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Lettre d’un camarade à ses camarades CGT à propos de la lutte des "Gilets Jaunes"

Roland Diagne

Depuis le 17 novembre 2018, les travailleurs et citoyens "gilets jaunes" sont dans l’action contre cette énième agression contre nos intérêts de classe qu’est l’augmentation du prix du carburant par le biais d’une nouvelle taxe. Ce mouvement dans un contexte colonial prend la forme d’un quasi-insurrection populaire à l’Île de la Réunion.

Nous savons tous que le prétexte "écologique" à ce nouvel renchérissement de la vie des travailleurs et nos familles, est un faux et usage de faux permanent comme l’ont été tous les prétextes pour justifier la "loi travail", "les réformes Macron" que nous avons combattu avec courage de toutes nos forces sans les stopper.

Deux faits récents démontrent à suffisance le mensonge attrape-nigaud Macronien de "taxe pour l’écologie" : L’écolo-libéral de service qu’est N. Hulot, après avoir ravalé ses promesses non tenues, a jeté l’éponge sans aucune dignité et la longue grève de nos camarades cheminots contre une libéralisation-privatisation anti-écologique de la SNCF.

Nous savons aussi d’expérience qu’à chaque lutte que nous menons, l’intoxication et la manipulation gouvernementale, patronale et médiatique sont systématiques pour dénaturer, isoler notre combat voire dresser le reste de la population contre nous. Ces procédés montrent que le mensonge fait partie des méthodes de manipulation des exploiteurs capitalistes et de leurs commis gestionnaires de l’appareil d’Etat dans leur lutte de classe contre le monde du travail.

Rejetons le mensonge de "fascistes" pour caractériser la lutte des "gilets jaunes"

Dès l’annonce de leurs actions de blocage, les média-mensonges ont été utilisés le mot "taxe" pour dénoncer le "poujadisme". Ensuite a été mise en avant le fait que "c’est un mouvement pas organisé et sans leader" pour suggérer "la récupération par l’extrême droite". Pour jeter l’opprobe sur ces actions combatives de la colère populaire, la propagande bourgeoise et gouvernementale jusqu’ici férocement anti-syndicale, en particulier anti-CGT, a connu brusquement une mue pour vanter les "syndicats qui, au moins, déclarent leurs parcours, sont organisés et sont des interlocuteurs responsables" (sic !).

Contre cette révolte spontanée de masse (300.000 selon la police et 1 million 400.000 selon la presse étrangère), le gouvernement loue les services des "corps constitués" syndicaux présentés comme des démembrements républicains du système qui ne tolère le droit constitutionnel de manifester tant que çà ne bloque pas l’économie. C’est exactement par ce même procédé que limite la démocratie JC Juncker de la Commission Européenne quand il dit que : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ».

La caractérisation de "fascisme" des "gilets jaunes" est un sous produit de la caractérisation de "populiste" que l’on balance à tout propos dès qu’on fait référence au peuple. L’élite bourgeoise et ses thuriféraires ne supportent pas que la "populasse", les "prolos", les artisans, les auto-entrepreneurs, des Ubérisés, les petits commerçants ou patrons des PME et PMI, bref que le peuple se mêle des affaires de la cité, des affaires du pays et disent STOP à l’engraissement sans fin des Actionnaires du CAC40, des firmes monopolistes au détriment de tous.

QUI donc veut coûte que coûte nous faire croire que la colère populaire est "populiste"et "fasciste" ? Il suffit de voir les revendications qu’expriment le ras le bol de la vie chère et contre QUI (gouvernement et patronat) sont-elles avancées pour comprendre que la propagande de Macron taxant de "fasciste" et celle de l’extrême droite fasciste déclamant son "soutien" veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Macron cherche tout simplement à fabriquer l’adversaire dont-il a besoin. Le faux duel "droite/gauche" est démasqué, il s’agit maintenant de le remplacer par un autre faux duel "républicain/populiste", "européiste/nationaliste", "démocrate/fasciste".

