Parlons (Inter) Net
Vivent la petite fille, le taureau et tous les autres

J’en vois qui passent d’une « marche blanche » à un rassemblement hostile devant des arènes.
Je les cherche dans les manifestations pour ces paysans qui mettent fin à leurs jours, ces salariés tués au travail à un rythme sempiternel, inassouvissable.
Je les imagine, inconsolables devant un crime villageois, mais exultant quand un torero fils du peuple se fait éventrer. Et ne sommes-nous pas tous indifférents aux pendaisons rurales, aux chutes d’échafaudages, aux écrabouillages dans une presse, aux carbonisations dans des cuves de métal en fusion, aux déchiquetages par explosions de matières capricieuses, aux dispersions de chairs plébéiennes, façon puzzle… ?
En 2023, plus de 600 000 accidents de travail ont été enregistrés par l’Assurance maladie, plus de 9 entreprises sur 10 ont déclaré au moins un accident de travail. Le chiffre des suicides des agriculteurs, 1 tous les deux jours, ou bien 12 par mois (seulement !) selon certains, est supérieur de 43,2 % à celui des assurés de l’ensemble des régimes de sécurité sociale.
La prochaine fois, je vous parlerai de tel ou tel migrant qui a commis un crime tellement médiatisé qu’on peut croire qu’il en commet un par jour et de ce journaliste de Libération, condamné dans le silence unanime de ses confrères (qui savent observer l’omerta des mafias) à 20 ans de prison pour 700 viols de ses belles-filles.
Les médias commandent les éclosions et les partages des indignations et des douleurs.
Théophraste R. Picador dans l’arène des médias.
PS. Les corridas : Francis Cabrel et Jean Ferrat.