Auteur IBRAHIM
22 février 2016
Djibouti : peur sur la cité-État à l’aube de la présidentielle
IBRAHIM
Au pouvoir depuis 17 ans, Ismaïl Omar Guelleh a confirmé début décembre 2015 son souhait de briguer un quatrième mandat présidentiel. Réélu avec 100 % des voix en 2005 faute de concurrent et 81 % en 2011 face à un concurrent jugé « factice » par ses opposants, IOG avait pourtant juré qu'il ne se représenterait pas en 2016. Mais, comme en 2011, il a finalement été contraint de « se plier à la volonté des Djiboutiens en acceptant de briguer un nouveau mandat » (sic).
Les détracteurs d'ismael Omar Guelleh ne sont évidemment pas touchés par ce « sacrifice ». La coalition d'opposition l'Union pour le salut national (USN) refuse au contraire de participer à l'élection présidentielle, estimant que l'accord-cadre signé avec le pouvoir en 2014 et qui prévoyait une réforme de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) n'a pas été respecté.
Cet accord-cadre, qui mettait fin à deux années de crise politique violente entrainée par les résultats contestés des élections législatives de 2013, visait à convertir la Céni en un organe paritaire. Pourtant, réactivée en janvier 2016, celle-ci est toujours régie par un décret de 2010. Ses membres sont désignés par le gouvernement, le Parlement, la magistrature et incluent des représentants du parti et de la société civile. Pour Daher Ahmed Farah, porte parole de l'USN, les choses sont claires : « Pas de Céni, pas d'élections. Ce sont en fait sous des casquettes différentes des gens fidèles au régime. (…)
10 mai 2015
Djibouti, droits de l’homme et liberté de la presse en berne
IBRAHIM
L'opposition politique, à Djibouti, a retrouvé certains droits, à l'approche de l'élection présidentielle de 2016. Toutefois, les droits de l'homme en général, et la liberté de la presse en particulier, sont encore largement bafoués par le régime du président Ismael Omar Guelleh.
Comme chaque année, l'Organisation non gouvernementale (ONG) Reporters sans frontières (RSF) a publié, début février, son classement sur la liberté de la presse à travers le monde. De l'avis général, l'année 2014 ne sera pas à marquer d'une pierre blanche ; selon RSF, la liberté de la presse a même connu une « régression brutale » en douze mois. D'un côté, il fallait s'y attendre, certains pays, gangrenés et littéralement pris en otages par les diverses factions terroristes du globe – Nigéria par Boko Haram, Irak et Syrie par l'Etat islamique – affichent un piètre résultat. De l'autre, certains Etats, que la conjoncture géopolitique actuelle n'ébranle pourtant pas, se positionnent tout en bas du (…)

