auteur Benito PEREZ
25 janvier 2019
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Venezuela : « Un coup contre le droit international »
Benito PEREZ
Dernier expert onusien à s’être rendu au Venezuela, l’Etasunien Alfred de Zayas dénonce la tentative de renversement de Nicolas Maduro et plaide pour une médiation onusienne.
La tentative de coup de force du président du parlement vénézuélien et de ses alliés continentaux a ravivé les tensions dans le pays latino-américain. Pour nombre d’observateurs, la non-reconnaissance du président, Nicolas Maduro, tant par l’opposition que par la plupart des Etats de la région ferme de facto la porte à un dialogue national de sortie de crise. Une polarisation sans fin qui pourrait entraîner le pays vers la guerre civile, craint le juriste étasunien Alfred de Zayas, dernier expert des Nations Unies à avoir visité le Venezuela, en 2017.
Si le professeur de droit à la longue carrière onusienne n’est pas tendre avec la manœuvre de l’autoproclamé président Juan Guaido, il est encore plus sévère avec son propre pays. Interview. * * *
Comment avez-vous réagi à l’autoproclamation de Juan Guaido et à sa reconnaissance par de nombreux pays, dont les Etats-Unis ?
Alfred de Zayas : Nous assistons à une rébellion contre le droit international et contre le principe (…)
Il faut sauver le symbole Assange
Benito PEREZ
Deux mille trois cent cinquante-deux jours sans goûter à l’air libre. Depuis bientôt six ans et demi, l’activiste australien Julian Assange vit reclus dans l’ambassade équatorienne à Londres, soumis à des conditions de vie inhumaines. Confiné dans une petite chambre sans lumière du jour, privé de communications externes et de visites pendant six mois, M. Assange a vu sa santé décliner. Sans accès aux soins adéquats : la moindre sortie signifierait pour lui arrestation (1) et extradition vers les Etats-Unis.
Il aura fallu l’intervention, fin octobre, de deux rapporteurs spéciaux de l’ONU pour rompre le blocus imposé par Quito à son hôte et autoriser à nouveau ce à quoi n’importe quel détenu de droit commun a droit. Sauf pour le droit à la parole qui lui est toujours dénié.
Pour ses soutiens, dont l’ex-président Rafael Correa qui lui avait accordé asile et nationalité, il ne fait pas de doute que le nouveau pouvoir équatorien, plus proche de Washington, veut se débarrasser de (…)
31 août 2016
TTIP : Ne pas crier victoire !
Benito PEREZ
Stop ou encore ? Les négociations sur le Traité transatlantique de libre-échange (TTIP ou TAFTA) ont suscité un curieux pas de danse entre le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, et la porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas. Pour le premier, interviewé dimanche par la TV allemande, le TTIP serait « de facto » enterré, vaincu par le refus des Européens de se « soumettre aux exigences américaines ». La seconde, elle, a affiché lundi un bel optimisme quant à un bouclage de l’accord avant la fin de l’année.
Qui dit vrai ? Qui dit faux ? Probablement, les deux ! Car si une signature avant 2017 parait utopique, son enterrement l’est tout autant. Concrètement, les négociations – menées par la Commission mais devant être validées par les États et le parlement européen – achoppent sur un calendrier électoral très défavorable. Tant Hillary Clinton aux États-Unis que François Hollande en France ou Angela Merkel en Allemagne, tous favorables au traité, affronteront ces prochains mois les urnes dans un contexte de rejet populaire du TTIP. Pour les sociaux-démocrates de Sigmar Gabriel, l’échec du traité – dans sa forme actuelle – est même affaire de survie politique, après des années passées dans l’ombre d’une coalition dirigée par la CDU.
Mais une fois ces écueils démocratiques franchis, rien n’indique que les penchants libre-échangistes de la nomenklatura occidentale ne pourront pas à nouveau s’exprimer librement. On se souvient encore d’un Bill Clinton, porté à la Maison-Blanche sur la (…)
6 novembre 2012
L’autre guérilla colombienne pourrait rejoindre le dialogue de paix
Benito PEREZ
EXCLUSIF - L'Armée de libération colombienne (ELN) espère rejoindre le processus de négociations ouvert par les FARC et le gouvernement, annonce le commandant Gabino.
Le processus de paix colombien, débuté il y a quinze jours à Oslo, entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires (FARC) paraît encore bien fragile. L'arrivée de l'Armée de libération nationale (ELN) dans le jeu donnera-t-elle l'impulsion décisive ? Dans cet entretien au Courrier, Nicolás Rodràguez Bautista, commandant de la seconde guérilla du pays, déclare la volonté de son mouvement de rejoindre une table de négociations commune à l'Etat, aux FARC, à l'ELN, mais aussi à la société civile, autre oubliée du processus en cours.
Membre de l'ELN depuis son origine en 1965, « Gabino » a succédé en 1998 au prêtre Manuel Pérez à la tête du mouvement révolutionnaire armé. Egalement implantée dans les villes, l'ELN a subi une forte érosion durant les années 2000 dans ses quelques bastions ruraux. Elle (…)
19 janvier 2011
Le vrai miracle tunisien
Benito PEREZ
« C'est la crise sociale qui provoquera la chute du régime », nous avait assuré Hamma Hammami il y a quelques années1. La prophétie du leader communiste tunisien faisait alors sourire les amis du vieux dictateur Zine El Abidine Ben Ali, père révéré du prétendu « miracle économique tunisien ». L'arrestation de l'opposant hier à son domicile montre qu'à Tunis l'arrogance a cédé le pas à la peur.
Avec une détermination et une liberté de ton inconnues depuis les « émeutes du pain » de 1983-1984, la jeunesse tunisienne affronte sans relâche depuis un mois ses geôliers autant que ses exploiteurs. Car si le désespoir est surtout alimenté par des conditions de vie dégradées, la revendication politique n'est jamais loin. La révolte de la région minière de Gafsa, en 2008, avait préfiguré ce type de mouvement, d'autant plus explosif qu'il était pluridimensionnel. Le ras-le-bol du flicage s'y nourrit des inégalités et des prébendes qu'une petite minorité continue de se partager.
Vanté (…)



