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Thème : Afrique

Retour sur le bide de Lomé

Kharroubi HABIB
L'annonce la semaine dernière par les autorités togolaises du report « sine die » du sommet israélo-africain qui devait se tenir dans la capitale de leur pays Lomé du 23 au 27 octobre relativise la « percée » africaine qu'Israël serait parvenu à opérer dans le sillage des visites effectuées à deux reprises sur le continent noir par son Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours des 16 derniers mois. Ce sommet israélo-africain devait en effet dans l'esprit de ceux qui en ont eu l'idée à Tel-Aviv être la traduction du résultat triomphal de l'offensive diplomatique menée en Afrique par l'Etat sioniste et l'occasion pour Netanyahu de faire la démonstration qu'il est parvenu à réaliser l'objectif qu'il s'est fixé en matière de politique étrangère sur le continent qu'il a résumé comme devant aboutir au « retour d'Israël en Afrique et de celle-ci en Israël ». Le report du sommet leur a causé du désenchantement car provoqué par une levée de boucliers sur le continent contre sa tenue qui a refroidi même des (...) Lire la suite »
Des documents militaires étasuniens secrets révèlent une constellation de bases militaires étalées sur tout le continent.

La machine de guerre étasunienne en Afrique (TomDispatch)

Nick TURSE

Pendant des années, AFRICOM a vendu la fiction que Djibouti est le site de sa seule « base » en Afrique. Alors que les États-Unis maintiennent un vaste réseau d’installations militaires dans le monde entier, avec des complexes militaires énormes et difficiles à ne pas voir en Europe et en Asie, les bases d’Afrique ont été mieux dissimulées.

Et les Russes ne sont pas les seuls étrangers qui occupent l’esprit de Waldhauser. Il se méfie également d’une « base militaire » chinoise qui se construit non loin du Camp Lemonnier, la grande base américaine installée dans la minuscule nation de Djibouti. « Ils n’ont jamais eu de base à l’étranger, et nous n’avons jamais eu de base […] un concurrent sérieux aussi proche d’une de nos bases que celui-là, a-t-il déclaré, cela entraine des problèmes de sécurité opérationnelle très importants. » Lors de cette conférence de presse, Waldhauser a mentionné encore une autre base, une américaine, exposée par le Washington Post, en octobre dernier, dans un article intitulé Les États-Unis ont secrètement élargi leur réseau mondial de bases de drones en Afrique du Nord. Cinq mois plus tard, le commandant de l’AFRICOM en semblait encore affligé. « L’histoire du Washington Post qui a déclaré ‘volant depuis une base secrète située en Tunisie’. Ce n’est pas une base secrète et ce n’est pas notre base […] Nous n’avons pas (...) Lire la suite »

Afrique. Famine attendue, hypocrisie postcoloniale

François CHARLES

Alors que, de par le monde, tous les médias s'accordent désormais pour voir advenir une famine gigantesque sur l'ensemble du continent, les causes, largement connues, sont non seulement passées sous silence, mais pire, préservées comme pour leur permettre de continuer de sévir.

FMI et Banque Mondiale à la manoeuvre Jusque vers la fin des années quatre vingt dix, l'agriculture africaine était structurée sur la base de l'organisation familiale, voire artisanale ou associative. En tout cas, à l'inverse des exploitations agricoles des pays riches, toujours à dimension humaine. Lorsque les pays occidentaux, souvent menés par les ex puissances coloniales telle la France et son réseau Françafrique*, décidèrent d'accélérer la spoliation du continent, ils firent intervenir, en même temps, leurs deux armes de destruction massive que sont d'un côté la Banque Mondiale et le FMI de l'autre. Ce fut alors, comme on disait auparavant "le bon temps des colonies", le temps de la néocolonisation, ou "recolonisation", ouverte. Les PAS (plans d'ajustement structurels), tels les nuages de sauterelles, se succédèrent alors les uns après les autres, toujours plus drastiques et toujours plus draconiens. Véritable chantage aux prêts assassins contre services publics et agriculture. Cycle infernal (...) Lire la suite »

Front Anti-CFA : Onde de désobéissance monétaire et financière

François Soulard, Guillermo Robledo, Eduardo Murua, Clelia Isasmendi

Sous l’impulsion du Front Anti-CFA en Afrique aura lieu le 11 février prochain une série d’activités coordonnées dans 25 pays et 3 continents pour dénoncer le colonialisme financier et monétaire et avancer des alternatives. Vers un front intercontinental pour un nouveau système financier et monétaire ?

