Marion d’Allard
Hier (jeudi 9 octobre) la ministre de l’Écologie et du Développement durable a reporté sine die l’écotaxe poids lourds sous la pression des transporteurs.
« Ségolène Royal et Alain Vidalis, après avoir échangé avec les responsables des fédérations professionnelles de transport routier (...), décident de suspendre sine die le dispositif de l’écotaxe. »
En quelques phrases sur un communiqué de presse, les ministres de l’Écologie et des Transport ont signé, hier, un des plus emblématiques renoncements de ce quinquennat.
Les transporteurs avaient posé un ultimatum au gouvernement promettant une journée de mobilisation lundi. Ils ont remporté la partie et suspendu leur mouvement.
« La moindre demande du patronat est toujours acceptée, sans aucune contrepartie. Nous sommes de plus en plus remontés. » Pour Jean Delaunay, responsable de la branche transport routier à la fédération CGT des transports, la coupe est pleine. « Depuis juillet 2013, les transporteurs ont tout fait pour reculer l’échéance alors que, même dans le dispositif initial de l’écotaxe, ils n’avaient qu’un rôle de collecteurs, chargés de répercuter le prix de la taxe (…)
Marion d’Allard
Les salariés de l’usine d’Amiens-Nord retiennent deux cadres de l’entreprise. Ils réclament l’ouverture de négociations. La direction du site de Goodyear à Amiens-Nord pensait sans doute s’en tirer à peu de frais face aux salariés de l’usine condamnée, venus réclamer l’ouverture de vraies négociations. Pari perdu. L’entrevue a duré plus longtemps que prévu.
« Nous avions rendez-vous avec le directeur du site hier matin à 10 heures, mais nos questions sont une nouvelle fois restées sans réponse », raconte Franck Jurek, élu CGT et secrétaire adjoint du comité d’entreprise de Goodyear. À 10 h 30, les 200 salariés de l’équipe de nuit présents sur le site n’ont laissé repartir ni le directeur de la production Michel Dheilly ni le directeur des ressources humaines Bernard Glesser. « En un an, nous avons perdu près de 14 procédures en justice. À la suite d’une réunion de bureau samedi, on a décidé, avec les ouvriers, qu’il fallait qu’on change de braquet », explique Franck Jurek. Les deux cadres du site d’Amiens-Nord « sont bloqués dans une des salles et ne seront pas relâchés tant que nous n’aurons pas de réponses », poursuit le syndicaliste.
Promise à la fermeture depuis janvier dernier, l’usine de pneumatiques Goodyear d’Amiens-Nord laisse sur le carreau 1 173 salariés, déterminés aujourd’hui non plus à sauver leurs emplois mais « à (…)
Marion d’Allard
La grève à la SNCF du 24 décembre fut un coup de semonce au gouvernement qui, en vue de l’ouverture à la concurrence, veut scinder en trois le système ferroviaire. Depuis lundi soir 19 heures et jusqu’au 25 à 8 heures, les cheminots, à l’appel des syndicats CGT, Unsa et SUD rail, rejoints par FO et First, sont en grève. Un mouvement dans le prolongement de celui du 13 juin dernier, contre la réforme du système ferroviaire portée par le gouvernement et son application anticipée par les directions de la SNCF et de RFF.
Dans un communiqué commun, la CGT, l’Unsa et SUD rail réaffirment que : « le projet de loi de Frédéric Cuvillier (ministre délégué aux Transports – NDLR), prôné par le président de la SNCF, ne répond pas aux exigences d’un service public ferroviaire de qualité et aux conditions sociales de haut niveau nécessaires pour les cheminots ».
Cette réforme réorganise en profondeur la gouvernance du rail en créant deux établissements publics (Epic), infrastructure et exploitation, chapeautés par un troisième.
Les syndicats alertent depuis des mois sur les dangers d’un tel éclatement, synonyme de « vente à la découpe » et préparant, en douce, à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs à l’horizon 2019 sur injonction de Bruxelles.
« Dans les faits, le projet crée trois entreprises publiques. Cela ne garantit ni la cohésion économique ni la cohésion sociale et encore moins la cohésion technique nécessaire », répète Gilbert Garrel, secrétaire général de la (…)
Marion d’Allard
Thierry Lepaon et Laurent Berger ont appelé
les autres syndicats
au rassemblement.
« La gravité de la situation interpelle tous les acteurs, parmi lesquels les organisations syndicales. » Dans une courte lettre estampillée des deux logos de la CGT et de la CFDT, et adressée aux dirigeants des six autres centrales syndicales (Unsa, Solidaires, CFE-CGC, FSU, CFTC, FO), Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, et Laurent Bergé, secrétaire général de la CFDT, ont appelé, vendredi, leurs homologues au rassemblement.
Inquiétudes grandissantes :
Considérant que « la situation politique, économique et sociale que connaît notre pays provoque des difficultés et une inquiétude grandissantes chez les salariés, notamment en matière d’emploi et de pouvoir d’achat et, plus généralement, chez les citoyens », la CGT et la CFDT font front commun et alertent sur le fait que « la société, en proie au désarroi, peut se laisser entraîner par l’expression des pires populismes ».
Thierry Lepaon et Laurent Bergé invitent les secrétaires généraux et présidents des autres (…)