RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher

Le vrai miracle tunisien

« C’est la crise sociale qui provoquera la chute du régime », nous avait assuré Hamma Hammami il y a quelques années1. La prophétie du leader communiste tunisien faisait alors sourire les amis du vieux dictateur Zine El Abidine Ben Ali, père révéré du prétendu « miracle économique tunisien ». L’arrestation de l’opposant hier à son domicile montre qu’à Tunis l’arrogance a cédé le pas à la peur.

Avec une détermination et une liberté de ton inconnues depuis les « émeutes du pain » de 1983-1984, la jeunesse tunisienne affronte sans relâche depuis un mois ses geôliers autant que ses exploiteurs. Car si le désespoir est surtout alimenté par des conditions de vie dégradées, la revendication politique n’est jamais loin. La révolte de la région minière de Gafsa, en 2008, avait préfiguré ce type de mouvement, d’autant plus explosif qu’il était pluridimensionnel. Le ras-le-bol du flicage s’y nourrit des inégalités et des prébendes qu’une petite minorité continue de se partager.

Vanté comme un modèle pour l’Afrique par le Forum économique mondial (WEF) et par le Fonds monétaire international, le régime tunisien a sagement livré sa force de travail et ses ressources au marché mondial. Prélevant au passage une dîme, qui alimente la corruption et l’immense appareil répressif, mais bien peu les Tunisiens. Ceux-ci, en revanche, subissent les effets des privatisations, des dérégulations et du scrupuleux « remboursement » de la dette externe. L’ouverture complète du secteur textile et la crise financière ont fait le reste.

Ce n’est pas un hasard si d’autres régions du Maghreb connaissent simultanément de tels soubresauts. En novembre au Sahara occidental, puis en décembre à Tinghir, en pays berbère, le cocktail explosif des revendications économiques et du ressenti identitaire a brisé le mythe d’un Maroc uni derrière son monarque réformiste. En Algérie, la manne pétrolière et l’épouvantail islamiste ne suffisent plus à cacher la faillite des réformes libérales et la pression du marché mondial sur les prix de l’alimentation.

Signe de la peur qui l’a saisi, le satrape de Tunis répond avec davantage de sauvagerie que ses voisins, et des dizaines de manifestants pacifiques l’ont déjà payé de leur vie. Des chiffres devant lesquels de nombreuses capitales occidentales - à l’exception notable de Paris - font mine de s’indigner. Pourtant la violence de la répression exercée sur les opposants tunisiens est connue de longue date. Arrêté et tabassé à des dizaines de reprises, torturé, harcelé, Hamma Hammami a déjà passé un tiers de sa vie militante dans la clandestinité, un autre tiers en prison. Le vrai « miracle tunisien » serait que son calvaire et celui de son peuple s’arrêtent.

http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=447885

URL de cet article 12536
  

« Arabesque américaine » : Printemps Arabe ou révolutions colorées fomentées par les USA ?
Ahmed BENSAADA
Souvent évoqué, parfois décrié, mais rarement analysé, le rôle des États Unis dans les révoltes de la rue arabe fait enfin l’objet d’un travail sérieux, rigoureux et fort bien documenté. Arabesque américaine* est l’ouvrage d’Ahmed Bensâada, un chercheur algérien établi à Montréal. Dès les premières lignes, l’auteur annonce la couleur « une chose est évidente : le mode opératoire de ces révoltes a toutes les caractéristiques des révolutions colorées qui ont secoué les pays de l’Est dans les années 2000. Comme il (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Nos sociétés sont des bidonvilles intellectuels. Nos croyances sur le monde et les autres ont été créées par le même système qui nous a dupés dans des guerres successives qui ont tué des millions de personnes.

Julian Assange

L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
19 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
55 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
40 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.