REFUSONS D’ETRE LES IDIOTS UTILES QUI CONFONDENT LE DOIGT ET LA CHOSE QU’IL DESIGNE. C’est ce que nous devenons de fait si nous nous laissons prendre à ce piège qui nous met ainsi dans le camp du président ultralibéral Macron et des Multinationales de l’essence et du diesel. Refusons d’être des BRISEURS DE LUTTES contre des travailleurs en lutte au nom de la formule confusionniste et hypocrite selon laquelle "la CGT ne manifeste pas avec l’extrême droite", ce qui est une façon de dire que les "gilets jaunes sont fascistes".
Ce que nous devons retenir c’est la justesse et la légitimité des revendications que nous partageons et à partir de là faire en sorte que, comme dans les grèves que nous organisons, tous les travailleurs soient unis dans le combat sur la base de leurs intérêts de classe au delà de leur croyance, leur religion ou pas, leur choix politique personnel .

Les fascistes ne peuvent dévoyer que si nous faisons la politique de la chaise vide dans le mouvement social, que si nous leurs laissons par stupidité et trahison syndicale le terrain du combat social pour la satisfaction des revendications des masses contre la vie chère qui est synonyme de refus de la hausse des prix et donc de la baisse par ce moyen des salaires. La nature a horreur du vide.

Syndicalisme de classe et de masse

A peine 8% de syndiqués dont près des 4% sont CGT. Nous sommes loin de faire le plein du syndicalisme de masse et de classe. Nous savons tous que les taxes (tipp, csg, tva, etc) et la nouvelle taxe sur le diesel servent à FAIRE PAYER LA CRISE DU CAPITALISME, ses déficits, ses dettes, PAR LES TRAVAILLEURS.

Depuis 40 ans l’offensive libérale a pour objectif : LA BAISSE DES SALAIRES. Les principaux moyens pour réaliser cela sont la hausse des prix, le blocage des salaires, l’embauche de précaires dans le privé (intérim, cdd, saisonniers, journaliers, etc) et dans le public (vacataires, contractuels, cdd, cdi, etc). Tous les travailleurs du secteur privé et du secteur public sont de plus en plus frappés.

C’est se tirer une balle dans le pied pour le syndicalisme et en particulier pour la CGT que de se positionner en spectateur du combat des "gilets jaunes" au nom du fait que "ceux et celles qui sont dans l’action étaient absents du combat contre la loi travail et les contre-réformes Macron" ou encore parce " la hausse des salaires n’est pas clairement revendiquée", etc.
Être hors de cette expression massive du ras le bol par la mobilisation des "gilets jaunes" pour de tels prétextes, c’est se tromper de colère, c’est dévoyer sa colère contre d’autres travailleurs et non le patronat et son gouvernement, c’est donner un coup de sabre à la nécessaire unité des travailleurs, c’est marquer un but contre son propre camp au profit des patrons et de son gouvernement avant de se lamenter demain que les travailleurs ne répondent pas à notre appel.

Être avec eux et elles dans l’action, c’est justement faire grandir la conscience de la nécessité d’un cahier revendicatif mieux élaboré, de l’unité de classe et des masses pour stopper et vaincre les agressions anti-sociales du grand patronat et du pouvoir politique libéral à son service.

A y regarder de plus près, ce mouvement des "gilets jaunes" peut et doit être considéré comme l’entrée dans le combat social des "abstentionnistes" jusqu’ici très souvent non grévistes dans les combats que nous avons mené contre la destruction des conquis sociaux gagnés de haute lutte par nos anciens. Ils et elles sont aussi très souvent "abstentionnistes" dans les urnes lors des élections pour savoir qui parmi les politiciens au service de la bourgeoisie va régner pendant 5 ans.

Les "gilets jaunes" annoncent donc l’entrée en scène de la partie passive du monde du travail, celle qui avait confiance au système bourgeois, celle qui patientait jusqu’ici, celle qui acceptait de serrer la ceinture en attendant le "ruissellement promis".

Mais les "gilets jaunes" sont aussi ceux et celles qui commencent justement à comprendre qu’ils ont été les dindons de la farce du "ruissellement promis" alors que les fraudes fiscales et les dividendes (plus-value) en milliards d’euros des grands patrons du CAC40 s’étalent au grand jour.

Opportunité et tournant pour le syndicalisme CGT

Les luttes de ces dernières années après la lourde défaite sur la retraite de 2010 ont été marquées par une poussée combative de la CGT qui a montré à la fois le frein du réformisme opportuniste encore pesant à la tête et les limites de nos forces organisées de la base. De la loi travail, aux ordonnances Macron jusqu’à la dernière lutte des cheminots, la base CGT suivies de Solidaires, nous avons mené un combat qui, même si il n’a pas permis d’arrêter l’attaque patronale et gouvernementale, nous mettait sur le chemin de victoires à venir. Il y a énormément de luttes défensives et partiellement offensives dans les taules qui se soldent par des victoires partielles et locales.

