Esther VIVAS
Ce « sí se puede » – « oui, c’est possible »,– qui, des mois durant, a résonné sur les places et dans les rues suite à l’inoubliable Printemps Indigné de 2011 arrive aujourd’hui comme un tremblement de terre dans les institutions, ce qui était inimaginable alors. La victoire de Barcelona en Comú – Barcelone en Commun – à Barcelone, avec Ada Colau en tête de liste, a fait voler en éclat l’échiquier politique.
Si, des mois durant, nous avons dû subir des accusations de différents acabits selon lesquelles le 15M – 15 mai, date à laquelle le mouvement des indignés a été initié, ndr – serait radical, antisystème et « punk à chien », accompagnées de « si vous voulez faire de la politique, formez un parti », comme si la politique se limitait à faire de la politique partisane, sans compréhension aucune ou volonté de comprendre quoi que ce soit de ce qu’a signifié ce « soulèvement populaire » indigné, aujourd’hui les pires cauchemars de l’establishment sont devenus réalité.
Le discours (…)
Esther VIVAS
Un nouveau tour de vis vient d’être donné aux politiques agroalimentaires en Europe. Il s’agit du Traité de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne (UE), plus connu sous le nom de TTIP (son sigle en anglais pour Transatlantic Trade and Investment Partnership), l’ombre grandissante de l’agroalimentaire qui s’étend des champs à l’assiette. Comme des vampires assoiffés de sang, les multinationales du secteur attendent pour se sucrer, et ce beaucoup, grâce à ces nouvelles mesures de libéralisation commerciale.
Mais en quoi consiste le TTIP ? Il s’agit d’un traité négocié en secret durant des mois, divulgué au public, attendant l’approbation du Parlement européen, bénéficiant d’une campagne marketing en cours et qui a pour objectif final d’harmoniser à la baisse les législations des deux côtés de l’Atlantique, au seul profit des grandes entreprises. Ses conséquences : plus de chômage, plus de privatisations, moins de droits sociaux et environnementaux. En définitif, il apporte sur un plateau nos droits au capital.
Et en ce qui concerne l’agriculture et l’alimentation ? Les entreprises du secteur, des sociétés de semences en passant par l’industrie de la biotechnologie, des boissons, de l’élevage, de l’alimentaire, ou encore du fourrage… sont celles qui ont le plus fait pression en sa faveur, dépassant même le lobby pharmaceutique, de l’automobile et financier. L’enjeu est important pour les multinationales comme Nestlé, Monsanto,
Kraft Foods, Coca Cola, Unilever, Bacardi-Martine, (…)
Esther VIVAS
Le régime s’effondre, se meurt et, dans sa lutte agonisante pour survivre, le roi abdique. Jamais le régime issu de la Transition n’avait été autant remis en question qu’aujourd’hui. Les piliers sur lesquels il repose, la monarchie, le pouvoir judiciaire, le bipartisme, sont fortement délégitimé depuis un certain temps. Nous ne croyons plus en leurs mensonges, ceux là mêmes avec lesquelles ils tentent de consolider un régime qui tombe en morceaux. Ce qui semblait jusqu’à il y a peu de temps impossible se pose aujourd’hui comme une réalité. Poussons de toutes nos forces pour élargir encore plus cette brèche que la crise économique, sociale et politique a fait possible.
Depuis la chasse aux éléphants de sa « majesté » au Botswana, en passant par l’inculpation de son beau-fils Iñaki Urdangarín dans l’ « affaire Nóos » et l’implication de l’Infante Cristina dans ce cas, et jusqu’aux multiples et millionnaires opérations de la hanche du monarque, payées par les deniers publics, la (…)
Esther VIVAS
Même si nous ne nous en rendons pas compte, nous mangeons du pétrole. Le mode actuel de production, de distribution et de consommation d’aliments est « accro » à l’ « or noir ». Sans pétrole, nous ne pourrions pas manger comme nous le faisons. Néanmoins, dans un contexte où il sera de plus en plus difficile d’exploiter un pétrole de plus en plus cher, comment ferons-nous pour nous alimenter ?
L’agriculture industrielle nous a rendus dépendants du pétrole. Des semailles à la récolte et de la commercialisation jusqu’à la consommation elle-même, nous avons besoin de lui. La « révolution verte », les politiques qui nous disaient que la modernisation de l’agriculture allait mettre un terme à la faim, et qui fut imposée entre les années 1940 et 1970, nous a transformés en « junkies » de ce combustible fossile, en partie grâce à son prix relativement bon marché. La mécanisation des systèmes agricoles et l’utilisation intensive de fertilisants et de pesticides chimiques en sont les meilleurs exemples. Ces politiques ont signifié la privatisation de l’agriculture, en nous laissant, paysans et consommateurs, aux mains d’une poignée d’entreprises de l’agro-business.
En dépit des promesses de la révolution verte sur l’augmentation de la production de nourriture et, qu’en conséquence, elle mettrait fin à la famine, la réalité fut tout autre. D’une part, la production par hectare a (…)
Esther VIVAS
La terre, l’eau et les semences sont indispensables pour cultiver et pour se nourrir. De la nourriture pour tous ou de l’argent pour quelques uns, telle est la question. La Via Campesina, le plus grand mouvement international de petits agriculteurs, d’ouvriers agricoles et de paysans sans terre, le revendique quotidiennement. À l’occasion de la journée internationale de la lutte paysanne, nous retraçons son histoire.
Combattre la mondialisation alimentaire
La mondialisation alimentaire, développée par et pour l’agro-industrie et les chaînes de supermarchés, privatise les biens communs, élimine ceux qui prennent soin de la terre et qui la travaillent et elle transforme l’alimentation en un business. La libéralisation de l’agriculture n’est rien d’autre qu’une guerre menée contre la paysannerie. Il s’agit de politiques qui, soutenues par les institutions et les traités internationaux, font disparaître les petits et moyens agriculteurs et les communautés rurales.
Face à cette offensive, la Via Campesina est née en 1993 en tant que principal instrument de ceux qui résistent et combattent dans les campagnes contre la mondialisation néolibérale et les diktats d’organisations internationales telles que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les origines de La Via Campesina remontent aux années 1980 lorsqu’à l’occasion de l’ « Uruguay (…)