Auteur Alkis Antoniadis

Yanis de retour de l’île d’Elbe

Alkis Antoniadis

"Varoufakis, après son émancipation, a évolué sur trois niveaux parallèles. Le premier a été de de se défendre, et il a bien fait, face aux agressions qu’il a subies de la part des PME, le deuxième a été de retirer un bénéfice politique de sa notoriété en faisant une tournée européenne et mondiale pour la promotion de ses livres, et le troisième a été d’essayer d’entraîner des hommes et des femmes de gauche dans l’impasse d’une réforme de l’UE. C’est là quelque part que sa légende a commencé à chanceler..."

Peu de temps avant le référendum de 2015, j’eus cet échange avec un camarade espagnol : Dis-moi, si je me rends demain au centre de Séville et que je demande au premier inconnu que je rencontre s’il connaît Tsipras, que va-t-il me répondre ? Laisse-moi réfléchir. Ça dépend sur qui tu tombes. S’il a une culture politique, il saura qui il est ou alors s’il a vu sa photo dans le journal, il saura le reconnaître. Mais celui qu’il reconnaîtra à coup sûr, c’est Varoufakis. Vraiment ? Oui, à 100%. Et même, l’autre jour une de mes connaissances m’a dit que Yanis est quelque chose comme un Napoléon Bonaparte contemporain qui s’en est pris à toutes les cours d’Europe et veut fonder une autre Europe. L’hyperbole me fit rire, mais je me trouvais surtout en pleine confusion. Je devais faire coïncider deux pensées contradictoires dans mon cerveau. D’un côté, j’abordais Varoufakis avec défiance, le considérant comme un bourgeois, un économiste keynésien, sans aucun rapport avec la Gauche, (…)

QUE NOTRE « NON » RÉSONNE DANS TOUTE L’EUROPE

Alkis ANTONIADIS

« Malgré la terreur exercée par les médias et les Institutions, pour le peuple grec, le dilemme est clair. Soit nous votons pour l’abolition des mémorandums et l’ouverture d’une nouvelle voie porteuse d’espoir, soit nous votons pour la continuation de l’austérité, de la pauvreté et de la misère pour les 50 années à venir.

Soit nous reconnaissons que, pour la première fois, notre pays lutte pour casser le cercle vicieux des politiques de la terreur pour le bien des peuples de toute l’Europe, soit nous entérinons par notre vote notre soumission à ceux qui ont transformé notre vie en cauchemar depuis des années. Soit nous donnons un mandat pour poursuivre sans hésitations l’effort en faveur des couches populaires les plus démunies et des classes qui souffrent de l’austérité sauvage, soit nous donnons raison aux gouvernements de Samaras, Venizelos, Papandreou, Papadimos qui nous ont menés jusqu’ici. Soit nous choisissons de restaurer la démocratie dans notre pays et de décider nous-mêmes de notre avenir, en termes directs et absolus, soit nous permettons que les décisions soient prises dans les conclaves fermés des institutions européennes. Soit nous nous rendons compte que nos intérêts sont autres, opposés à ceux des riches qui organisent la campagne du OUI, soit nous décidons par notre vote de (…)