auteur Ammar BELHIMER
15 juin 2015
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« Irreal politik »
Ammar BELHIMER
Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d’analyse de JFC Conseil, revient sur la prise de Palmyre, la « Perle du désert », en Syrie, par les hordes de Daesh depuis le 30 mai dernier.
La question pertinente qu’il se pose est dans le titre de sa contribution : « Palmyre : otage de Daesh ou des Occidentaux ? »(*).
La prise de Palmyre et les relatives « victoires » de Daesh en Syrie et en Irak sont associées à de l’« irreal politik » et aux « flottements stratégiques » des deux piliers de la coalition internationale que sont la France et les Etats-Unis. S’agissant des « flottements stratégiques », l’auteur de l’article rappelle : « Les stratèges occidentaux, plus pragmatiques et réalistes que leurs dirigeants, le savent pertinemment : il n’y aura pas de victoire sur Daesh sans Assad et surtout son puissant allié iranien, voire même la Russie ! » Aussi, ne faut-il pas « enterrer trop vite le maître de Damas », relève encore Roland Lombardi. Une remarque pertinente que semble continuer d’ignorer le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, et certains autres responsables français qui réitèrent « les sempiternelles sornettes que leur soufflent aux oreilles (…)
3 juin 2015
Nasrallah s’attaque au takfirisme
Ammar BELHIMER
Aucun dogme, de quelque nature qu’il soit, ne peut transcender durablement les intérêts fondamentaux, nécessairement contradictoires, qui s’opposent parmi ses adeptes. Le discours religieux emprunte, lui aussi, forcément, la voie étroite de ces intérêts.
S’agissant plus particulièrement de ce qui incarne les aspirations à la dignité et à la justice sociale, le Hezbollah incarne, à bien des égards, tout à la fois la vieille gauche radicale arabe, le réformisme religieux et le nationalisme le plus conséquent. Il est, à lui seul, plus performant que tous les syndicats, les partis et associations de gauche du monde arabo-islamique réunis. Depuis qu’il a brisé le mythe de l’invincibilité de l’armée d’Israël au cours de la deuxième guerre du Liban, il a gagné l’estime et le respect de larges secteurs de l’opinion publique, dans le monde arabe et au-delà.
Une lecture attentive des deux derniers discours de son leader témoigne de la constance de positions fondées sur une analyse lucide (…)
Le fil conducteur
Ammar BELHIMER
Le capitalisme financier a-t-il enfanté une nouvelle structure sociale radicalement différente de celle qui a accompagné l’ère industrielle du même système ? Oui, si l’on croit Jean-Marc Vittori, éditorialiste au quotidien parisien de l’économie, Les Echos (*).
« Le salariat était parfaitement adapté à l’usine du XXe siècle. Il correspond de moins en moins à l’organisation de la production du XXIe siècle ... et aux aspirations de ceux qui travaillent », argumente-t-il.
Une « énorme vague » que « personne ne voit arriver » est résumée ainsi : « Les gouvernants, leurs opposants, les partenaires sociaux d’hier débattent de la meilleure façon de relancer l’emploi. Mais le travail change. Il change en profondeur. Il va changer dans les années qui viennent comme jamais depuis la dernière révolution industrielle. Encourager l’emploi sans voir ce bouleversement à venir, c’est ne pas voir la vague. »
Le travail, « qui a pris différentes formes au cours du temps », est profondément (…)
6 avril 2015
Menaces sur l’État-nation
Ammar BELHIMER
Un récent ouvrage de l’universitaire canadien, le professeur Michel Chossudovsky, connaît un énorme succès sur la Toile altermondialiste (*). Il remet au goût du jour une ancienne thèse soutenant que les différents conflits auxquels nous assistons aujourd'hui en Ukraine, en Syrie, en Irak, en Palestine ou ailleurs, relèvent d’un même agenda d’une simplicité ahurissante qui témoigne de la poursuite de l'hégémonie mondiale des États-Unis et de leurs alliés de l'Ouest sur les autres régions du monde.
La préface de l’ouvrage revient sur la notion de « globalisation de la guerre » comme projet hégémonique combinant les opérations militaires et de renseignement dans le Moyen-Orient, en Europe de l'Est, en Afrique sub-saharienne, en Asie centrale et en Extrême-Orient. L'agenda militaire américain est entièrement dévoué à la déstabilisation et la violation de la souveraineté des Etats.
« Dans tous les pays analysés, l'intention a été de détruire, déstabiliser et appauvrir des pays (…)
23 février 2015
Les lignes bougent en Syrie
Ammar BELHIMER
L’implication, directe et féroce, de la Turquie dans la destruction de ce qui était considéré comme la perle de l’Orient ne fait déjà pas l’ombre d’un doute depuis déjà bien longtemps. Elle remonte à loin.
En avril 2011, la direction du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie s’est réunie à Ankara pour débattre des troubles qui viennent de secouer la Syrie. La réunion a porté sur les réactions du gouvernement à la répression, jugée sévère et violente, des manifestations anti-Bachar Al-Assad.
Le magazine américain de politique internationale, Foreign Affairs, revient sous la plume d’Aaron Stein, sur les grands marqueurs des relations entre les deux voisins.
Il rappelle, à juste titre, que depuis 2002, la Turquie accorde un soin particulier à entretenir « de bonnes relations » avec Damas, faisant valoir notamment que les régions du nord de la Syrie s’intègrent dans ce qu’elle appelle « l’arrière-pays » (« natural hinterland »).
Jusqu’à ce fameux (…)




