Loan NGUYEN
Face à la mobilisation des jeunes, la réponse des autorités consiste à placer des policiers devant les portes des lycées. Le lycéen parisien est mis en examen pour avoir mis le feu à un papier pendant le blocage de son établissement, vendredi dernier.
Il a tout juste 15 ans et risque jusqu’à dix ans de prison et 75 000 euros d’amende pour une broutille. Vendredi 1er avril, alors que les élèves du lycée Voltaire, situé dans le 11e arrondissement de Paris, organisent le blocage de leur lycée pour protester contre la loi El Khomri, sous l’œil bienveillant de leurs enseignants, un groupe de lycéens chahutent à proximité. L’un d’eux met le feu à une feuille et la jette dans une poubelle. « Mais j’ai tout de suite refermé le clapet de la poubelle, et la petite flamme s’est éteinte immédiatement. Il n’y a eu aucun flambage, ça fumait juste un peu après », témoigne Maguy Day, professeur d’anglais dans l’établissement, qui décrit une ambiance « Pieds Nickelés, pas du tout agressive ». « Quinze minutes après, les policiers sont arrivés et ont demandé qui était impliqué dans le feu, et Ryan, très naïvement, a dit qu’il faisait partie du groupe », poursuit l’enseignante. « Ils l’ont embarqué comme un délinquant. On a été plusieurs (…)
Loan NGUYEN
Un manifestant contre la loi El Khomri affirme avoir entendu un pompier de Paris dire que ceux-ci ont comme consigne de ne pas porter assistance aux manifestants blessés. Volonté au sommet de « punir » les opposants à la loi, ou malentendu ? La préfecture garde le silence.
Les sapeurs-pompiers parisiens auraient-ils des critères d’intervention autres que médicaux ? C’est la question que se pose Josué, l’un des participants à la manifestation parisienne contre la loi El Khomri de jeudi. Ce jour-là, le jeune informaticien et syndiqué CGT et ses amis arrivent en retard place d’Italie pour manifester leur rejet de la réforme du Code du travail. Ils souhaitent rejoindre le cortège, mais au bout de quelques minutes, l’une des collègues de Josué trébuche sur un pavé et se tord la cheville. « Comme il pleuvait et qu’on voulait la faire asseoir à l’abri, nous sommes entrés dans une pharmacie. De là, la pharmacienne a appelé les secours », relate Josué. S’ensuivent des questions d’ordre médical classiques, puis « la pharmacienne, semblant retranscrire les questions des secours, demande si nous étions dans la manifestation », souligne l’informaticien. « Je me suis étonné de la question, et j’ai demandé à la pharmacienne quel rapport cela avait avec la blessure (…)
Loan NGUYEN
La science au futur. L’œil omniscient et omnipotent, permis par les drones, ces véhicules aériens sans pilote embarqué, des grandes armées mondiales
se déporte aujourd’hui dans la sphère civile. Avec le but affiché de protéger les êtres humains... mais aussi de les contrôler.
Lorsque l’on tape le mot « drone » dans un moteur de recherche aujourd’hui, au côté des articles de presse égrenant la liste des dernières campagnes d’assassinats ciblés des armées américaines et israéliennes s’affichent désormais des photos aériennes de splendides paysages et autres vidéos d’adorables dauphins jouant dans les vagues dont les internautes sont si friands. C’est que l’outil développé depuis la Première Guerre mondiale comme engin de surveillance puis arme privilégiée des grandes puissances militaires pour sa capacité à « projeter du pouvoir sans projeter de vulnérabilité » (1) tend ces dernières années à s’émanciper des lignes de front.
Du contrôle des voies ferrées à l’intervention dans le cadre d’accidents chimiques ou nucléaires, en passant par le modélisme récréatif ou la livraison de colis, les applications civiles des UAV (Unmanned Aerial Vehicles, « véhicules aériens sans pilote embarqué » – NDLR), contrôlés à distance et de plus en plus automatisés, (…)
Loan NGUYEN
Portrait. Tout augmente, sauf les salaires. Alexandra et Ludovic, couple d’employés aux revenus modestes et parents de deux enfants près de Lyon, redoutent que 2014 ne soit synonyme d’une nouvelle baisse de leur niveau de vie.
Le sapin de Noël richement décoré trône encore dans le salon où ils viennent de fêter la nouvelle année et, pourtant, la magie des fêtes s’estompe très vite dès qu’on aborde la perspective du niveau de vie de la famille pour 2014. « Optimistes de nature », comme ils se décrivent eux-mêmes, Ludovic et Alexandra, quarante-cinq et quarante et un ans, tous deux employés de supermarché près de Lyon et parents de deux filles de treize et seize ans, ne sont pas du genre à se plaindre, mais l’alourdissement du coût de la vie commence sérieusement à leur peser. Alors, quand on leur annonce qu’en 2014 leur pouvoir d’achat va encore reculer, ce n’est pas un coup de massue, mais un nouveau resserrage de ceinture qui les inquiète quelque peu. Certes, ils sont tous les (…)