auteur Rémy HERRERA

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À quelle rupture la crise actuelle du capitalisme appelle-t-elle

Rémy HERRERA

Retranscription de l’intervention en visioconférence de Rémy HERRERA du 6 novembre 2020 lors du débat organisé pour le centenaire du PCF.
Les trois questions posées initialement étaient :
- Pourquoi une rupture avec le capitalisme ?
- Pourquoi le choix d’une alternative socialiste ?
- Quelles leçons tirer de la Chine, du Vietnam, de Cuba ?

Bonsoir à toutes et à tous, camarades. Je veux remercier les organisateurs de cette initiative pour leur invitation à parler, à reparler de socialisme. C’est heureux, car cela fait des lustres que le PCF a renoncé à en parler et, en réalité, a renoncé au socialisme tout court. Et je pense, personnellement, que c’est notamment à cause de ce renoncement que le Parti est là où il est, c’est-à-dire au plus bas. Le problème, c’est qu’en abandonnant le socialisme – qui est une voie, qui est une transition –, le Parti a aussi abandonné la recherche de l’idéal communiste ; d’où cet état actuel de dérive, ou cette impression de perdition. Donc, je vous avoue que – je suis certes très satisfait de cette initiative, mais que – je me sens un peu comme un prêtre ouvrier invité à un concile du Vatican, ou un membre des alcooliques anonymes invité à un salon des vins et spiritueux pour dire : « il faut arrêtez de boire ! ». Permettez-moi de dire ça en plaisantant pour ne pas être trop (…)

Après le congrès de la CGT, la lutte (interne) continue

Rémy HERRERA
Le 52e Congrès de la CGT (Confédération générale du Travail) s’est tenu les 13-17 mai à Dijon. Son contexte conjoncturel était particulier : depuis plus de six mois, le mouvement populaire des gilets jaunes, malgré sa complexité et son hétérogénéité, ses difficultés et ses limitations, est parvenu, pour la toute première fois depuis fort longtemps, à enrayer – si ce n’est à stopper – la machine infernale des politiques néolibérales. Il faut en réalité remonter au mois d’avril 2006 et aux manifestations étudiantes et lycéennes contre le Contrat Première Embauche (CPE) du gouvernement de Dominique de Villepin, sous la présidence de Jacques Chirac, pour voir un pouvoir en place en France céder à la pression de la rue. En plus longue période – et sur fond de crise systémique du capitalisme –, l’arrière-plan de ce Congrès, c’est aussi celui d’une perte de représentativité des organisations syndicales en général et d’un recul relatif de la CGT spécialement. Car depuis les dernières (…)

Clairs-obscurs, sfumato et coups de matraque macroniens pour le 1er mai

Rémy HERRERA
En ce 2 mai de l’an de grâce 2019, il s’est agi de célébrer, en grande pompe, au château royal d’Amboise, en bord de Loire, le demi-millénaire de la disparition de Léonard de Vinci – dont la tombe présumée serait préservée, paraît-il, dans la chapelle dudit château. À cette occasion, au titre de président d’honneur de la fondation propriétaire de la modeste demeure, le comte de Paris, Jean d’Orléans, prétendant au trône de France et descendant des souverains Louis XIII, XIV et XV (mais aussi, entre autres têtes perruquées et couronnées, de l’empereur François 1er d’Autriche, du duc Philippe Albert de Wurtemberg, de la princesse Rose-Marie de Toscane, du roi Ferdinand VII d’Espagne, du roi Jean VI du Portugal et de l’empereur Pedro II du Brésil !), eut l’insigne privilège de recevoir le président de la République française, Emmanuel Macron, ainsi que son homologue italien, Sergio Mattarella. Baisemains aux premières dames, délicates révérences et courbettes racées de rigueur… Tous (…)

Recul des Droits Humains en France : La République en Marche arrière

Rémy HERRERA

Article (écrit par l’auteur en janvier 2019) ayant servi de base à un rapport sur les violations des droits humains en France déposé par le Centre Europe - Tiers Monde de Genève (CETIM, organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif général) au Conseil des Droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies pour sa quarantième session des 25 février – 22 mars 2019, point 4 de l’ordre du jour « Situations relatives aux droits de l’homme qui requièrent l’attention du Conseil ». Distribution le 15 février 2019 par le Secrétariat général conformément à la résolution 1996/31 [rapport final disponible sur le site de l’ONU sous la cote : A/HRC/40/NGO/56

1. Depuis plusieurs mois maintenant, la France est entrée dans une zone de fortes turbulences. La virulence des conflits sociaux est, de longue date, une caractéristique majeure et marquante de la vie politique de ce pays, une donnée historique d’une nation qui s’est construite, aussi et surtout, après 1789, sur la base d’une révolution de portée universelle et dont les traces – avec celles des conquis sociaux de 1936, 1945 ou 1968 –, restent encore aujourd’hui prégnantes dans la mémoire collective et dans les institutions, quels qu’aient été les tentatives pour les effacer. Voilà pourtant bientôt 40 années que la France – et avec elle les autres économies capitalistes du Nord, sans exception – se trouve enserrée dans le carcan mortifère de politiques néolibérales déprédatrices. Ces dernières ne peuvent s’interpréter autrement que comme une extraordinaire violence sociale dirigée contre le monde du travail. Leurs effets de destruction – des individus, de la société, mais encore de (…)
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L’urgence de "Grand Débat" à propos de l’Union Européenne

Rémy HERRERA
Une très récente et sérieuse enquête d’opinion [1] a révélé dans quel état d’esprit les Français se sentent actuellement vis-à-vis de l’Union européenne. À la question qui leur était posée : « à quelle unité géographique avez-vous le sentiment d’appartenir avant tout ? », les personnes sondées ont répondu « la France » pour 39 % d’entre elles, leur « ville ou localité » à 23 %, leur « région, province ou département » à 18 %, « le monde » (entier !) pour 11 % et, enfin, last and least, « l’Europe » pour… 6 % seulement ! La représentation que l’on se ferait dans l’Hexagone de l’idéal européen serait donc exactement à l’image de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui plongé le processus de construction communautaire : le marasme total. C’est qu’une majorité de Français gardent toujours en tête un événement pour eux fondamental. Le 29 mai 2005, quelque 54,68 % du corps électoral avaient dit « non » lors du référendum organisé sur le traité établissant une Constitution pour (…)