auteur Yanis VAROUFAKIS

Le « nouvel ordre mondial » est-il vraiment nouveau ?

Chris HEDGES, Yanis VAROUFAKIS
Transcription & traduction de la vidéo : Chris Hedges : Le plan de paix factice de Donald Trump, adopté par le Conseil de sécurité dans une trahison stupéfiante des Palestiniens et une violation flagrante du droit international, est supervisé par le soi-disant Conseil de la paix. Alors que les dirigeants européens ont tourné le dos au Conseil de la paix, de nombreux régimes autoritaires – dont l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Égypte et le Maroc – ont adhéré à cette mascarade. Trump affirme que chaque membre devra verser un milliard de dollars pour y adhérer. Conçue initialement pour superviser la transformation de Gaza, elle a élargi sa mission afin de servir de contrepoids aux Nations Unies, que Trump et ses alliés autoritaires cherchent à démanteler. Le Conseil de la Paix sera présidé par Trump à perpétuité. Son comité exécutif, composé de personnes ayant peu d'expérience dans la région et ayant toutes apporté un soutien sans réserve au génocide, comprend le (…)

Hier soir, Julian Assange m’a appelé. Voici de quoi nous avons parlé (Diem25)

Yanis VAROUFAKIS
Hier soir, immédiatement après notre premier événement télévisé DiEM25, mon téléphone a sonné. C'était Julian. De la prison. Ce n'était pas la première fois qu'il m'honorait profondément en utilisant les quelques appels que la prison lui permet de passer pour m'appeler. Comme à chaque fois, lorsque je suis surpris en reconnaissant sa voix, un torrent d'émotions me submerge. La culpabilité, principalement, à l'idée que, dès que la ligne sera coupée, il restera là - dans l'endroit extrêmement sombre où il a été confiné en raison d'une décision qu'il a prise il y a longtemps pour nous aider à comprendre ce que les pouvoirs en place ont fait en notre nom à notre insu et sans notre consentement. Julian voulait parler des effets de Covid-19 sur le monde dans lequel nous vivons et, bien sûr, sur son cas. Il a fait remarquer que le manifeste électoral de Jeremy Corbyn, que l'establishment avait fustigé pour être trop radical, semble maintenant déraisonnablement modéré. Nous avons ri de (…)
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Pourquoi j’ai voté contre, pourquoi j’ai voté pour

Yanis VAROUFAKIS

LGS donne à lire ici deux textes (apparemment contradictoires, mais cohérents) par lesquels l’ancien ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, explique les raisons de son vote contre le nouveau mémorandum, puis de son vote pour sa mise en oeuvre.

POURQUOI J’AI VOTÉ CONTRE J’ai décidé d’entrer en politique pour une raison : pour être aux côtés d’Alexis Tsipras dans la lutte contre la servitude de la dette. De son côté, Alexis Tsipras me fit honneur en me mobilisant pour une raison : une conception très précise de la crise fondée sur le rejet de la doctrine Papaconstantinou [conseiller économique (2004-2007) puis ministre des Finances (2009-2012) de Papandréou, NdT], selon laquelle entre la faillite désordonnée et les emprunts toxiques, l’emprunt toxique est toujours préférable. Il s’agit d’une doctrine que je rejetais car elle faisait peser une menace constante dont le but était d’imposer, dans la panique, des politiques qui garantissent une faillite permanente et, en fin de compte, la servitude par la dette. Mercredi soir, au Parlement, j’ai été appelé à choisir entre (a) adopter la doctrine en question, en votant pour le texte que les « partenaires » avaient imposé à la manière d’un coup d’État et avec une brutalité (…)
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Yanis Varoufakis met en lumière les appétits des liquidateurs de la Grèce

Yanis VAROUFAKIS

L'ex-ministre des finances grec, qui a rejeté l'accord à la Vouli hier soir, décrypte sur son blog les implications concrètes de chaque point du texte imposé par l'Eurogroupe. A travers ses remarques, il révèle ses desseins prédateurs. Il montre comment l'accord ouvre un boulevard à ceux qui ont pour projet de faire de la Grèce un paradis social et fiscal pour les entreprises transnationales qui convoitent des pans entiers du patrimoine industriel et des secteurs vitaux dont la privatisation est exigée.

A quelques heures du vote du Parlement sur l'accord du 13 juillet, l'économiste a publié une version intégrale du texte, avec ses remarques et annotations (en gras). Loin du "plan de sauvetage", ce texte est un coup d'arrêt à toute tentative de relance économique et prône la vente à la découpe du patrimoine industriel et des secteurs vitaux de l'économie grecque. (lire la version originale en anglais) "Le sommet de la zone euro souligne la nécessité cruciale de rétablir la confiance avec les autorités grecques [le gouvernement grec doit instaurer une austérité encore plus rigoureuse frappant les citoyens grecs les plus vulnérables, qui ont déjà largement souffert], condition préalable pour un éventuel futur accord sur un nouveau programme du MES [pour un report de ce prêt non viable]. À cet égard, il est essentiel que la maîtrise du processus revienne aux autorités grecques [le gouvernement Syriza doit signer une déclaration stipulant qu’il s’est soumis à la ‘logique’ de la (…)

Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission

Yanis VAROUFAKIS

Interview de Yanis Varoufakis (traduit par Monica M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.

Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l’UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l’Hydre, ce qui l’a conduit à démissionner après le référendum.

Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ? Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde - Je n'ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J'ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l'autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire. HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ? YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l'information qui arrive, qui confirme vos pires craintes...voilà qu'il est en votre "pouvoir" que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez - la situation était pire que vous l'imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n'être plus aux premières loges. HL : De quoi parlez-vous ? YV : L'absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des (…)