avons de pleines armoires d’écrits théoriques et d’analyses ; agissons/passons à l’action maintenant...".
Oui, mais comment faire pour déclencher le mouvement ?...

(Commentaires désactivés)