auteur William BLUM
19 août 2018
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L’esprit des médias de masse : échange de courriels avec un important journaliste en politique étrangère du Washington Post
William BLUM
18 juillet 2018
Cher M. Birnbaum,
Vous écrivez Trump "n'a fait aucune mention des ingérences de la Russie en Ukraine". Eh bien, ni lui, ni Poutine, ni vous n'avez mentionné les ingérences des Etats-Unis en Ukraine qui ont abouti au renversement du gouvernement ukrainien en 2014, ce qui a conduit à l'ingérence justifiée russe. Donc... ?
Si la Russie renversait le gouvernement mexicain, reprocheriez-vous aux États-Unis de prendre des mesures au Mexique ?
William Blum
Cher M. Blum,
Merci pour votre courrier. "Les ingérences des Etats-Unis en Ukraine" : de quoi parlez-vous ? La dernière fois que j'ai vérifié, ce sont les Ukrainiens dans les rues de Kiev qui ont poussé Ianoukovitch à s'enfuir. Que ce soit une bonne chose ou non, on pourrait en discuter, mais ce ne sont pas les Etats-Unis qui l'ont fait.
Ce sont bien les forces spéciales russes qui se sont déployées en Crimée en février et mars 2014, selon Poutine, et ce sont les Russes arrivés de Moscou qui ont alimenté le (…)
29 juin 2018
Pourquoi fuient-ils ?
William BLUM
L'exode massif actuel des populations d'Amérique centrale vers les États-Unis, avec les histoires quotidiennes à la une des journaux sur les nombreux enfants séparés de leurs parents, signifie qu'il est temps de rappeler à mes lecteurs une fois de plus l'une des principales causes de ces migrations de masse périodiques.
Ceux qui, aux États-Unis, sont généralement opposés à l'immigration se font un point d'honneur de déclarer ou d'insinuer que les États-Unis n'ont aucune obligation légale ou morale d'accueillir ces Latinos. Ce n'est pas vrai. Les États-Unis ont en effet l'obligation parce que beaucoup d'immigrants, en plus de fuir la violence liée à la drogue, fuient une situation économique dans leur pays d'origine directement rendue désespérée par la politique interventionniste des Etats-Unis.
Ce n'est pas que ces gens préfèrent vivre aux États-Unis. Ils préfèrent rester avec leur famille et leurs amis, pouvoir parler leur langue maternelle en tout temps et éviter les (…)
10 décembre 2016
Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?
William BLUM
Qu'il ne soit pas qualifié n'est pas important.
Qu'il n'ait jamais occupé un poste de gouvernement ou d'élu est sans importance.
Que sur un plan personnel il soit un crétin est sans importance.
Ce qui compte pour moi, surtout à ce stade - contrairement à cette chère Hillary – c'est qu'il est peu probable qu'il déclenche une guerre contre la Russie. Sa remise en cause du caractère absolument sacré de l'OTAN, qualifiée d' « obsolète », et sa rencontre avec la députée Démocrate Tulsi Gabbard, critique de la politique américaine de « changement de régime », en particulier en Syrie, sont des signes encourageants.
Plus encore, sa nomination du général Michael Flynn comme conseiller en matière de sécurité nationale. Flynn a dîné l'année dernière à Moscou avec Vladimir Poutine lors d'un gala célébrant RT (Russia Today), la chaîne de télévision de langue anglaise, de gauche, de l'État russe. Dans les médias américains, Flynn porte désormais le stigmate de celui qui ne voit pas la (…)
12 novembre 2016
Quelques pensées sur la politique étrangère américaine
William BLUM
Il a fallu à Louis XVI une révolution. Il a fallu à Napoléon deux défaites militaires historiques. Il a fallu à l’empire espagnol du Nouveau Monde des révolutions multiples. Il a fallu aux tsars russes une révolution communiste. Il a fallu aux empires austro-hongrois et ottoman une première guerre mondiale. Il a fallu à l’Allemagne nazie la deuxième guerre mondiale. Il a fallu au Japon impérial deux bombes atomiques. Il a fallu à l’empire portugais d’Afrique un coup d’État militaire sur son sol. À l’empire soviétique, il a fallu Mikhaïl Gorbatchev… Que faudra-t-il à l’empire américain ?
« Je ne crois pas que quelqu’un déclenchera consciemment la troisième guerre mondiale. La situation actuelle fait davantage penser à la veille de la première guerre mondiale, c’est-à-dire au moment où les grandes puissances étaient armées et prêtes à en découdre aussitôt que quelque chose mettrait le feu aux poudres. Dès l’instant où Gorbatchev a eu naïvement mis fin à la guerre froide, les États-Unis démesurément armés se sont appliqués à encercler la Russie avec toutes sortes de systèmes d’armements, d’exercices militaires agressifs et d’expansions de l’OTAN. En même temps, ces dernières années, la démonisation de Vladimir Poutine a atteint le niveau d’une propagande de guerre. Les Russes ont toutes les raisons de croire que les États-Unis se préparent à leur faire la guerre et ils prennent évidemment les mesures défensives qui s’imposent. Ce mélange de préparatifs militaires excessifs et de propagande dénonçant un « ennemi haïssable » rend de plus en plus possible un (…)
2 octobre 2016
La Guerre froide, aujourd’hui, demain, tous les jours et jusqu’à la fin du monde.
William BLUM
« La Russie soupçonnée d'ingérence électorale. Les Etat-Unis enquêtent sur un plan visant à semer le doute chez les électeurs »
Voilà le titre en première page du Washington Post, le 6 Septembre. Pensez-y. L'élection que les Américains doivent endurer, rouges de honte, et qui les fait envisager de déménager à l'étranger, de renoncer à leur citoyenneté ; une élection qui provoque des nausées chez les Pères Fondateurs qui se retournent dans leurs tombes... parce que les Diables russes sèment le doute chez les électeurs ! Qui l'eût cru ?
Bien-sûr, c'est ainsi que les Communistes agissent - Oh, attendez, j'avais oublié, ils ne sont plus communistes. Mais alors, que sont-ils ? Ah oui, ils sont toujours cet horrible et vieil épouvantail digne d'une condamnation de tous les gens honnêtes - Ils empêchent les Etats-Unis de dominer le monde. Quel culot !
La première guerre froide a effectué une lobotomie sur les Américains, en remplaçant leur matière cérébrale par de la matière (…)