Le monde est en pleine convulsion et ne cesse d’exhiber presque tous les maillons de son archaïque architecture politique et économique. L’économie n’y échappe pas et le séisme financier de 2007-2008 nous a révélé à quel point la logique néolibérale continue profondément à hégémoniser les agendas politiques et à évacuer ses contradictions sous forme de projets réactionnaires, néocoloniaux et excluants. Les chiffres portant sur les inégalités mondiales (1) fournis par le dernier rapport d’OXFAM reflètent en grande partie cette réalité. Pourtant, la transition vers un monde multipolaire et les contradictions du capitalisme elles-mêmes provoquent un retour du politique dans le domaine du système financier et monétaire. Ces systèmes ont suivi un encastrement continu dans la mondialisation à partir de l’ordre économique scellé à Bretton Woods en 1945 et au cours des quarante dernières années de globalisation néolibérale. Une vague de désobéissance citoyenne, depuis les bases sociales, mais aussi au niveau national et (...) Lire la suite »

Assez ne signifie plus assez en Afrique !

Omar CHAALAL

"Assez, ne signifie plus assez en Afrique !". Voilà qui explique qu’il est temps d’agir. Revoilà qui annonce le temps de contester ce qui ne va pas. On passe d’un scandale à un autre, d’une histoire à une autre ! Le temps d’essayer de faire du neuf avec du vieux est dépassé. La politique du rapiécé n’est plus une solution. Le ciel refuse d’améliorer notre situation là où il n’y a aucune possibilité de le faire d’en haut. Soyons prudents. Soyons conscients. Agissons dans le calme et le bon sens. Brisons la loi du silence ! L’Afrique est devenue le paradis des brigands. Mon honnêteté intellectuelle et mon éducation ne me permettent pas d’accepter ce scandale. L’Afrique est devenue le continent de la honte. Par respect pour leshonnêtes, j’évite de dire la poubelle du globe terrestre !

L'inquiétude me taraude quand je donne des conférences sur la pollution et son impact sur la santé. Je dis : "c’est normal comme tous les Algériens. L’inquiétude fait partie de notre nature humaine. Je suis un humain comme vous. Je constate que l’adjectif qualificatif normal a perdu son sens chez nous". Je m’inquiète quand on m’informe qu’en juin 1988, plus de mille fûts de déchets chimiques sont déversés par des Italiens sur la plage de Koko au Nigeria. Mon inquiétude est profonde quand je lis qu’en aout 2006, plusieurs tonnes de déchets toxiques sont déversées au port d’Abidjan. Ces déchets ont occasionné la mort d’une vingtaine de personnes et intoxiqué des dizaines de milliers d’autres. Ma peur s’aggrave quand j’apprends que les forces navales africaines sont incapables de surveiller leurs côtes. J’ai la trouille quand je réalise que l’Afrique est devenue une destination favorite de bateaux pirates qui encaissent des milliards de dollars pour transporter des déchets en Afrique. Je ne me sens pas bien (...) Lire la suite »
La longue et étonnante liste de ce que Cuba a fait à travers le monde

L’avenir est à vous, comandante Fidel

Rémy HERRERA

Cuba. En longs cortèges silencieux, dans la douleur et le recueillement, le peuple cubain en deuil a rendu un ultime hommage, fait de dignité et d’affection, à son Comandante en Jefe

Fidel Alejandro Castro Ruz. Figure de légende moderne. Comme lui, aucun autre. Avec lui, l’humanité entière, ou presque. Depuis ce soir du 25 novembre 2016, par millions, dizaines, sans doute centaines de millions, des hommes et des femmes ont témoigné leur respect, leur admiration pour le leader historique de la Révolution cubaine. Sur l’île bien sûr, et plus loin. Partout dans le monde.

En Chine, où l’on sait les efforts que déploya Cuba pour préserver l’éphémère unité d’un front commun des pays socialistes avant le schisme sino-soviétique ; et qu’elle fut la première des nations d’Amérique à reconnaître la République populaire, son aînée de dix ans, colossale à côté. En Inde où, depuis un abrazo, l’accolade à Nehru, sa popularité est devenue immense. Et que dire de Java, jadis saignée à blanc pour extraire l’écarlate, tout juste après Bandung, après qu’il eut reçu le kriss de l’amitié des mains de Sukarno ? Le Viêt-nam se souvient des milliers de Cubains s’étant portés volontaires pour combattre avec Hô Chi Minh qui fit le choix, afin de se libérer seul et fortifier sa propre révolution, de n’accepter que les civils venus soutenir le Viêt Minh. Au Laos, qu’aida aussi Cuba, tandis qu’un Bob McNamara civilisait la rive gauche du Mékong, en déversant napalm, défoliant, agent orange. Impérialisme et droits de l’homme en même temps, le bel exploit ! Trop forts ces « Ricains » : le flingot sur la hanche, ils (...) Lire la suite »

Esclavage, traites négrières et racismes arabes... sans indignation sélective

Luis BASURTO

Dénoncer les traites négrières... oui, mais toutes. Pas d'indignation sélective. N’oublions pas certains pays arabes, ni même certains pays d’Afrique noire.

