Loic RAMIREZ
Le Grand Soir (avec l’aide des lecteurs) a envoyé Loïc et Erwan, deux de ses journalistes, en Russie – à Moscou – et dans le Donbass en guerre, pour réaliser un film. En attendant celui-ci, voici la troisième et dernière partie du récit écrit de ce reportage.
Depuis la gare routière de Donetsk, il est possible de prendre un bus ou des marchroutkas (taxis collectifs) qui vous déposent à Marioupol. Des départs sont programmés toutes les heures environ, du matin jusqu’à la fin d’après-midi. Olga, notre contact, nous y attend. C’est une responsable locale de la Croix Rouge et elle a réussi à nous trouver un appartement disponible à la location pour les quelques jours que nous avons prévu de rester sur place. Les hôtels ne sont pas nombreux et tous ne sont pas encore prêts à accueillir les touristes. Mais ils s’y préparent.
La première fois que nous sommes allés à Marioupol, avec Erwan, c’était en 2022. La bataille pour la prise de la ville, qui s’est déroulée du 24 février au 20 mai de cette année, venait de se terminer. La cité portuaire n’était alors qu’un champ de ruines à ciel ouvert. Aucun quartier ne semblait avoir été épargné par les intenses combats qui avaient opposé les forces russes appuyées par celles de la République (…)
Loic RAMIREZ
Le Grand Soir (avec l’aide des lecteurs) a envoyé Loïc et Erwan, deux de ses journalistes, en Russie – à Moscou – et dans le Donbass en guerre, pour réaliser un film. En attendant celui-ci, voici la deuxième partie du récit écrit de ce reportage.
Le Donbass tire son nom de la contraction de “Bassin du Donets”, le Donets étant un affluent du fleuve Don. Situé dans l’extrême sud-est de l’Ukraine, le territoire est désormais de facto intégré à la Fédération de Russie. Pour nous y rendre, il a d’abord fallu descendre au sud du pays, à Rostov-sur-le-Don. Plus de 24 heures de train, à travers l’immensité blanche du territoire, ont été nécessaires pour nous y rendre. Et quelques heures de route en plus. « Vous voulez vous rendre à Donetsk ? La République populaire de Donetsk ? » demande avec insistance l’employée assise derrière le guichet de vente de billets de bus. « Oui, oui, Donetsk. » À voir sa réaction, il est évident que la présence d’Occidentaux y est rare. Pourtant, à Rostov, les va-et-vient sont nombreux. La gare autoroutière et ses alentours sont remplis d’hommes en uniforme vert olive qui se rendent ou reviennent du front, le paquetage sur le dos. Beaucoup ont le visage typique des populations d’Asie centrale, rond et (…)
Loic RAMIREZ
Le Grand Soir (avec l’aide des lecteurs) a envoyé Loïc et Erwan, deux de ses journalistes, en Russie – à Moscou – et dans le Donbass en guerre, pour réaliser un film. En attendant celui-ci, voici la première partie du récit écrit de ce reportage.
La chose n’aura pas été facile. Cela nous aura coûté plusieurs mois d’attente, 3 modifications de billets d’avion et pas mal de stress mais au final, les autorités russes nous ont délivré les visas en tant que journalistes. « Ура ! » comme disent les Russes ! Le sésame en poche nous avons pu - avec Erwan - rejoindre Moscou en passant par Istanbul car il n’y a plus de vols directs depuis les sanctions. La ville nous a accueillis dans son plus beau manteau d’hiver avec des montagnes de neige sur les trottoirs. Un record nous dit-on, il n’avait pas neigé ainsi depuis plusieurs années. La capitale est moderne, propre, gigantesque et belle. Les magasins et les restaurants sont animés et les cafés affichent complet en fin d’après-midi. Aux heures de pointe, les couloirs du métro sont bondés, comme dans beaucoup de métropoles. D’aucuns oublieraient presque que le pays est en guerre si certains détails ne venaient pas le rappeler. Le nez sur son écran de portable, Erwan tente de repérer la (…)
Loic RAMIREZ
Reportage (+ photos) sur la côte syrienne avec la communauté alaouite, cible des islamistes au pouvoir.
Tous les matins, elle dépose le thym et l’huile d’olive sur la table. Quelques fines galettes de pain (lavash) sur lesquelles on écrase un œuf dur avant d’y étaler le hoummous. Puis elle allume sa cigarette, la première de la journée (et la première d’une longue série). Cela fait cinq jours qu’Hala [1] m’accueille chez elle, ici, dans le quartier d’Al Thawrah de la ville de Lattaquié, sur la côte syrienne. « Surtout tu ne dis pas que tu es journaliste, je te présenterai comme un ami de la famille », m’avait-elle écrit sur Whatsapp quelques jours avant mon arrivée. Par la suite, bien sûr, elle avait ajouté : « Tu effaceras tous les messages ».
Hala est une alaouite. Retraitée, elle habite avec ses deux neveux de 26 ans, des jumeaux (un garçon et une fille). Si elle se montre si prudente c’est parce que comme tout le reste du pays, son quotidien a été chamboulé par la chute de la République arabe syrienne et le départ précipité de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024. Le pouvoir est (…)
Loic RAMIREZ
Publication du film documentaire produit par Le Grand Soir sur l'implication des Etats-Unis dans le conflit colombien.
Tout d'abord, il faut remercier les contributeurs. Nous avions fait appel à vous, lecteurs, lectrices, pour réaliser un reportage en Colombie. Après la publication d'un entretien avec un membre de la guérilla (Walter Mendoza), voici le deuxième film réalisé suite à notre reportage dans le pays andin : Simon Trinidad, les Etats-Unis dans le conflit colombien.
Issu d'une famille aisée du nord de la Colombie, économiste de formation, Ricardo Palmera est un jeune homme qui s'engage rapidement en politique en faveur des plus démunis. Membre du parti politique Unión Patriotica, qui est fondé dans les années 1980 pendant les négociations de paix entre les FARC et le gouvernement de Belisario Betancur, l'homme va vite être témoin de la vague d'assassinats qui touche les militants de gauche. Il prend donc la décision radicale de rejoindre la guérilla. Il en devient rapidement une figure importante, notamment grâce à sa solide formation politique et intellectuelle. En 2008, il est arrêté (…)