NOTRE POINT FAIBLE EST LE MANQUE D’UN CALENDRIER DE LUTTES INTERPROFESSIONNELLES CONFÉDÉRALES, L’EXPRESSION CONFÉDÉRALE DE LA COLÈRE QUI SOURD DANS LES LIEUX DE TRAVAIL ET DANS LES FOYERS, LE REFUS DU PRETENDU "DIALOGUE SOCIAL" ATTRAPE-NIGAUD QUI CRÉENT UN CERTAIN MANQUE DE CONFIANCE DANS LE SYNDICAT DE LA PART DES TRAVAILLEURS SYNDIQUES OU NON SYNDIQUES MAJORITAIRES. N’oublions pas les scandales que l’adversaire de classe s’empresse de diffuser en confondant délibérément l’ivraie et la bonne graine syndicale.
L’intégration du syndicalisme dans le système de la République bourgeoise pour en faire un élément des "corps constitués" est à terme la mort du syndicalisme de classe et de masse radicalement défenseur des intérêts du monde du travail contre les intérêts du capital. Le mouvement des "gilets jaunes" hors du syndicalisme est une punition des dérives réformistes, carriéristes et de l’opportunisme du syndicalisme opportuniste trop perçu pas toujours à tort comme une caste aristocratique et bureaucratique légaliste qui n’organise plus la colère et la combativité revendicative des masses laborieuses exploitées. Ce syndicalisme là est bien entendu des composantes CFDT, FO, UNSA du "syndicalisme rassemblé" et qui par ce biais malheureusement déteint sur la tête de notre CGT.

Le mouvement des "gilets jaunes" fusionne salariés, retraités, chômeurs, précaires, artisans, paysans, petits commerçants, petits patrons de PME/PMI, etc. contre la vie chère. Il y a parmi eux des gens du peuple qui sont de droite, socialistes, anti-libéraux de gauche, communistes, anarchistes, sans étiquette politique pour la majorité et même d’extrême-droite. Ce qu’ils, qu’elles ont en commun, c’est le REFUS DE LA VIE CHÈRE DONT ILS, ELLES SONT VICTIMES. C’est là où réside la RAISON FONDAMENTALE DE NOTRE ENGAGEMENT AVEC EUX ET ELLES POUR STOPPER LA BROYEUSE SOCIALE QUI APPAUVRIT LE PEUPLE, LIQUIDE NOS CONQUÊTES DÉMOCRATIQUES ET DÉTRUIT NOS CONQUIS SOCIAUX.

Ce texte est un appel aux UL, UD, UP , CCN pour qu’à l’instar du NON AU TCE, LA CGT PRENNE TOUTE SA PLACE ET SOIT AVEC LES "GILETS JAUNES" POUR QUE VIVE LE SYNDICALISME DE CLASSE ET DE MASSE QUI A PERMIS DE GAGNER TANT DE CONQUIS SOCIAUX ET DÉMOCRATIQUES EN 36, 45, 68.

NOUS DEVONS ÊTRE DIGNES DE NOS ANCIENS ET MÉDITER CET ENSEIGNEMENT DU GRAND RÉVOLUTIONNAIRE PROLÉTARIEN SOVIÉTIQUE LENINE : "Quiconque attend une révolution sociale ’pure’ ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une révolution. (...) La révolution...ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoise et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement : sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible. Et tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais objectivement, ils s’attaqueront au capital, et l’avant-garde consciente de la révolution, le prolétariat avancé, qui exprimera cette vérité d’une lutte de masse disparate, discordante, bigarrée, à première vue sans unité, pourra l’unir et l’orienter, conquérir le pouvoir, s’emparer des banques, exproprier les trusts haïs de tous (bien que pour des raisons différentes) et réaliser d’autres mesures... dont l’ensemble aura pour résultat le renversement de la bourgeoisie et la victoire du socialisme".

Alors tous avec les "gilets jaunes" pour dire à MACRON le président des milliardaires : "Les automobilistes, les travailleurs, les sans papiers/réfugiés/migrants ne sont pas des vaches à lait".

