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Thème : Uruguay
Danser, du conventillo dans la rue

Journée nationale du candombe en Uruguay

Hernando CALVO OSPINA

Peut-être que cela venait de son nom, car tout au long de sa vie la lune l’accompagna davantage que le soleil. Rosa Luna dansait, surtout la nuit.

Conséquence de son faible niveau d’études et de sa grande pauvreté, elle dût travailler comme domestique alors qu'elle était encore une enfant. Tous les patrons cherchaient à abuser de ces femmes à leur service, et d'elle tout particulièrement. Elle partit se prostituer. Une nuit, dans un bar, elle tua son maquereau. Elle n'en pouvait plus des humiliations : « Lorsque j'ai eu du sang sur les mains et que j'ai pris la vie d’un homme à l’Antequera, c’était de la légitime défense. » L'histoire affirme qu’elle ne « resta pas dix minutes » en prison. Toutes et tous lui donnèrent raison devant la police. Elle pensait que parce qu'elle était jeune, noire, pauvre, putain et qu'elle avait assassiné un homme, elle deviendrait « un oiseau de la pire des espèces ». Non. Elle raconta dans son autobiographie Sin tanga y sin tongo (1) : « Ce fut ma conscience pure qui m’aida à aller de l’avant, en évitant les obstacles sur mon chemin ». Elle continua à fréquenter les bars, mais en dansant. Le monde s’arrêtait de tourner (...) Lire la suite »

Uruguay : Des lignes de bus à des « tarifs populaires » autogérées par les chauffeurs

Richard NEUVILLE

C’est l’une des rares coopératives de transports collectifs : en Uruguay, des chauffeurs de bus ont récupéré leur société d’autocars urbains, abandonnée par leurs patrons. Et ça fonctionne ! Des profits sont générés, des emplois sont créés, et les salaires augmentés. De nouvelles lignes de bus sont même ouvertes, malgré l’acharnement des grands patrons des sociétés privées et d’élus hostiles à la coopérative. Les usagers, eux, ont gagné la préservation de « tarifs populaires » accessibles, l’ouverture d’un centre culturel et d’une radio de quartier.

La ville de Colonia del Sacramento, la plus ancienne cité de l’Uruguay fondée par les colons portugais, est surtout connue pour la richesse de son patrimoine historique, qui lui a permis d’être classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 1995 [1]. Mais au hasard des déambulations dans le centre-ville, l’œil du visiteur est interpellé par l’apparition d’autobus rouge et noir, ornés d’énormes inscriptions latérales « Gestión obrera » (gestion ouvrière). Ces bus desservent la ligne qui relie le centre historique et le quartier Real San Carlos, au nord de la ville. Ils sont gérés par ABC Coop, une entreprise pas comme les autres. L’histoire d’ABC Coop débute en septembre 2001, quand les premiers signes de la crise économique argentine se répercutent dans le pays voisin. Les propriétaires de l’entreprise, endettés, décident d’abandonner celle-ci, purement et simplement. L’Uruguay entre en récession. Sur la rive d’en face, de l’autre coté du Rio de la Plata, les travailleurs argentins entreprennent la récupération (...) Lire la suite »

Large victoire du "Frente Amplio" en Uruguay

José FORT
Le candidat du Frente Amplio (Front Large), Tabaré Vazquez , a remporté dimanche le deuxième tour de l’élection présidentielle en Uruguay. Avec plus de 55% des suffrages selon RFI, le successeur de José « Pépé » Mujica qui ne pouvait pas se représenter, élargit l’assise électorale de la gauche, malgré une fin de campagne haineuse de la droite revancharde. Au mois d’octobre dernier, plusieurs titres de la presse française qui s’étaient déjà distingués en prévoyant le retour de la droite au pouvoir au Brésil et au Salvador, tenaient à peu près le même discours concernant les élections uruguayennes. Pour le plaisir, rappelons ce qu’écrivait « Le Monde » daté du 24 octobre 2014. « Le premier tour des élections présidentielle et législatives en Uruguay, dimanche 26 octobre, s’annonce serré. La coalition de centre gauche, le Frente Amplio (Front Elargi), au pouvoir depuis dix ans, pourrait perdre sa majorité parlementaire. Son candidat à la présidence, Tabaré Vazquez, qui fut le premier chef d’Etat de gauche de l’histoire (...) Lire la suite »
Mujica se distingue par son mode de vie, très éloigné du faste habituel de la fonction présidentielle.

Pepe Mujica : Le président "normal"

Chems Eddine CHITOUR
« Le pauvre, c'est celui qui a besoin de beaucoup » José Mujica. C'est par ces mots que le président uruguayen José Mujica a harangué ses pairs à la tribune lors du Sommet de Rio + 20 en juin 2012. Cette simple phrase nous donne l'opportunité d'expliquer le sacerdoce de cet homme « normal » qui ne se contente pas de donner des ordres, il donne l'exemple de ce qui doit être au service du peuple. Qui est Jose Mujica ? José Mujica Cordano, surnommé « Pepe Mujica », est un homme d'État uruguayen. « Ex-guérillero des Tupamaros dans les années 1960-1970, il a été détenu en tant qu'otage par la dictature (1973-1985). Amnistié au retour de la démocratie, en 1985, il abandonne la lutte armée pour s'engager dans la voie électorale, en cofondant le Mouvement de participation populaire (MPP). (...) Élu sénateur puis nommé ministre de l'Agriculture du gouvernement Vázquez, en 2005. Mujica démissionne en mai 2009 du MPP pour devenir le représentant de l'ensemble du Frente Amplio Il l'emporta aux primaires de juin 2009, (...) Lire la suite »
Medias : le Courrier International sort du lot (un p’tit tour et puis s’en va ?)

