auteur Ali AKIKA
20 juin 2014
Lettre du Venezuela, un Algérien au pays de Chavez
Ali AKIKA
Je suis au Venezuela pour quelques semaines, un pays du bout du monde qui fait entendre sa voix dans le vacarme de la scène internationale. Un homme, porte-parole de cette voix, de cette révolution, est un descendant des esclaves africains. Militaire de son état, El Commandante Chavez a pourtant laissé de côté la critique des armes pour leur préférer les armes de la critique. Eh oui ! il n’est pas arrivé au pouvoir par un golpe del estato (coup d’Etat) dans la tradition des dictatures militaires sud-américaines. Il a préféré faire appel aux ressources de la politique qui font confiance au peuple. Pari gagné puisqu’il a battu la droite sans bavures par des élections transparentes. Ce tour de force en toute légalité, il le doit à la fois à son charisme qui n’est pas étranger à ses origines sociales et à sa grande culture. En effet, il tient en haleine la foule de ses partisans dans des meetings qui sont de véritables spectacles politiques et poétiques, le tout ponctué par des gestes (…)
13 janvier 2014
Syrie Le miroir des contradictions du monde arabe
Ali AKIKA
Des colonnes de réfugiés avançant sous le ciel des ténèbres vers un horizon incertain. Ils ont laissé derrière eux des fosses communes où s’entassent des cadavres, des éclopés, sans soins, souffrant le martyre, des enfants, des femmes et des hommes dont les larmes coulent dans un tonneau des Danaïdes.
La Palestine en 1948 et en 1965 fut la première victime de ces brigands « civilisés » qui vont répéter leur forfait. L’Irak, en 1991 et 2003, fut leur seconde victime. La Syrie aujourd’hui vit le même cauchemar. Ces croisés des temps modernes, conjuguant prétextes et forces brutales, s’engouffrent à chaque fois dans les brèches de pays fragilisés par des pouvoirs coupés de leur peuple.
Dans ces territoires, devenus arides politiquement, ne poussent que des dictatures engendrant une violence dont la nature et le degré nous saisissent d’effroi. Il faut bien un jour, il est du reste temps de se pencher sur les responsable du bilan de la répression et du sous-développement économique qui ont affaibli ces pays.
La noire et aveuglante lumière qui nous parvient de Syrie nous renseigne sur les forces politiques et les idéologies qui ont et qui labourent encore l’espace du monde arabe. Puisque chaos il y a, on est bien obligés de s’interroger sur les courants politiques qui lèvent haut leur étendard sans la moindre analyse critique de leur bilan. Sous la colonisation et ensuite avec les indépendances, les courants nationalistes (baâth en Syrie/Irak), le FLN algérien, le Destour tunisien et l’Istiqlal marocain portèrent le fer à la domination coloniale et dirigèrent les pays devenus indépendants.
L’islam, religion et culture « propriété » de tout le monde, ne posait (…)
27 septembre 2013
Syrie : les grandes manœuvres de l’ONU
Ali AKIKA
« Machin », ce mot de la langue populaire française utilisé par de Gaulle, un homme de « bonne éducation » et qui plus est un amoureux des mots, avait frappé l’opinion quand la France était en difficulté à l’ONU durant notre guerre de libération. Il devait être en colère le général pour se faire violence en abandonnant le langage châtié qui lui sied et en dérogeant aux us et coutumes mielleux de la diplomatie. Il faut dire qu’il avait quelque raison d’être marri.
Des diplomates-maquisards qui n’avaient pas encore une nationalité reconnue, venant de cette lointaine Algérie où flottait encore le drapeau français, avaient « retourné » l’auguste assemblée internationale contre son pays, membre SVP du Conseil de sécurité de cette ONU.
Un autre Etat, Israël s’en prend régulièrement à l’ONU quand il est régulièrement condamné pour sa conduite insensée contre le peuple palestinien. S’il est isolé devant l’Assemblée de l’ONU, cet Etat « sauve sa peau » devant le Conseil de sécurité (…)
22 septembre 2013
Syrie : pourquoi la guerre et pourquoi maintenant ?
Ali AKIKA
Les grands évènements de l’histoire, comme la chute des empires ou l’émergence de nouvelles puissances, ne résultent pas de petits accidents, ils sont plutôt engendrés par les volcans dont la grande histoire a le secret. Ainsi, ce n’est pas un hasard si la chute de Grenade (1492) a eu lieu au moment de la découverte de l’Amérique (1492). Ce n’est pas non plus un hasard si c’est un Italien, Christophe Colomb (du pays de la Renaissance en Europe) qui fut armé par la puissante Espagne pour aller à la découverte du nouveau monde.
Ces deux faits historiques nous ont fait assister à la naissance d’un nouveau mode de production, le capitalisme qui ouvre de nouveaux horizons balayant tout sur son passage par le feu et le fer. Les Indiens et les esclaves africains en savent quelque chose. Mais l’empire « arabo-musulman », stagnant dans le mode de production féodal avec son cortège de déchirures internes, va lui aussi en faire les frais et connaître son crépuscule (voir Ibn Khaldoun sur la (…)



