auteur Marc DE MIRAMON

Sanctions économiques : l’arme de l’empire face au reste du monde

Marc DE MIRAMON

Décrété par Washington, le rétablissement unilatéral des sanctions contre l’Iran expose les partenaires potentiels de Téhéran à des amendes colossales.

L’Iran a appelé, dimanche, le monde à « parler d’une seule voix » contre les « actions irresponsables » des États-Unis, après l’annonce attendue, faite par Washington, le 19 septembre, de rétablir unilatéralement les sanctions des Nations unies contre Téhéran. Pour mémoire, et conformément à des menaces brandies il y a un mois, l’administration Trump a officiellement décrété une procédure dite de snapback (retour à zéro), censée permettre à l’un des signataires de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 par Barack Obama, de revenir au régime de sanctions en cas de non-respect de ce même accord, un mécanisme judiciaire jugé illégal par les autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU, les États-Unis s’en étant retirés unilatéralement en 2018. « Nous attendons de la communauté internationale et de tous les pays du monde qu’ils s’opposent à ces actions irresponsables du régime à la Maison-Blanche et qu’ils parlent d’une seule voix », déclare Saeed Khatibzadeh, (…)

Liberté pour Georges Abdallah (l’Humanité)

Marc DE MIRAMON

Le militant communiste libanais croupit en prison depuis 36 ans.

Il est l’un des symboles de la cause des prisonniers politiques révolutionnaires, dont le 19 juin prochain marque la Journée internationale : Georges Ibrahim Abdallah croupit dans les prisons françaises depuis 36 ans, alors qu’il est libérable depuis 1999. Le réseau associatif, militant et politique qui se mobilise pour sa libération déposera le même jour des milliers de signatures à la préfecture de Tarbes, chef-lieu du département du centre pénitentiaire de Lannemezan, où est détenu le cofondateur des Fractions armées révolutionnaires libanaises (Farl). Les annonces de la garde des Sceaux d’anticiper la libération de milliers de détenus français, dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus, avaient laissé entrevoir sa possible libération, espoir douché dans un courrier daté du 9 mai dernier, signé par cette même Nicole Belloubet. Sans surprise, le gouvernement français s’abrite derrière le principe de séparation des pouvoirs pour justifier le maintien en détention (…)

Alain Chouet : « Nous sommes alliés avec ceux qui sponsorisent depuis trente ans le phénomène djihadiste »

Marc DE MIRAMON

Pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE, la « guerre de civilisation » et celle contre le « terrorisme » brandies par le gouvernement comme par l’opposition de droite constituent une imposture qui en masque une autre, celle de l’alliance militaire entre les pays occidentaux et les parrains financiers du djihad.

Humanité Dimanche. Comment analysez-vous le profil de Yassin Salhi ? Correspond-il à celui du « loup solitaire » ou à celui d’un terroriste agissant pour le compte d’une organisation structurée ? Alain Chouet Il ne s’agit pas d’un loup solitaire mais plutôt d’un crétin solitaire ! Les réactions médiatiques sont dans l’ensemble pathétiques. La presse a soutenu pendant trois jours que c’était un dangereux terroriste et j’ai refusé toute interview à ce sujet parce qu’il semblait bien qu’il s’agissait d’un acte personnel sans lien avec la mouvance terroriste. Ce type pète les plombs, tue son patron avant de tenter de rationaliser son acte comme le font tous les psychopathes et les sociopathes. Alors il hurle « Allahou Akbar », et il envoie une photo au seul copain qu’il connaît qui se trouve en Syrie, peut-être dans l’espoir que l’« État islamique » revendique son acte. Est-il possible d’établir un lien entre la tuerie de Sousse et l’attentat commis au Koweït contre la minorité (…)

Irak, pour Robert Baer : « c’est toute la région qui pourrait s’embraser »

Marc DE MIRAMON

L’ancien chef de région de la CIA au Moyen-Orient, spécialiste des relations internationales et de la politique étrangère états-unienne, décrypte l’offensive fulgurante de l’État islamique en Irak et au Levant.

HD. Que sait-on de ce groupe terroriste, l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) ? ROBERT BAER. Avant tout, il est essentiel de comprendre qu’il y a une rupture générationnelle au sein de la population sunnite irakienne, due au fait que les vieux sunnites issus du parti Baas et les chefs tribaux n’ont strictement rien obtenu du gouvernement chiite. Donc, les jeunes chefs tribaux se sont rangés derrière ce nouveau groupe, l’EIIL. Il constitue une sorte d’avant-garde ultraviolente des sunnites. Le soulèvement qui a eu lieu dans la province d’Anbar et à Mossoul a été largement soutenu par la population. Il ne faut pas perdre de vue que les sunnites ont été absolument dévastés par ce qui s’est produit en 2003 – l’invasion américaine, la dissolution de l’armée irakienne – et ils ripostent comme ils le peuvent. HD. Au-delà de ce soutien local, ont-ils des relais extérieurs, par exemple en Arabie saoudite ou en Turquie ? R. B. Ce qui est certain, c’est que des donateurs privés (…)