21/11/2018

Roland Diagne

membre des Commissions Exécutives de la CGT Educ’Action Nord, de la FERC-CGT, de l’UD CGT Nord, de l’UL CGT Tourcoing.

COMMENTAIRES  

23/11/2018 02:15 par alain harrison

Bonjour.

« « La révolution...ne peut pas être autre chose que l’explosion de la lutte de masse des opprimés et mécontents de toute espèce. Des éléments de la petite bourgeoise et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement : sans cette participation, la lutte de masse n’est pas possible, aucune révolution n’est possible. Et tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs. Mais objectivement, ils s’attaqueront au capital, » »

« « « que l’explosion de la lutte de masse » » »
Nous ne sommes plus en 1917, où la révolution ne pouvait se faire que par les armes. Le Vénézuéla démontre que celle-ci peut se faire selon Jaurès :
« « Pour Jean Jaurès, la révolution socialiste n’est concevable que dans le cadre de la légalité démocratique, c’est-à-dire par une conquête graduelle et légale par le prolétariat des institutions parlementaires et de la puissance de la production. (le devoir de philos) » »
Je ne comprends pas, que la gauche ne voit pas cela. Même le Chili d’Allende a débuté sa courte vie ainsi. Il y a une cécité sans doute….

« « « petite bourgeoise et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement » » »
Dans la mesure que l’organisation du peuple (la gauche doit se réveiller) se fera autour de sa participation à la Constituante (la 6e République), le peuple apprendra à devenir le maître d’oeuvre...….
Le nouveau pacte social, cet outil a le potentiel de briser les clivages.

« « « objectivement, ils s’attaqueront au capital » » »
Sans la conception d’un nouveau paradigme économique, la faillite de toute alternative au système économique financier libéral est garantie.

Mais quand apprendra- t’on des leçons de l’Histoire ?

Du programme du CNR à la Constituante du Vénézuéla, en passant par Occupy et les gilets jaunes, un nouveau paradigme révolutionnaire prend forme.
Vive Jaurès.

23/11/2018 08:38 par CN46400

Réponse d’un militant de la CGT68 à un militant de la CGT2018,
1-La situation à la Réunion n’a rien ,ou si peu, à voir avec celle de l’hexagone. La bas on a du chômage en quantité mais peu d’automobiles et pas besoin de se chauffer.
2- On parle partout, maintenant, de pouvoir d’achat, mais jamais de salaire, est-ce un hasard ? En 68 la CGT parlait salaire, la CFDT parlait "révolution" et FO se taisait. Au plan politique, le PC parlait pouvoir d’achat, le PS et PSU parlaient révolution (ah ! Charléty avec Mendes et Rocard.....) et la droite faisait du Macron sans le savoir, pendant que les anars et les trotskistes s’alignaient, eux, sur Cohn Bendit.....
3- On fait appel à Lénine, reste à démontrer qu’ aujourd’hui à Paris la situation est comparable avec celle de Pétrograd en 1917. Et puis Marx aussi, a un point de vue (Voir le Manifeste) sur les "classes moyennes" qui "avant de passer au prolétariat" sont ’réactionnaires". Alors de gràce, que la CGT reste ouverte mais ferme sur ces revendications salariales, et sur ce terrain elle ne craint personne et surtout pas la famille de Montretout qui n’est qu’une carte, parmi d’autres, dans la main de la bourgeoisie !

23/11/2018 10:56 par legrandsoir

On fait appel à Lénine, reste à démontrer qu’ aujourd’hui à Paris la situation est comparable avec celle de Pétrograd en 1917.

Mais ce n’est pas de Pétrograd (1917) que parle Lénine (en 1916) : il énonce une vérité valable de tous temps et partout. Je ne sais plus quand quelqu’un a dit que la terre est ronde ou que 2+2= 4, mais c’est toujours vrai.
De plus, dans le texte complet, mais partiellement cité par GS et dans l’article de Lordon, Lénine parle plutôt de l’Europe et de l’Irlande. Pas de Pétrograd. D’ailleurs, le texte est antérieur à la révolution ("Bilan d’une discussion sur le droit des nations", 1916, Oeuvres tome 22).
MV