Enfin une « une » de média … « intelligente » !

Chien Guevara

Le Courrier International (groupe Le Monde, Télérama, la Vie...), hebdomadaire de l’oligarchie médiatique se fend d’un dossier qu’aurait pu publier le Monde Diplomatique. Un lecteur ébahi et charmé nous en fait part ci-dessous. Heureuse surprise en effet.

A la suite de l’article, vous trouverez une note du Grand Soir qui replace les choses dans leur contexte.

Merci au lecteur qui nous a envoyé cet article surprenant de bienveillance pour un président « normal » qui est tout le contraire de François Hollande.

LGS.

Le courrier international de cette semaine fait sa une avec ce titre : « Uruguay : le vrai président normal », avec juste en dessous « Pepe Mujica a fait de son pays un laboratoire politique qui séduit la presse sud-américaine ». Voici l'intro de ce dossier du courrier : « L'élection, en 2009, de José Mujica, deuxième président de gauche de l'histoire de l'Uruguay, ce petit pays souvent en avance sur son temps, aurait pu passer quasi inaperçue. Ce n'est pas le premier dirigeant de la région à ne pas appartenir au sérail politique. Et la presse tant latino-américaine qu'internationale l'a longtemps ignoré. Mais ce vieux guérillero rescapé des cachots de la dictature a une vraie particularité : il semble insensible aux sirènes du pouvoir, ­cultive son quotidien d'« homme normal », en refusant tout protocole et 90 % de son salaire présidentiel et en continuant à vivre dans sa ferme. Il dit ce qu'il pense - au grand dam de ceux qui souhaiteraient un président avec plus de prestance... Un président normal, un (...) Lire la suite »

L’Uruguay (et l’Argentine) dans la stratégie impériale

Raul ZIBECHI
En Amérique Latine, comme partout, la stratégie impériale n'a pas été tracée d'un seul coup et pour toujours, chose qui serait impossible par les changements permanents dans le rapport de forces qui se produit dans chaque lieu et pays de la région. Il n'y a pas non plus de « centre » impérial, dans le sens d'un espace réduit où un groupe, également réduit, de personnes dessine des objectifs et des tactiques pour les atteindre. Dans la mesure où l'empire est façonné par deux logiques différentes mais convergentes (territoriales et capitalistes, contrôle territorial et flux de capitaux), toute planification rigide et centralisée semble impossible. De telle façon que nous comprenons les stratégies de l'empire à fur et à mesure qu'elles se déploient. Ces jours-ci nous assistons à une mise en scène en Uruguay, deux semaines avant l'intronisation du gouvernement de José Mujica, d'une des thèses de David Harvey dans son livre Espacios del capital (Espaces du capital) : « L'État-nation est actuellement plus dédié (...) Lire la suite »
Uruguay

Vásquez demande de déclassifier des archives de la CIA sur les crimes en Uruguay

DIVERS

Le président uruguayen Tabaré Vázquez a sollicité par une lettre à son homologue américain George W. Bush la déclassification de documents de la Central Intelligence Agency (CIA) sur un meurtre et des disparitions forcées en Uruguay pendant la dictature (1973-1985), a informé ce lundi le gouvernement.

« Mon Gouvernement aspire à disposer de la coopération du Gouvernement des USA dans l'élucidation de tous les cas de disparitions et des violations des droits humains dans cette période pénible de l'histoire de l'Uruguay », reprend la missive qui est déjà en pouvoir du mandataire américain. La lettre a été remise par Vázquez après une commande du parti d'opposition "Partido Nacional" en mars dernier, dans le cadre de la recherche judiciaire sur le décès par empoisonnement en 1978 de Cecilia Fontana de Heber. L'avocat Javier Barrios, qui a demandé de réouvrir le cas du meurtre de Fontana au nom de législateurs du Parti National, dont le fils de la femme assassinée, le sénateur Luis Alberto Heber, avait remis en 2007 une demande à la CIA pour qu'elle envoie la documentation. En toute logique la CIA a alors répondu « nous avons placé du matériel (...) qui doit être considéré comme secret et par conséquent la révélation de ce dernier est refusé ». TeleSUR - Afp/mc - (...) Lire la suite »

L’ Uruguay à gauche le 31 octobre ?

Benito PEREZ
Vérité et justice, les clés d'un nouvel Uruguay ? Le Courrier de Genève, samedi 2 octobre 2004. Lille Caruso de Balbi place de grands espoirs dans les élections nationales du 31 octobre prochain. Selon la coordinatrice de la Commission des familles d'assassinés de la dictature, l'Uruguay du Frente Amplio ne peut admettre que se perpétue l'impunité des ex-tortionnaires. Nous sommes sur le point d'arriver au pouvoir ! » Le regard brillant de Lille Caruso de Balbi trahit l'émotion de toute une génération. A mesure que s'approchent les scrutins présidentiel et législatif du 31 octobre, comme des milliers de victimes de la dictature, la veuve du syndicaliste Alvaro Balbi vit l'espoir chevillé au corps. Si l'on en croit les sondages, les trois millions d'Uruguayens semblent déterminés à élire un président et un Parlement progressistes (lire ci-dessous). Une première pour ce petit pays coincé entre l'Argentine et le Brésil, à l'histoire pourtant jalonnée de luttes sociales emblématiques. Comme celles (...) Lire la suite »