auteur Jean-Pierre PETIT-GRAS
23 décembre 2012
2
EZLN, Chiapas : Vous entendez ? C’est votre monde qui s’écroule...
Jean-Pierre PETIT-GRAS
Seules quelques paroles ("Vous entendez ? C'est votre monde qui s'écroule..."), prononcées par le Sous-commandant insurgé Marcos, ont accompagné vendredi 21 décembre l'impressionnante manifestation silencieuse de dizaines de milliers de bases d'appui de l'EZLN, qui ont envahi pendant plusieurs heures le centre des principales villes indigènes du Chiapas.
A leur façon, les mayas et zoques de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale ont rappelé deux vérités aux "puissants" de ce monde, et à leurs médias qui depuis des jours pataugent entre frivolités et obscénités à propos d'une culture qu'ils ignorent grossièrement. La première, c'est que c'est bien le monde capitaliste industriel qui, de catastrophe en catastrophe, s'effondre et menace l'humanité tout entière. La seconde, c'est que pour les zapatistes, qui se définissent eux-mêmes comme "les plus petits" et les gens "couleur de la terre", leur monde (et le nôtre ?) est à reconstruire...
Ces photos, et les montages vidéo qui (…)
12 décembre 2012
Mexique : « Peña Nieto n’est pas notre président ! »
Jean-Pierre PETIT-GRAS
Le 1er décembre, jour de l'investiture de Enrique Peña Nieto, la ville de Mexico a été le théâtre d'importantes manifestations. L'indignation soulevée par les circonstances plus que douteuses de l'élection du 1er juillet dernier, et par la personnalité du nouveau mandatario, est en effet grande dans un pays qui traverse une grave crise politique et sociale. La répression déployée par les autorités fédérales, mais aussi par la municipalité de la capitale, dirigée par le « socialiste » Marcelo Ebrard (1), a été impitoyable, frappant sans discrimination passants et manifestants. 69 personnes sont toujours emprisonnées. La plupart ont été sauvagement frappées par les policiers. Deux d'entre elles sont dans un état grave, touchées à la tête par des grenades lacrymogènes lancées à tir tendu.
Sorti vainqueur de l'élection présidentielle, Enrique Peña Nieto vient donc d'être officiellement intronisé comme le 19ème président (depuis la fin de la Révolution de 1910-1920) constitutionnel (…)
2 octobre 2012
Mexique : Au Chiapas, la guerre en catimini...
Jean-Pierre PETIT-GRAS
C'est une question que l'on nous pose souvent... « Que deviennent les zapatistes ? On n'entend plus parler d'eux... »
On assiste pourtant ces derniers temps, dans l'Etat du Chiapas, à une forte recrudescence de la guerre sournoise contre le mouvement zapatiste. Celle-ci progresse implacablement, notamment dans les régions et villages où les bases de apoyo, les paysans mayas et zoques adhérents à l'EZLN ne sont pas majoritaires.
Les agressions sont perpétrées par des groupes paramilitaires. Rappelons que ces organisations paramilitaires sont constituées à l'instigation des autorités gouvernementales, au niveau de l'Etat du Chiapas et de l'Etat fédéral. Il s'agit pour le pouvoir de mettre en oeuvre la fameuse stratégie de « guerre de basse intensité », si bien décrite par Marie-Monique Robin dans « Les Escadrons de la mort », et imaginée par les militaires français après les échecs cuisants subis en Indochine et en Algérie, au cours des guerres coloniales des années 1940, 50 et (…)
Andalousie : Somonte réoccupée
Jean-Pierre PETIT-GRAS
Cette nuit, alors que les Gardes Civils ne les attendaient pas, les jornaleros et jornaleras de Somonte ont réoccupé la finca...
Ce qui se passe en Andalousie est extrêmement important. Cela montre d'une part que face aux problèmes aigus posés non seulement par le chômage, la misère et la faim, mais aussi par l'aliénation, le renoncement, la soumission devant les bonnes paroles des uns et des autres, devant les stratégies des partis politiques, etc. la seule réponse possible est dans notre désir de vivre et travailler collectivement, dans le refus de la propriété privée sur nos moyens de vie, en premier lieu sur la terre, mais aussi sur tout le reste : logement, éducation, santé, énergie, plaisir d'être ensemble, que nous devons arracher à ceux qui nous les ont confisqués (Etat, experts et spécialistes de tous poils).
Celles et ceux de Somonte sont en train d'ouvrir une voie... Nous devons être avec eux, et surtout faire comme eux ! (…)
Somonte, Andalousie : les jornaleros expulsés par la force
Jean-Pierre PETIT-GRAS
Ce matin de bonne heure, les antiterroristes et la Garde Civile ont brutalement expulsé les jornaleros, femmes et hommes qui occupaient la Finca Somonte depuis 50 jours.
A 84 %, les militants régionaux d'Izquierda Unida viennent d'approuver la participation de leur organisation au gouvernement andalou, la Junta de Andalucàa, sous la présidence du dirigeant du PSOE José Griñán. Cette participation démarre sur les chapeaux de roues, par l'expulsion de travailleurs agricoles qui occupaient depuis le 4 mars dernier la Finca Somonte, à Palma del Rào, province de Cordoue. Expropriée (après indemnisation) en 1983 par la Junta de Andalucàa, cette terre de 400 hectares allait de nouveau être privatisée. La vente aux enchères devait se faire le 5 mars.
Alors que plus d'un million d'Andalous sont au chômage, cette action était une réponse superbe de la part des jornaleros, qui démontraient ainsi qu'ils ne voulaient pas vivre d'aumône, mais de leur travail collectif sur une terre qu'ils connaissent et aiment avec passion.
Sous le communiqué, vous trouverez une proposition de courrier à envoyer au nouveau gouvernement et aux partis qui le composent. (…)