23/11/2018 08:44 par dan

C’est bien dit, et la phrase de Lenine est parfaitement adaptée à la situation et au mouvement actuel.
Je pense pour ma part que, comme syndicaliste, il est de notre devoir d’éclairer ce mouvement spontané en ciblant la responsabilité de notre accrochage à l’UE et à ses traités qui nous entrainent dans un ultra-libéralisme forcené, ces même traités que le peuple a rejeté en 2005. Cet arrimage à l’UE vident notre démocratie de son sens puisque quelque soit le vote exprimé ce sont les traités qui s’applique et c’est la Commission, des gens non élus et qui ont la plupart du temps été rejetés par le suffrage universel, cf Moscovici, qui décide du budget des états et donc quels programmes ils doivent mettre en œuvre.
Car c’est la raison pour laquelle les luttes qui sont menées par les travailleurs sont souvent défaites (cf lutte des cheminots, lutte contre la loi El Khomri, lutte contre la réforme des retraites etc...), ou si on obtient partiellement une revendication sur le plan national, celle-ci est remise en cause très rapidement à la suite car il y a le couperet qui tombe de l’échelon européen.
Il faut à mon sens pouvoir vraiment cibler ce blocage qui est du notre mise sous tutelle institutionnelle de l’UE.

23/11/2018 09:28 par AUBERT

Je n’ai qu’un mot BRAVO.

Je vais envoyer ce papier par mail et sur facebook, pour que les "révolutionnaires en parole" se transmutent en "révolutionnaires" des actes. Rien n’est gagné, mais c’est dans et par les luttes que les victoires se gagnent. / Fabrice

23/11/2018 13:19 par CN46400

@ MV
Bien sûr, j’ai écrit Pétrograd 1917 au hasard, j’ai pensé aussi au pope Gapone en 1905, mais sur le fond cela ne change rien. Et puis citer Lénine n’est, pour moi, jamais superflu. J’en profite pour noter qu’on parle d’une espèce de médiation de la CFDT, je prends les paris qu’il n’y sera surtout pas question des salaires. Comme quoi, que la CFDT soit à droite comme aujourd’hui, ou dans le gauchisme comme en 68, on peux être sûr que ce n’est pas elle qui mettra les salaires sur la table !

23/11/2018 17:55 par Fanjeaux Francis

Bravo Roland Diagne, j’approuve à 100% cet article qui est bien du bon cru d’Educ’Action dont j’ai longtemps médité et même si je coule une retraite méritée loin de la France, au Maroc, je suis très sensible à l(intelligence d’un tel propos ! Dommage que la CGT n’est pas accompagné ce train de révolte qui malgré quelques dérives va dans le sens de l’histoire populaire. Félicitation, je l’ai partagé sur mon mur Facebook.

23/11/2018 18:14 par yack2

Syndiqué pendant 40 ans .....j’ai renoncé.....Ils ne voulaient pas faire de politique......Ils ne veulent pas des gilets jaunes.....On va me faire croire qu’il n’y a pas de votant Fn à la CGT......Comment est-il possible que les directions ne sautent pas sur l’occasion ?....Education populaire,organisation de la lutte,stratégie de combat social ne sont-elles plus des savoirs syndicaux ?Il semble que dans ce domaine, aussi, la constitution de nos élites soit un TRES gros problème.....

23/11/2018 21:05 par Allô "le peuple"
23/11/2018 21:57 par CN46400

Yak2
"des votants FN à la CGT" et alors, pour les induire encore plus dans leurs divagations, il faudrait mélanger nos mots d’ordres avec ceux du FN ? abandonner la lutte pour les salaires pour la lutte contre les taxes, lâcher les bourgeois pour le valet de la bourgeoisie ? On a tendance, en France, à focaliser sur les nazis, mais quand un ex-socialiste a lancé des milliers de ses camarades, en chemises noires, à la conquête de Rome, çà a donné quoi ? La CGT est un syndicat de classe pas une amicale d’aventuriers !

24/11/2018 07:26 par yack2

CN46400, Mon propos n’est pas de soutenir les âneries du FN, mais de souligner l’inanité du "on ne manifeste pas avec les fachos". Si le Fn en est à ce niveau c’est par l’abandon politique de son électorat. Les problèmes posés par le FN ne sont pas de gauche ou de droite, ce sont les réponses qui le sont. En ne soutenant pas le mouvement des gilets jaunes on laisse le champs libre...Une fois de plus. De mon point de vue ce mouvement a besoin d’une" formation " politique afin que le ras le bol fiscal se transforme en justice fiscale et en éclairant ce que j’appelle l’impôt privé...Gaz, Edf ,mutuelles ,total etc etc. Ce n’est donc pas en restant sur le bord du fleuve qu’on changera son cours...Les fachos ne s’en privent pas

