Auteur Claude MATTIUSSI

Cinquantenaire du mouvement révolutionnaire étudiant de 1968

Claude MATTIUSSI

Le 14 février 1968, cinquante mille étudiants et étudiantes résidant en cité universitaire abolissaient par un mouvement coordonné au plan national le règlement intérieur des cités universitaire en ne respectant plus à partir de ce jour ses interdictions et en imposant leurs libertés de circulation et de visite. La première vague du mouvement révolutionnaire étudiant de 1968.

Sur les quelque 500 000 étudiants de l’époque environ, 50 000 d’entre eux étaient hébergés en cités universitaires où ils bénéficiaient de loyers modiques. Ces cités étaient séparées en cités pour les étudiants et pour les étudiantes [1]. Elles étaient soumises à un règlement intérieur qui interdisaient de recevoir dans leurs chambres toutes visites féminines pour les étudiants (sœur, amies, petites amies, fiancée et même épouse [2]) et toutes visites masculines pour les étudiantes (frère, amis, fiancé et époux), alors même que nombre de résidents et résidentes étaient majeurs, ayant plus de 21 ans (la majorité à l’époque était de 21 ans). Les associations des résidents demandaient la liberté de circulation et de visite dans les cités et l’annulation du critère d’annuité limitant à trois ans le séjour en cité U condamnant les étudiants des milieux modestes à ne pouvoir suivre que des études courtes de licence. Devant le mépris et le refus de l’administration de négocier et de (…)
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Questions de genres

Claude Mattiussi

Messieurs de l’Académie, excusez mon audace, puis-je attenter à votre divine quiétude sous la coupole et vous interpeler un instant d’éternité pour vous soumettre une question de genre ou plutôt le problème délicat de l’accord, de la concordance des genres humains et grammaticaux ?

Certaines féministes, extrémistes de leur genre sexué, revendiquent et veulent imposer, comme reconnaissance de leur talentueuse féminité, la féminisation de certains mots communs dont l'usage séculaire ne connaît que le genre grammatical masculin. Ainsi en va-t-il notamment pour professeur, écrivain, auteur, ces professions des belles lettres. L'usage se répand chez les journalistes et parmi les universitaires d'une féminisation telle que professeure, écrivaine, auteure, docteure en ajoutant un "e" novateur à la fin du mot introduit par un article féminin. Et des querelles enflamment même l'hémicycle parlementaire pour l'appellation de "madame la Ministre" ou de "madame le Ministre", alors qu’au sénat on fait usage, sans polémiques, d’un "madame le rapporteur des lois". Alors messieurs les Académiciens et mesdames les Académiciennes, faut-il accorder le genre féminin à tous ces estimables titres pour en reconnaître et légitimer la femme qui les porte au-delà des cas usités comme (…)