Non, Mario Soares n’est pas notre « ami » … c’est le fossoyeur de la révolution qui a introduit l’UE et le FMI au Portugal !

Solidarité Internationale PCF

Qui est Mario Soares ? Lui dont l’héritage est désormais malgré lui à 88 ans, par certaines figures de la « gauche radicale » a fait du Portugal le laboratoire de l’intégration européenne, des plans d’austérité du FMI, de l’alliance atlantiste, du reniement de la social-démocratie.

Mario Soares, un modèle pour le PGE ? On n’a peine à y croire, mais c’est à si méprendre.

Alexis Tsipras n’hésite plus à se revendiquer du « socialisme » traditionnel, celui de Papandreou père, François Mitterrand, Felipe Gonzalez et ... Mario Soares, comme il l’affirmait en mai 2013 à Madrid, devant les dirigeants du PSOE.

Le 30 janvier 2014, L’ Humanité dimanche accordait sa une, et proposait un entretien exclusif avec l’ancien Premier Ministre portugais où il manifestait ses inquiétudes que faisait peser l’austérité sur l’avenir de la belle idée européenne.

Cunhal le communiste vs Soares le socialiste : les pires ennemis !

On se frotte les yeux. Soares est le principal responsable de la situation actuelle au Portugal, il a collaboré pendant trois décennies avec le FMI, l’Union européenne, l’OTAN, la droite portugaise et européenne la plus réactionnaire pour détricoter les espoirs de la révolution portugaise !

Dans les suites de la « Révolution d’avril », lui et Alvaro Cunhal, secrétaire du Parti communiste portugais, vont devenir les pires ennemis, Soares figure de la contre-révolution, Cunhal défenseur de l’approfondissement de la révolution.

Soares, prêt à s’allier avec la droite pour faire barrage au communisme et empêcher une révolution socialiste. Cunhal favorise lui le rassemblement populaire, pour gagner des conquêtes sociales dans la rue, progresser vers une démocratie avancée, étape vers la construction du socialisme.

Soares va gagner avec l’aide des Etats-unis, des grandes puissances européennes, de la bourgeoisie portugaise aux abois : depuis 1975, notamment avec l’intégration européenne, la classe dominante portugaise revient morceau par morceau sur tous les acquis de la révolution.

Grande coalition, plans du FMI, intégration européenne : c’est Soares

Le « premier gouvernement Soares » (en 1976), c’est celui où il entame le processus d’adhésion à la CEE (future UE), qu’il signera de sa main lors du troisième gouvernement Soares en 1985.

Le « deuxième gouvernement Soares » (en 1978) expérimente la « grande coalition » à l’allemande avec la droite du CDS – alors que Soares refuse toujours catégoriquement tout accord avec les communistes.

Le « troisième gouvernement Soares » (en 1983), nouveau gouvernement « PS-droite », appelle le FMI à l’aide pour sauver l’économie du Portugal et réaliser les « réformes structurelles », cela veut dire revenir sur les acquis de la révolution portugais, entamer la paupérisation du peuple portugais.

Soares dans le texte : «  il n’y a que deux fois – avec les deux plans du FMI de 1978 et 1983 – où le Portugal a eu une politique économique, réaliste, cohérente, adaptée aux moyens et ressources qui sont les nôtres, la seule qui permette à terme la relance et l’espoir ».

Drôle de combattant contre l’austérité !

Ronald Reagan : « le plus féroce anti-communiste que j’ai rencontré, il est des nôtres !  »

Quel meilleur hommage à ce défenseur inlassable de l’Union européenne, du FMI, des Etats-unis, cet anti-communiste acharné que cet hommage d’un certain Ronald Reagan, dont les carnets ont été récemment publiés, en 2009. Un hommage qui décape :

«  Le Premier-ministre Soares, le Portugais, nous a rendu visite. Il est extrêmement impressionnant. C’est un socialiste, mais il cherche toujours les investissements privés pour l’économie portugaise, et puis c’est un des anti-communistes les plus féroces que j’aie pu rencontrer ! Il soutient absolument notre pays, et l’Occident. On a eu des réunions fructueuses et positives. »

Quel bel hommage à l’anti-communiste Soares de la part du maître de l’anti-communiste Reagan ... Mais diable comment M.Tsipras et notre journal, L’Humanité-dimanche, peuvent-ils faire de Soares un modèle dans notre lutte contre cette Europe des monopoles ?

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-non-mario-soares-n-est-pas-notre-ami-c-est-le-fossoyeur-de-la

COMMENTAIRES  

07/03/2014 02:42 par ADSkippy

Je me rappel très bien de l’époque.
Soares est un traitre a la "révolution" et au peuple Portugais, une insulte a la démocratie et socialisme.

Aussi, il me me rappel a d’autres (pas)"socialistes" plus près de chez nous.

07/03/2014 02:52 par ADSkippy

...et j’ajouterais que sa place dans la "la poubelle d l’histoire" lui est réservées.

07/03/2014 08:27 par Scual

Je pense que ce que Tsipras veut dire, c’est que la "vraie" social-démocratie, c’est SYRIZA. Que c’est les "socialistes" actuels qui ont basculé à droite mais que lui n’est PAS d’extrême-gauche.

On peut dire des tas de choses sur ces déjà faux socialistes du passé, et je leur fais même pour certains le procès d’intention d’être exactement pareil que les actuels s’ils étaient au pouvoir maintenant. Mais en attendant ils représentent une autre époque, une autre manière de faire de la politique, des discours orientés complètement dans l’autre sens idéologique, bref ils représentent autre chose même si leurs actes parlaient souvent différemment de leurs discours.

Je ne sais pas si les raisons qui ont poussé Tsipras à le faire, ni le contexte dans lequel il l’a fait mais il ne fait absolument aucun doute que cela est en totale contradiction avec son refus radical de participer à quoi que ce soit avec le PASOK et les sociaux-démocrates européens actuels... S’il l’a dit j’aimerais donc bien savoir dans quelles circonstances et pour quelles raison avant de conclure que c’est un enfumeur de plus. Ça me parait un peu gros comme erreur.

Si quelqu’un a le lien vers l’intégralité de l’interview où il l’a fait, ça serait sympa de partager. En tout cas il serait logique que les gauches alternatives s’approprient le glorieux passé des partis socialistes qu’elles combattent aujourd’hui puisqu’elles en sont les vraies héritières. Simplement on aurait préféré des références à des Jaurès plutôt qu’aux instigateurs de la grande trahison dont notre époque actuelle n’est que l’aboutissement logique.

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