Les traites négrières n'ont pas été l'apanage des Européens. Pour être plus exacts, les traites négrières ont été depuis le Moyen âge d'abord arabes, musulmanes, et ottomanes, sans entrer dans les détails de celles de l'Antiquité. Et bien sûr aussi inter-africaines, intra-africaines... Depuis combien de temps ? Arabes, venant de l'Arabie heureuse après l'année 622 DC, et Ottomans – dès le XVème siècle – capturaient et trafiquaient de bons Blancs européens dans les côtes de la Méditerranée, voire venant des terres bien à l'intérieur de l'Europe continentale. C'était toute une industrie, car certains de ces esclaves étaient rachetables moyennant le paiement de lourdes rançons. Le célèbre écrivain espagnol Miguel de Cervantes – auteur de Don Quichotte – fut un de ces esclaves-otages. Cela nous rappelle certaines pratiques bien de nos jours. Les racismes négrophobes arabes ont-ils précédé, été concomitants ou succédé aux trafics esclavagistes arabes ? Ce qui est sûr c'est que ces racismes sont bien la réalité de nos (...) Lire la suite »

Le Forum Social Mondial 2016 illégitime

KORRENTI DI ATIVISTA
Non, nous ne sommes ni tristes, ni déçus, ni amères. Nous sommes ahuris, incrédules et définitivement révoltés que ce Forum Social Mondial 2016 ait pu avoir lieu sans notre participation. Nous n'imaginions même pas que l'idée de l'absence de l'Afrique à cette rencontre 'mondiale' ait pu effleuré les esprits du Comité d'Organisation et plus largement de tous les militants altermondialistes quels qu'ils soient et d'où qu'ils soient. Non, nous n'acceptons pas que le boycott soit venu des 'empêchés' eux-mêmes et non pas de l'organisation du forum qui aurait dû faire ce travail au lieu de laisser toujours le sale boulot aux premières victimes de la violence institutionalisée des pays du G7 dont fait partie le Canada. Non, notre participation n'était pas 'fondamentale', elle était obligatoire et inconditionnelle. D'après Raphael Canet, coordinateur du collectif du FSM, la décision de la tenue de l'énènement au Canada a été prise afin essentiellement de 'dépasser la traditionnelle fracture Nord-Sud', or le (...) Lire la suite »

Une école de jeunes-loups africains pour un univers néolibéral impitoyable

Luis BASURTO

La dépolitisation des peuples est fondamentale, et celle des jeunes prioritaire, pour les projets du néolibéralisme planétaire, africain à l'occasion

Ce centre éducatif supérieur de l'île Maurice, l'African Leadership College (1), formant des jeunes leaders africains est un projet politique qui ne dit pas son nom. Il a une philosophie sous-jacente, une base théorique, mélangeant des postulats de Francis Fukuyama d'une part, et ceux d' Hernando de Soto d'autre part, pour n'en citer que ces deux. Le premier nous assenait ses thèses portant sur l'arrivée définitive de l'humanité à un horizon capitaliste - néolibéral - indépassable, dans le contexte de l'auto-dissolution de l'URSS en 1991. Les USA et ses théoriciens grisés par cette "victoire" stratégique de l'Occident furent frappés d'un manque fondamentale de discernement. Ils produirent ensuite des meilleures "perles" intellectuelles avec toute une génération de néoconservateurs, provoquant encore des crimes et tragédies dans les années 2000 avec la profusion de guerres qu'ils encouragèrent. Avec les guerres contre l'Afghanistan et l'Irak comme points d'orgue, dont nous héritons encore les (...) Lire la suite »
La politique est-elle une véritable vocation en Afrique ? Les hommes politiques doivent-ils éternellement se conduire en gribouilles ?

Etat et Sécurité : les Fleurs du mal de la démocratie en Afrique

Dr. YOUSSOUF Maïga Moussa
1-Des gouvernements de Maquignons Si d’aucuns pouvaient écouter le conseil avisé du philosophe Epicure, beaucoup d’hommes se seraient éloignés des affaires publiques : car dit-il « Il faut se libérer de la prison des occupations quotidiennes et des affaires publiques » (Sentences vaticanes 58). Pour le philosophe Epicure, la politique est le lieu de tous les tracas, de toutes les sordidités. Plus clairement, l’activité politique ne procure qu’intranquillité. Le philosophe Sénèque a compris dans le tard l’enseignement d’Epicure, et à ses dépends en ayant exercé des responsabilités politiques auprès du tyran Néron. Si pour les Grecs, la politique est par essence l’activité qui définit le mieux le vrai citoyen ; pour Epicure l’abstention politique [le vivre caché (lâthé biôsas)] est plus profitable que l’engagement politique. Plutarque en revanche n’est pas de cet avis, car écrit-il : « Je conçois la politique comme un puits dans lequel ceux qui s’y jettent par hasard et sans calcul en sont inquiétés et s’en (...) Lire la suite »
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