auteur Alain BOUSQUET
20 septembre 2013
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Quatre euros cinquante.
Alain BOUSQUET
Vous l’avez entendu comme moi, vous n’avez pas pu y échapper. Pour la première fois, le budget de l’État est en baisse. C’est la grande fierté du premier ministre, bien sûr, comme moi vous n’aviez pas voté pour cela, mais puisque le premier ministre est fier, c’est que, sans doute, il y a du bon là dedans…
Avec la belle réforme des retraites en cours, il y a une autre grande première. Les deux millions et demi de salariés rémunérés au SMIC, pour ne prendre que ceux-là, verront pour la première fois depuis l’existence du salaire minimum leur revenu baisser en valeur absolue. Sur la feuille de paie du jour d’après la reforme il manquera quatre euros cinquante… même pas une paire de lunettes au marché aux puces.
Bien sûr si Hollande avait dit au Bourget :
« Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, de visage, pas de parti, et pourtant il gouverne, c'est le SMICARD ! Ce pilleur, cette sangsue. (…) Maîtriser le coût du travail, sauver les marges des patrons commencera ici par (…)
la noyade.....
Alain BOUSQUET
La mer Egée est calme ce soir, la nuit qui enveloppe la gigantesque barcasse qui troue la flotte ne laisse rien voir de la destinée du rafiot.
C'est par ces nuits sans étoiles, ces obscurités sans lunes que les passeurs choisissent d'effectuer les traversées …. Fuir les ténèbres de la Syrie pour débarquer dans la nuit de la Grèce ou de l'Italie…. Cet obscur voyage ne supporte aucune lumière…..
Le bourdonnement du moteur diesel, rythme les pensées des migrants, ronflement ombreux dont le rythme improbable, imprécis et pourtant régulier fait surgir à l'arrière de la coque des bulles éphémères qui disparaissent sans même avoir laisser un scintillement, un éclat…..
Ce soir la nuit est parfaitement noire.
Bouzid est assis, tout près du moteur, le vieux a froid, enveloppé dans une belle couverture de laine blanche , il vient d'ôter son keffieh blanc et rouge de la tête pour le nouer sur ses épaules….. Bouzid, cela veut dire prospère en arabe, lui il est Druze, et pour la première (…)

