auteur Ramzy BAROUD

Une guerre sans gros titres : la campagne de "choc et effroi" d’Israël en Cisjordanie (Common Dreams)

Ramzy BAROUD

La période la plus violente de l’agression israélienne en Cisjordanie depuis la deuxième Intifada a été largement négligée, en partie à cause de l’ampleur et de l’horreur du génocide israélien à Gaza, mais ses conséquences pourraient s’avérer tout aussi dévastatrices.

Choc et effroi. L'expression est appropriée pour décrire ce qu'Israël a fait en Cisjordanie occupée presque immédiatement après les événements du 7 octobre 2023 et le début du génocide israélien à Gaza. Dans son livre La Stratégie du choc, Naomi Klein définit le « choc et effroi » non seulement comme une tactique militaire, mais comme une stratégie politique et économique qui exploite les moments de traumatisme collectif - qu'ils soient causés par la guerre, les catastrophes naturelles ou l'effondrement économique - pour imposer des politiques radicales auxquelles on résisterait autrement. Selon Klein, les sociétés en état de choc sont désorientées et vulnérables, ce qui permet à ceux qui sont au pouvoir de faire passer des transformations radicales alors que l'opposition est fragmentée ou dépassée. Bien que la politique soit souvent discutée dans le contexte de la politique étrangère américaine - de l'Irak à Haïti - Israël a utilisé des tactiques de Choc et effroi avec plus de (…)
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Le cimetière des illusions de Gaza : Comment le récit israélien se heurte à l’échec militaire

Ramzy BAROUD
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est un vendeur habile, même si le produit qu'il colporte est profondément vicié. Son défi actuel est de se convaincre, de convaincre son peuple, la région et le monde que, malgré d'importants revers, il est en train de gagner la guerre stratégique contre ses adversaires. D'anciens responsables israéliens de la sécurité nationale, tout en employant une terminologie différente, parviennent essentiellement à la même conclusion. Ils décrivent M. Netanyahou comme un « maître tacticien » mais « pas un maître stratège », comme le rapporte CNN. Dans un article détaillant l'une des déclarations grandioses, mais creuses, de M. Netanyahou, qui aspire à contrôler le Moyen-Orient, le titre de CNN déclarait que « la fin de la partie demeure plus floue que jamais ». Netanyahou et ses alliés extrémistes agissent au mépris de la réalité. Ils croient, ou veulent croire, que la fin de la partie est parfaitement claire. Selon le ministre des (…)

Le combat inachevé de Zakaria Zubeidi

Ramzy BAROUD

Zakaria Zubeidi est l’un des six prisonniers palestiniens qui, le 6 septembre, ont creusé un tunnel pour sortir de Gilboa, une célèbre prison israélienne de haute sécurité. Il a été repris quelques jours plus tard. Les nombreux hématomes qu’il portait au visage témoignaient de l’histoire poignante d’une évasion audacieuse et d’une arrestation violente. Cependant, son histoire ne commence ni ne s’arrête là.

Il y a vingt ans, après ce qui est resté gravé dans la mémoire collective palestinienne comme le "massacre de Jénine", j'ai été présenté à la famille Zubeidi dans le camp de réfugiés de Jénine, presque entièrement rasé par l'armée israélienne pendant et après les combats. Toutes mes tentatives de me rendre à Jénine, maintenue en état de siège par l'armée pendant des mois après l'épisode le plus violent de tout le deuxième soulèvement palestinien (2000-2005), ont été contrecarrées par l'armée israélienne. Je n'ai pas pu parler directement à Zakaria Zubeidi. Contrairement à son frère Taha, il a survécu au massacre de 2002 et a ensuite gravi les échelons des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, la branche armée du mouvement Fatah, pour en devenir le chef. Il s’est ainsi retrouvé en tête de la liste des Palestiniens les plus recherchés par Israël. Nous avons surtout communiqué avec sa sœur, Kauthar, qui nous a raconté en détail les événements qui ont précédé ce siège militaire (…)

Rim Banna et la guerre culturelle que les Palestiniens doivent gagner. (Counterpunch)

Ramzy BAROUD
Rim Banna s'est éteinte à l'âge de 51 ans. Sa mort le 24 mars, après une bataille de dix ans contre le cancer, a endeuillé les Palestiniens partout dans le monde. Rim, la palestinienne chrétienne de Nazareth, a uni le peuple palestinien au delà les divisions politiques et géographiques. Quand elle chantait pour la terre natale, seule la Palestine comptait. Chrétiens et musulmans, Fatah et Hamas, Gaza et Ramallah, tous devenaient un. Sa voix chaude qui sortait de l'âme, racontait le déchirement et célébrait la vie. Ses chansons « Fares Odeh » et « Sarah » étaient l'écho poétique des précieuses vies des jeunes Palestiniens, fauchées trop tôt par les soldats israéliens. « Le papillon te portera jusqu’au dos d'un nuage La gazelle courra avec toi jusqu'au creux du sycomore L'odeur du pain t'emportera, martyr, vers le sein maternel L'étoile lui dit, emmène-moi dans la cours de ma maison Ramène-moi vers le lit de mon sommeil La torpeur a gravi mes membres Elle occupe, les (…)
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Politique étrangère à vendre : la dangereuse alliance grecque avec Israël

Ramzy BAROUD

Pendant un bref instant historique, Alexis Tsipras et son parti politique, Syriza, ont apporté une lueur d’espoir, celle de voir la Gauche se réveiller, en Europe, de son long sommeil.

Une nouvelle Grèce était sur le point de naître dans les douleurs de l'austérité économique, imposée par l'Union Européenne et ses écrasantes institutions économiques, une troïka impitoyable qui se souciait si peu de l'effondrement économique grec et des millions de personnes qui souffraient de la pauvreté, du chômage et du désespoir. La Coalition de la gauche radicale (Syriza) est arrivée au pouvoir en Janvier 2015, c'était la conséquence directe du mécontentement populaire envers l'UE. C'est à cette période que les gens ordinaires ont pris position pour défendre, un semblant de souveraineté que les politiciens, les banquiers et les puissantes administrations bureaucratiques ne leur avaient pas arraché. Toutefois, le résultat fut plutôt décevant. Tsipras, qui est aujourd'hui Premier ministre, a changé son discours politique, et progressivement, il en a adopté un autre plus conforme à la politique très néolibérale qui a mis son pays à genoux. Syriza s'est vendu, non seulement (…)