Auteur Ciro Tappeste
2 mars 2013
Les élections italiennes et la « gauche de la gauche »
Ciro Tappeste
Comme nous l’avons souligné [1], SEL, une formation issue de Refondation Communiste à la suite de la désastreuse expérience de soutien au gouvernement Prodi entre 2006 et 2008, a fait partie de la coalition menée par Bersani. En échange de quelques postes à la Chambre et au Sénat, Nichi Vendola a donc agi en caution de gauche du PD austéritaire, au moment même où, dans les couloirs, les négociations avec la coalition de Monti allaient bon train.
Le discours de Vendola, dont on connaît ici aussi la petite musique, consistait à dire que plus on allait renforcer le poids de SEL au sein de la coalition de centre-gauche, plus on faisait contre-poids à Monti. Comme SEL s'était engagé à respecter à la lettre l'ensemble des engagements économiques et financiers pris par le Professore pour 2013, il ne s'agissait donc que de pure hypocrisie.
Ancien modèle, pour certains, de « nouveau parti de gauche radicale large » au cours des années 1990 et 2000, Refondation Communiste, en crise profonde depuis sa participation au gouvernement Prodi, avait choisi d'intégrer une coalition « de la société civile » hétéroclite alliant les Verts, les Communistes Italiens, l'Italie des Valeurs de Di Pietro et surtout des juges et magistrats « de gauche » comme Luigi de Magistris, maire de Naples, ou Antonio Ingroia, tête de liste de la coalition Révolution Citoyenne (« Rivoluzione civile »). Défendant un programme axé sur la défense de la moralité (…)
2 mars 2013
Incertitudes et crise politique en Italie après les élections
Ciro Tappeste
Avec le scrutin des 24 et 25 février le grand patronat italien, Confindustria, et les partenaires européens de Rome espéraient voir arriver au pouvoir un gouvernement stable, assurant la continuité des politiques d'austérité mises en oeuvre par Mario Monti, « le Professore », au cours de ces quinze derniers mois. Ce n'est pas un hasard si, au moment de la publication des premiers sondages sortie des urnes favorables au centre-gauche, lundi à 15h, à la clôture des bureaux de vote, Piazza Affari, la Bourse de Milan, faisait un bond de 4% : le Parti Démocrate (PD) de Pierluigi Bersani était donné gagnant et semblait en mesure de constituer une majorité et à la Chambre et au Sénat pour gouverner. L'un des principaux porte-paroles démocrates, Enrico Letta, se disait confiant et prêt à ouvrir une nouvelle période dans la politique italienne, « la III République ».Mais c'est tout le contraire au final qui est arrivé. Le pays est plongé dans une crise politique inextricable, au plus grand (…)
Démission de Monti et élections anticipées en Italie
Ciro Tappeste
Merkel et Hollande, Wall Street et la BCE sont inquiets du nouvel épisode d'instabilité du feuilleton politique italien. Avec la décision du parti de Berlusconi de retirer son soutien au gouvernement technique de Monti et l'annonce de la démission du Président du conseil, l'Italie semble replonger à nouveau dans une période d'incertitudes. Mais pour les travailleurs et la jeunesse, c'est l'incertitude quant à l'emploi et les conditions de vie qui priment, et les treize mois de gouvernement du « Professore » n'ont fait qu'approfondir les attaques contre le monde du travail et les classes populaires. C'est la raison pour laquelle la bourgeoisie européenne verrait d'un bon oeil un retour de Monti aux affaires, que ce soit à la présidence du Conseil ou à la présidence tout court, après les élections anticipées qui auront lieu début février. Les raisons du départ de Silvio à l'automne 2011
Silvio Berlusconi avait été bonnement et simplement vidé de la présidence du Conseil en octobre (…)
30 mars 2012
Seuls les travailleurs, les paysans et la jeunesse sauront se défaire du régime dictatorial de Bachar Al-Assad et libérer le pays
Ciro Tappeste
Des morts par milliers, trente mille réfugiés en Turquie et au Liban, deux cent mille déplacés dans le pays, des prisons pleines de prisonniers politiques, des manifestations réprimées dans le sang, des villes assiégées par les blindés de l'armée, un pouvoir qui montre son visage le plus cynique et brutal, des tractations de couloir entre les principales puissances impérialistes pour accorder leurs violons au sujet d'une possible intervention ou, a minima, le renforcement des sanctions actuelles, afin d'essayer une dérive incontrôlée de la situation qui pourrait leur nuire également. Pourtant, les manifestations continuent, envers et contre tout. Voilà le visage qu'offre aujourd'hui la Syrie, un an après les premières explosions de colère dans la ville de Deraa.
Un mouvement déterminé, par delà la propagande impérialiste et celle du régime
Parallèlement on assiste à une véritable guerre de communiqués entre la propagande du régime d'Al-Assad et les médias pro-impérialistes, (…)
20 novembre 2011
La chute de Berlusconi
Ciro Tappeste
Pourquoi la démission du Cavaliere ne signifie pas la fin des politiques anti-ouvrières et antipopulaires en Italie ?
Par Ciro Tappeste
Silvio Berlusconi est la seconde victime collatérale de haut vol de la crise qui est en train de secouer la zone euro et, plus largement, l'Union Européenne. Accroché au pouvoir depuis des mois en dépit d'une majorité parlementaire brinquebalante, ce sont ses plus étroits collaborateurs qui l'ont poussé vers la sortie le 8 octobre à la suite de son entrevue avec le Président de la République Giorgio Napolitano. Ce dernier, à la suite des pressions réitérées exercées par les différents gouvernements de l'UE, notamment par Paris et Berlin, a ouvertement exigé de lui qu'il se retire.
L'Italie n'est pas seulement durement touchée par la crise actuelle qui aggrave encore plus l'état de santé anémique de son économie dont la croissance est largement à la traine par rapport à ses partenaires de l'UE depuis plus de quinze ans. L'instabilité politique (…)

