auteur Edward S. HERMAN
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30 septembre 2014
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Krugman, Poutine et le New York Times (Dissident Voice)
Edward S. HERMAN
Paul Krugman est un journaliste-spécialiste de premier plan, sans doute, le plus instructif parmi les journalistes qui écrivent régulièrement pour le New York Times.
Il a mûri au cours de ses années au Times, probablement au grand dam des grosses légumes du journal.
Quand il a été embauché comme chroniqueur permanent en 2000, Krugman était un fervent défenseur de l'économie de marché, et dans sa toute première tribune (le 2 janvier 2000), il reprochait aux manifestants lors du Sommet de l''Organisation Mondiale du Commerce qui s'étaient rassemblés à Seattle (12/99) de traiter la mondialisation d'"idéologie de et pour une élite cosmopolite sans racines, déconnectée des gens ordinaires".
Il affirmait alors que le motif des manifestations était de "priver les travailleurs du Tiers Monde de chances de réussir". Le problème majeur pour le siècle à venir, tel que le voyait alors Krugman, était de savoir si cette récente révolution bénéfique qu'était la mondialisation obtiendrait (…)
20 mai 2014
Le cinglé, le démagogue et l’ex-colonel du KGB
Edward S. HERMAN
Le cinglé c’est John Kerry, qui s’est complètement grillé à faire la navette avec empressement entre Washington et Tel-Aviv pour tenter de jeter au moins « les bases » d’un accord israélo-palestinien (susceptible de créditer de quelque progrès ses gesticulations d’honnête courtier), tout en dénonçant avec véhémence le Président du Venezuela, Nicolas Maduro, pour « la campagne de terreur qu’il mène contre son propre peuple », et en dénonçant bien évidemment les Russes pour leur « agression » contre un régime ukrainien issu d’un coup d’État.
Sa vibrante déclaration : « On ne peut tout simplement pas au XXIe siècle se comporter comme au XIXe et envahir un pays sur le dernier des faux prétextes », est un archétype d’argument Orwellien, et dans l’improbable hypothèse où son nom apparaîtrait un jour dans les livres d’histoire, il pourrait bien se réduire à cette unique phrase. Ce coup d’éclat a instantanément déclenché une explosion d’hilarité et de sarcasmes en tous genre parmi les (…)
8 novembre 2013
La “Responsabilité de protéger ” (R2P) comme instrument d’agression
Edward S. HERMAN
La « responsabilité de protéger » est une fausse doctrine conçue pour miner les fondements mêmes du droit international
La « responsabilité de protéger » est une fausse doctrine conçue pour miner les fondements mêmes du droit international. C’est le droit réécrit en faveur des puissants. « Les structures et les lois sous-jacentes à l’application de la R2P exemptent les exécuteurs des grandes puissances des lois et règles qu’ils imposent aux puissances inférieures. »
La Responsabilité de Protéger (R2P) et le concept d’intervention humanitaire datent tous les deux du lendemain de l’effondrement de l’Union Soviétique – qui levait subitement toutes les entraves que cette Grande Puissance avait pu jusqu’ici opposer à la constante projection de puissance des États-Unis. Dans l’idéologie occidentale, bien sûr, les États-Unis s’étaient efforcés depuis la Seconde Guerre mondiale de contenir les Soviétiques ; mais ça, c’est l’idéologie… En réalité, l’Union Soviétique avait toujours été bien moins puissante que les États-Unis, avec des alliés plus faibles et moins fiables, et de 1945 à sa disparition en 1991 (…)
1er octobre 2013
« Les crimes des Etats-Unis ne sont jamais appelés génocides en Occident »
Edward S. HERMAN
Algeriepatriotique : Quelle est votre position par rapport à la crise syrienne ?
Edward S. Herman : Il s’agit d’une guerre par procuration déguisée en guerre civile qui implique l’intervention de nombreux pouvoirs étrangers, et menée par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, Israël et la Russie. L'intervention russe est la plus défendable puisqu’elle apporte son aide à un allié de longue date, la Russie étant la seule amie réelle de la Syrie dans la zone méditerranéenne. Les autres intervenants ont essayé de renverser le pouvoir syrien pour le remplacer par une marionnette à leur solde, et de détruire un Etat souverain qui ne serait plus un rival sérieux pour Israël. C’est une situation terrible pour les Syriens et pour le monde, avec un droit international en lambeaux – spécialement le droit contre les agressions, cœur de la charte des Nations unies – et un peuple en train d’être détruit.
Vous avez travaillé sur la propagande des médias. Pouvez-vous nous expliquer le rôle des (…)
USA : Pire que Chutzpah ! (Z Net)
Edward S. HERMAN
CHUTZPAH : désigne le dernier degré de l’arrogance, de l’impudence, de la plus totale absence de honte ou de scrupules. Synonyme généralement péjoratif d’audace, d’insolence, d’impertinence, il cesse d’être péjoratif dans les milieux où l’impudence est de règle… En hébreu, le mot chutzpah marque une indignation envers quelqu’un qui a dépassé outrageusement et sans vergogne les bornes du comportement acceptable.
Quand on voit la Secrétaire d'État Hillary Clinton et le président Barack Obama, l'air grave et offusqué, mettre en garde la Syrie contre un recours aux armes chimiques, « totalement inacceptable » selon Obama, ou « qui passerait la ligne rouge et dont les responsables auraient à en répondre » selon H. Clinton, et qu'on voit le New York Times [comme la plupart des médias occidentaux] et tout l'establishment occidental reprendre et soutenir ces déclarations, on reste baba devant une aussi époustouflante hypocrisie. Alors que les États-Unis, précisément, détiennent le record d'utilisation des armes chimiques dans le monde, se sont toujours opposés à la signature d'accords internationaux visant à en interdire l'utilisation, et utilisent aujourd'hui régulièrement leur armement à uranium appauvri (armement à la fois nucléaire et chimique, dont le nombre et le type de victimes va bien au-delà des cibles directes) dans tous les conflits qu'ils déclenchent ! L'utilisation massive d'Agent (…)
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