auteur Mark WEISBROT

Le FMI nuit aux pays qu’il prétend aider - The Guardian

Mark WEISBROT
Quand les gens pensent aux dommages que les pays riches – généralement dirigés par les États-Unis et leurs alliés – causent aux populations du reste du monde, la première chose qui leur vient à l’esprit est sûrement la guerre. En Irak, des centaines de milliers de personnes sont mortes suite à l’invasion de 2003, et bien d’autres encore à mesure que la région s’enflammait. Mais les pays riches ont aussi un pouvoir considérable sur la vie de milliards de personnes en contrôlant les institutions de la gouvernance mondiale. L’un d’eux est le Fonds monétaire international. Celui-ci compte 189 pays membres, mais les Etats-Unis et leurs alliés des pays riches disposent d’une solide majorité en matière de droits de vote au sein de l’organisme. La tradition veut que le chef du FMI soit un Européen, et les États-Unis disposent à eux seuls de suffisamment de voix pour opposer leur veto à de nombreuses décisions importantes – bien que les pays riches ne votent presque jamais les uns contre (…)

Les sanctions économiques en tant que punition collective : le cas du Venezuela (Center for Economic and Policy Research)

Mark WEISBROT, Jeffrey SACHS
Note du Traducteur : voici la traduction (partielle) du rapport du CEPR. Les lecteurs sont invités à consulter l'original pour les notes, références et sources mentionnées. Sommaire Cet article examine certains des impacts les plus importants des sanctions économiques imposées au Venezuela par le gouvernement américain depuis août 2017. Il constate que la plupart des conséquences de ces sanctions n'ont pas été ressenties par le gouvernement, mais par la population civile. Les sanctions ont réduit l'apport calorique de la population, augmenté les maladies et la mortalité (tant chez les adultes que chez les nourrissons) et déplacé des millions de Vénézuéliens qui ont fui le pays en raison de l'aggravation de la dépression économique et de l'hyperinflation. Ils ont exacerbé la crise économique du Venezuela et rendu presque impossible la stabilisation de l'économie, ce qui a contribué à la surmortalité. Tous les impacts ont touché en priorité les Vénezueliens les plus pauvres et (…)

Accord FMI-Argentine : La politique de « l’austérité expansionniste » fonctionnera-t-elle ? (CEPR)

Mark WEISBROT

Depuis juillet 2018, le Fonds monétaires international (FMI) a versé à l’Argentine plus de 20 milliards de dollars sur un total de 56,3 milliards de dollars de prêts. Le gouvernement argentin est aujourd’hui le principal bénéficiaire des fonds du Compte des ressources générales (CRG) du FMI. L’objet du présent rapport est d’examiner dans quelle mesure les politiques convenues par le FMI et le gouvernement argentin dans l’Accord de confirmation (AC) de juin dernier sont censées provoquer une reprise économique, et si elles ont des chances de réussir.

PRÉSENTATION DU RAPPORT : Programme du FMI en Argentine : son efficacité mise en doute dans un nouveau rapport. Les prévisions du FMI pour une reprise économique rapide se sont déjà montré inefficaces par le passé. Washington, DC (décembre 2018) - Un nouveau rapport du Center for Economic and Policy Research (CEPR) examine le programme du FMI pour l’Argentine approuve en juin dernier (révise en octobre) et souligne des signaux de danger à venir. Le document, co-rédigé par l’économiste et codirecteur du CEPR Mark Weisbrot et l’économiste Lara Merling, conclut que les plans du FMI visant à « rétablir la confiance du marche », fondés sur l’austérité budgétaire et monétaire, ont peu de chances de réussir. « En octobre, le FMI et le gouvernement argentin ont décidé de doubler la réduction du déficit et de resserrer la politique monétaire, après que l’économie eut connu des résultats bien pires que ce qui avait été prévu en juin », signale Mark Weisbrot. « Mais peut-être (…)

D’abord l’ALENA, ensuite le mur : comment les Etats-Unis ont joué au pompier-pyromane avec le Mexique (The Sacramento Bee)

Mark WEISBROT
Il est peu probable que le président Trump puisse accomplir son rêve de forcer le Mexique a payer pour le mur le long de la frontière au sud des Etats-Unis. S’il est construit, ce seront sûrement les contribuables étasuniens qui paieront la facture, estimée a près de 50 milliards de dollars. Mais il est intéressant de se pencher préalablement sur les relations économiques entre le Mexique et les Etats-Unis afin de comprendre comment l’immigration en provenance du voisin du sud est devenue un sujet à part entière dans la politique américaine au point d’être utilisé à son avantage par un personnage comme Trump. L’ALENA (l’Accord de Libre Echange Nord-Américain) [1] est un bon point de départ. Alors que de plus en plus de personnes ont commencé à se rendre compte que ces accords trompeusement labellisés « de libre échange » ont causé du tord à des millions de travailleurs étasuniens, il est encore commun d’entendre dire autant à gauche qu’à droite que l’ALENA a été bénéfique pour le (…)

Etats-Unis : Les services de renseignement demandent aux Américains de leur « faire confiance les yeux fermés » (The Hill)

Mark WEISBROT
Si la première victime de la guerre est bien la vérité, comme nous le rappelle le vieil adage, force est de constater que la première victime de la Nouvelle Guerre Froide est l’ironie. Nos plus aguerris journalistes n’ont pas l’air d’avoir repéré l’ironie Orwéllienne du Sénateur John McCain demandant au directeur National du Renseignement (Director of National Intelligence, DNI) James Clapper si Julian Assange avait une quelconque crédibilité, durant l’audition de vendredi dernier au Sénat. Assange a maintenu que les emails –hackés oui fuités- du Parti Démocrate ne venait pas du gouvernement russe, ou d’un quelconque autre gouvernement. Comme nous le savons déjà, Clapper a menti au Congrès au sujet d’une sérieuse violation des droits constitutionnels de millions d’américains. Ce mensonge est un délit pour lequel il aurait d‘ailleurs pu être poursuivi. En mars 2013, Clapper a menti en répondant « Non monsieur » à la question : « Est-ce que la NSA collecte un quelconque type (…)