auteur Christophe OBERLIN

Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale ? Une interview de Christophe Oberlin

Christophe OBERLIN

En préambule à une très prochaine présentation de son ouvrage intitulé Le chemin de la Cour : Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale, Chronique de Palestine a interrogé Christophe Oberlin, Professeur de médecine à l’université Denis Diderot à Paris et chirurgien spécialisé dans la microchirurgie et la chirurgie de la main. Christophe Oberlin intervient depuis de nombreuses années dans le secteur hospitalier de la Bande de Gaza.

Chronique de Palestine : Christophe Oberlin, pouvez-vous rapidement vous présenter, en nous expliquant dans le même temps les raisons de votre engagement si actif aux côtés du peuple de Palestine ? Christophe Oberlin : J’ai toujours été attiré par l’étranger et les étrangers. Quand j’étais enfant je demandais comme cadeau de Noël des cartes des régions les plus reculées du monde, et j’essayais d’imaginer la vie là-bas. A l’âge de voyager, je suis parti en routard. Et lorsque ma formation de chirurgien a été terminée, j’ai toujours passé une partie de mon temps à l’étranger pour opérer et enseigner. La Palestine est venue en 2001, à la suite d’une occasion de voyage avec le Pr Marcel-Francis Kahn et l’écrivain François Maspéro. Depuis je me rend à Gaza trois fois par an pour une dizaine de jours. C.P : Pouvez-vous nous faire rapidement la genèse de votre ouvrage Le chemin de la Cour : Les dirigeants israéliens devant la Cour Pénale Internationale, paru aux Editions Erick Bonnier (…)
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« La position de Hollande vis-à-vis des Palestiniens est ignoble »

Christophe OBERLIN
Algeriepatriotique : Professeur Oberlin, vous êtes connu pour vos missions humanitaires dans la bande de Gaza. Vous trouvez-vous sur les lieux du conflit ? Sinon, avez-vous des échos sur la situation actuelle dans les territoires occupés ? Professeur Christophe Oberlin : Je vais trois fois par an à Gaza et, d’habitude, j’y vais début juillet. Mais cette fois-ci, j’y suis allé un peu plus tôt, puisque c’est la période de Ramadhan, et donc je m’y trouvais du 13 au 23 juin. A ce moment-là, il y avait des bombardements épisodiques et tout le monde, quelle que soit la tendance politique, pensait que l’affaire était enclenchée et qu’une guerre allait avoir lieu. Des échos, j’en ai parce que j’ai quelques contacts personnels et, heureusement, les SMS continuent à passer. J’ai eu plusieurs longues conversations téléphoniques ces jours-ci, mais je pense qu’il n’y a rien d’original par rapport à ce que rapportent les médias, en particulier Al-Jazeera qui est présente sur place. Depuis 13 (…)

La maison de mon ami Bassem Naim a été bombardée par Israël cette nuit

Christophe OBERLIN
J’ai fait la connaissance de Bassem Naim en Avril 2006, au son du canon*. Chirurgien de formation, Bassem Naim était ministre de la santé. Le Hamas venait de remporter les élections parlementaires et Israël bombardait Gaza. Le bruit des explosions, toutes proches du ministère de la santé, nous parvenait avec une régularité de métronome, sans perturber nos interlocuteurs. Plusieurs chirurgiens de mon équipe étaient allemands, et très vite la conversation s’est faite dans cette langue car Bassem et son directeur de cabinet avaient étudié dans ce pays. Bassem est resté longuement ministre de la santé. Pendant la guerre de 2008-2009 il dirigeait les secours depuis l’hôpital Shifa, principal hôpital de la Bande de Gaza. Il a identifié, au milieu des cadavres, le corps de son neveu ambulancier. Sa femme est morte d’un cancer de l’estomac. L’un de ses fils, étudiant en Egypte, a été longuement torturé à l’électricité dans l’Egypte de Moubarak, ce même fils qui, au coup d’état de (…)
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Gaza se prépare à la guerre

Christophe OBERLIN

Plusieurs bombes israéliennes sont tombées ces jours-ci sur Gaza. Cette nuit-même la dernière a creusé un cratère de plusieurs mètres de diamètre en plein centre-ville. Pour beaucoup, comme le Dr Sobhi Eskaik chef du service de chirurgie générale à l’hôpital Shifa, Israël va attaquer : « C’est comme ça qu’ils préparent le terrain. Nous avons malheureusement l’habitude ».

Depuis ce matin la plupart des interventions programmées ont été annulées, et le Dr Marwan Abu Saada, directeur médical, fait le tour des salles d’opération. Les urgentistes de Gaza ont tiré les leçons (1) du tri des blessés lors de l’attaque de l’hiver 2008-2009, et de nouveaux protocoles ont été appliqués avec succès lors de celle de 2012. L’ambiance n’est pas à l’optimisme. Pour les Gazaouis, les conditions sont réunies pour qu’Israël lance une nouvelle attaque. Après sept années de gestion dans des conditions de plus en plus difficiles, le pouvoir politique à Gaza est en grand faiblesse. L’économie, tirée par la construction, est maintenant asphyxiée par la fermeture des tunnels en provenance d’Egypte associée à l’embargo total sur le ciment édicté par Israël. Les fonctionnaires ne touchent plus que la moitié de leur salaire depuis plusieurs mois. A la suite de l’accord passé entre le Hamas et le Fatah, les ministres de Gaza se sont tous retirés, mais on ne voit rien venir (…)

Fermeture des tunnels entre Gaza et l’Égypte : les conséquences sont gravissimes

Christophe OBERLIN
Bien sûr, pleurer sur le sort de Gaza, hurler même ne sert plus à rien. Le nom Gaza est devenu l’un de ces trous noirs dont les spécialistes du big-bang tentent de déchiffrer la nature. Avec des amis médecins, depuis plus de dix ans, nous nous rendons en Palestine et à Gaza pour y pratiquer la chirurgie et l’enseignement. Et le niveau médical atteint aujourd’hui par nos confrères de Gaza est remarquable. Hormis les moyens ils n'ont rien, par la qualité des gestes accomplis, à envier aux hôpitaux occidentaux. Si le blocus qui accable cette province de Palestine depuis huit ans est injuste, et humainement terrible, le coup d’état du général Al-Sissi en Égypte ajoute au péril ordinaire, une vraie perspective de mort collective. Si ces quelques mots sont comme une bouteille à la mer, il serait bien que mes propos ne restent pas lettre morte et fasse ouvrir un œil à la communauté internationale endormie. Des effets dévastateurs sur l'économie En dehors des conséquences du (…)