auteur Ramona WADI

Décès du « maître du droit » français à l’origine des mandats d’arrêt de la CPI

Ramona WADI
Gilles Devers, avocat et docteur en droit français, est décédé mardi. Le « champion de la justice palestinienne » avait 68 ans. Devers était considéré comme le « maître du droit » à l’origine des mandats d’arrêt émis la semaine dernière par la Cour pénale internationale (CPI) contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Sa maladie le faisait beaucoup souffrir, mais le jour où les mandats ont été émis, il a dit à son fils : « Maintenant, je peux mourir en paix ». Malgré la douleur, il a tenu à parler aux médias de cette victoire judiciaire exceptionnelle et a fait ses dernières déclarations sur le sujet à Al Jazeera. Pendant 30 ans, Gilles Devers a partagé son travail entre les secteurs de la santé et du social et la défense des minorités en France et dans le monde. La cause palestinienne était sa première priorité, et il était l’un des porte-parole d’un (…)

La normalisation de la terminologie de l’ONU conduit à la normalisation du génocide

Ramona WADI

Le génocide en cours commis par Israël à Gaza est étouffé par des conditions qui, pendant des décennies, n’ont rien fait pour atténuer les conséquences du colonialisme de peuplement pour les Palestiniens, et encore moins pour leur assurer une quelconque sécurité ou libération.

Chaque fois que les hommes politiques, les diplomates ou les médias ne mentionnent pas la cause profonde de la violence, l’impunité d’Israël augmente, tout comme sa présence en Palestine. Les Palestiniens, quant à eux, sont privés du peu d’espace qui leur reste, et leur présence risque d’être anéantie par Israël. Alors que l’ONU a utilisé des termes tels que droit international, cessez-le-feu, aide humanitaire, déplacement forcé, expansion des colonies et bien d’autres qui font référence à des violations spécifiques commises par Israël, ce qui manque dans le récit, c’est l’identité coloniale d’Israël et sa présence en Palestine. La normalisation de la terminologie de l’ONU conduit à la normalisation du génocide. À partir de 1967, lorsqu’Israël a établi son occupation militaire de la Palestine comme une nouvelle étape dans ses objectifs coloniaux, la communauté internationale a trouvé plus facile et plus confortable de parler de « mettre fin à l’occupation » et d’établir « une (…)

Les États-Unis et l’UE font de la défense d’Israël un objectif prioritaire (middle east monitor)

Ramona WADI

Passant rapidement d’un euphémisme à l’autre, les atrocités commises par Israël à Gaza dans le cadre de l’opération « Protective Edge » ont ciblé les zones civiles, comme on pouvait s’y attendre. Résultat : les morts s’accumulent, certaines personnes perdent leur toit tandis que d’autres sont victimes de blessures.

Selon le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, cette attaque soi-disant destinée à affaiblir le Hamas s’intensifiera progressivement. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aurait formulé une demande de protection internationale pour le peuple palestinien. Cet oubli évident peut être décelé dans deux articles récents rédigés par le président américain Barack Obama et par Lars Faaborg-Andersen, ambassadeur de l’Union européenne en Israël. Les deux articles, publiés dans le journal Haaretz et juxtaposés à la promotion d’un programme de « Conférence israélienne sur la paix », affichent une attitude condescendante à l’encontre des Palestiniens tout en insistant sur le fait que la sécurité d’Israël est un objectif prioritaire à atteindre. L’escalade progressive de la brutalité d’Israël contre les Palestiniens est à peine mentionnée à côté du deuil fictif d’Obama vis-à-vis de la mort des trois colons israéliens et, après coup, d’une mention de Mohammed Abou (…)

L’humiliation incessante des prisonniers palestiniens (Middle East Monitor)

Ramona WADI
Alors que l'indignation internationale sur le sort de Samer Issawi a considérablement diminué après l'accord entre les responsables israéliens et palestiniens qui a mis un terme à sa grève de la faim, la détérioration de la santé des autres prisonniers palestiniens n'a que très peu attiré l'attention des grands médias. A cet égard, un rapport récent des Nations Unies met en lumière les violations israéliennes des droits de l'homme, pour lesquelles l'organisation exprime, de façon répétitive et inefficace, sa "préoccupation" vis-à-vis de ces pratiques déshumanisantes. L'expression modérée de "préoccupation", qui grimpe à "alarmante" en référence à la détention des prisonniers palestiniens, ne tient pas Israël responsable de négligeance de ses obligations en tant que puissance occupante. L'humiliation incessante des prisonniers palestiniens Au lieu de cela, le rapport se concentre sur des violations bien connues qui ont détourné l'attention des répercussions de tels abus, tout en (…)