Auteur Alain Garrigou
7 août 2014
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Dangereux dirigeants
Alain Garrigou
Comment peut-on nier l’évidence ? En étudiant les mécanismes de dissonance cognitive, Leon Festinger a élucidé ce mystère [1]. En s’attachant aux communautés millénaristes annonciatrices de la fin du monde, lesquelles refusaient d’admettre — sinon sur un calcul — s’être trompées lorsqu’elle n’advenait pas, il pointait des individus auxquels on attribue au moins un soupçon de folie [2]. Son analyse des dénis de réalité conservait un parfum d’irrationalité finalement rassurant. Il faut cependant convenir que la défense opposée par l’homme de foi à la réalité qui le dément s’applique très généralement à l’homme politique : « Supposons qu’un individu croit de tout cœur à quelque chose. Supposons aussi qu’il est engagé et a commis au nom de cette conviction des actes irréversibles. Supposons enfin qu’on lui fournisse la preuve incontestable et sans équivoque du caractère erroné de sa croyance. Que se passe-t-il bien souvent ? Non seulement l’individu ne sera pas ébranlé mais il en (…)
3 mars 2009
Sarkozy est-il diplômé de l’Université ?
Alain Garrigou
par Alain Garrigou, Professeur de science politique à l'université de Paris X Nanterre (texte déposé sur le site de la Fondation Copernic
L'histoire universitaire et le rapport malheureux de Nicolas Sarkozy à celle-ci permettent de comprendre la politique de mépris qu'avec constance ses affidés développent à l'endroit de la recherche et des chercheurs, de l'université et des universitaires. Preuves à l'appui.
Les propos de Nicolas Sarkozy sur l'université et la recherche trahissent une implication personnelle qui n'obéit pas seulement à la centralisation présidentielle du pouvoir. Il ne suffit pas de mettre en cause les conseillers et la plume du discours du 22 janvier 2009 sur « une stratégie nationale de recherche et d'innovation » alors que des passages improvisés de cette allocution prennent un ton acrimonieux et que bien d'autres interventions confirment un solide ressentiment.
Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy s'en prenait par exemple à celui qui avait (…)