24/11/2018 09:45 par Assimbonanga

Vidéo de Michelle Tirone : Gilets jaunes, on y va ou on n’y va pas ? https://www.youtube.com/watch?v=5jAuHNS4WDw

24/11/2018 10:04 par Assimbonanga

Castaner a lu l’avenir dans sa boule de cristal. Pour cet après-midi, il prévoit des violences de groupes d’extrême-gauche. Sacré Castaner ! Il nous refait le coup du 1er mai. Lire ici, le site de Paris-Luttes.infos : https://paris-luttes.info/quelques-appels-a-rejoindre-la-11076 C’est eux l’extrême-gauche  ?
On sait très bien que lorsque les CRS veulent enclencher la violence, ils ont des techniques pour la provoquer. Ils peuvent aussi bien se faire discret, en retrait. C’est la décision qui vient d’en haut.

24/11/2018 11:15 par CN46400

@ Yak2
Dans mon bled, les gilets jaunes sont nombreux. dernière action en date : tag anti-impôts sur la perception (fermée un jour sur deux) et un gilet sacrifié sur les grilles d’une fenêtre. On est à 20km de la « patrie » de Poujade......

24/11/2018 12:22 par Autrement

À voir sur le blog de JLM, rubrique Facebook, la vidéo d’Alexandre : "Alexandre gilet jaune lillois appelle les Français à converger vers Paris pour dénoncer la politique de Macron qui taxe toujours plus le peuple pour donner toujours plus d’argent aux plus riches sous couvert d’écologie !
Macron n’est pas écologiste, il baisse le budget du ministère de l’environnement et détruit la SNCF !
DEMAIN le peuple se révolte."
En l’écoutant en entier, on pourra constater que ce gilet jaune a plus de conscience de classe que CGT et PCF réunis (du moins les directions, du moins pour le moment...).

24/11/2018 16:39 par Chrls

Je suis décu,je regardes les infos en continu(oui,bon hein) et je ne vois que des barricades de chantiers et des poubelles en feu.Parait même qu’une cellule de soutien psychologique est en cours pour qu’elles sortent jour de ramassage.Mais pas de vitres brisées ,pas de voitures cramées ?!. Fallait monter a Bruxelles ,c’est là-bas que ça se passe ,vous savez les GOPE .
Macron est juste un directeur technique qui recoit les directives du drh .

24/11/2018 22:32 par François de Marseille

@ cn46400 "il y a peu de voitures à la Reunion" : Vous allez en faire rire plus d’un avec celle là.

26/11/2018 11:04 par Buffaud

Excellente analyse de Roland Diagne. Après avoir systématiquement rejeté l’option d’une grève générale et laissé s’installer les réformes Macron 1, Rebsamen, El Khomri, démantèlement de la SNCF et ordonnances Macron pendant que s’épuisaient les militants dans des manifestations systématiques et stériles , dans des cortèges de plus en plus tristes, après avoir rejeté les convergences proposées avec les partis politiques de gauche, après avoir soutenu que seules les journées d’action étaient efficaces (cqfd !) et « que les manifs le week end ne servaient à rien », excluant de fait l’immense masse de celles et ceux qui ne peuvent faire grève à tout bout de champ, voilà pour couronner le tout que les dirigeants de la CGT emboitent le pas du discours macronnien selon lequel seule l’extrême droite est à la manœuvre derrière les gilets jaunes, sans même prendre la peine de vérifier ce qu’il en est réellement ...
CN46400 : revenez dans la vraie vie, car en vérité, les références à Lénine, Petrograd, mai 68 et je ne sais quoi ne font pas avancer les luttes des syndicalistes de 2018, pas plus que la situation des salariés, retraités et chômeurs qui vivent dans la misère et la précarité. Et c’est ici de cela qu’il est question.
Signé : Un militant CGT désabusé.

26/11/2018 15:51 par CN46400

@ Buffaud
La vraie vie c’est aussi l’expérience. Observez deux chiens de chasse, le plus efficace n’est pas toujours le plus jeune. Si, samedi dernier on avait écouté quelques anciens, on n’aurait pas vu, en boucle sur BFM et les autres, le spectacle organisé par la place Beauvau, qui donne le beau rôle à Jupiter !

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