Olivier FOREAU
Pendant longtemps, nous n’avons vu que son côté sombre. Mais à mesure qu’il trahit son électorat, Donald Trump est devenu peu à peu une figure plus proche de nous, à la fois sensible et rassurante. L’an dernier déjà, son soutien participatif à l’anéantissement de Gaza, ses meurtres en série dans les Caraïbes, avaient montré combien au fond de lui-même, il partage nos valeurs. Depuis qu’il kidnappe des dirigeants et les menace de mort, un vent d’espoir s’est levé parmi les partisans de la démocratie, bluffés par son approche disruptive de l’émancipation des peuples. N’était-il pas naturel de compter sur lui pour réaliser notre rêve de toujours, à savoir rayer l’Iran de la carte ?
Des Lumières aux anti-Lumières
Comme nombre de gouvernements que nous avons en horreur (Cuba, Chine, etc.), le régime iranien est issu d’un vaste soulèvement populaire : c’est dire si d’emblée, il ne prenait pas le chemin de la démocratie.
Jusqu’à ce soulèvement inconsidéré, les masses baignaient dans l’euphorie, sous la houlette bienveillante et progressiste du Shah, et de sa police politique formée aux techniques de torture les plus modernes. Certes il s’agissait d’une monarchie, mais tellement brutale et corrompue qu’au bout du compte, elle ne différait pas fondamentalement d’une démocratie comme la nôtre : de l’aveu général, le pays était en voie d’européanisation, c’est-à-dire de soumission complète aux intérêts US.
Mais en 1979, le rêve tourne court. Sous l’impulsion fanatique des mollahs, les vieux démons ressurgissent : conservatisme, repli sur soi, antiaméricanisme... Livré à lui-même, le peuple choisit l’oppression (comme il le fait toujours). Les femmes perdent leur (…)
Olivier FOREAU
Quand on se bat au quotidien pour nos valeurs, comme Brigitte Macron par exemple, il n’est pas rare qu’on se retrouve ciblé.e par toutes sortes d’insinuations abracadabrantesques. Mais la haine de la démocratie est un virus qui ne connaît pas de frontières. C’est ainsi qu’en novembre dernier, un bruit insidieux a commencé à se répandre : Zelensky serait « englué dans un scandale de corruption » (Les Echos, 16/11/2025).
« Un scandale à 100 millions de dollars secoue Zelensky », affirme Paris Match ; « Séisme en Ukraine », titre Le Temps... C’est à se demander si parfois, on ne nous prendrait pas pour des imbéciles. Un scandale de corruption, en Ukraine ? Nous sommes peut-être naïfs, mais de là à gober une chose pareille ! Commençons donc par examiner les faits (si faits il y a), plutôt que de céder à l’hystérie médiatique.
Chronologie d’une rumeur
Cette affaire est d’autant plus troublante qu’elle survient au moment même où sur le plan militaire, tout allait pour le mieux. (…)
Olivier FOREAU
Il est bien naturel qu’en tant que sous-étasuniens, nous ayons suivi les élections américaines avec comme toujours, un mélange d’espérance et de sueurs froides. Il faut dire aussi que tous les quatre ans, c’est notre avenir qui se joue : contre qui serons-nous en guerre l’an prochain ? À quelles nations aurons-nous encore le droit d’adresser la parole ? Quels groupes terroristes financerons-nous, quels apartheids cautionnerons-nous, à quels génocides collaborerons-nous ? Autant de questions en apparence anodines, mais relevant de l’essence même de ce que nous sommes : un peuple libre et souverain, guidé par ses valeurs.
Une perte indicible
Ce n’est pas sans raison si le 5 novembre dernier nous avons eu la sensation, désormais familière, de vaciller dans l’abîme. La débandade vertigineuse du camp démocrate a été comme un coup de tonnerre dans le ciel livide de nos derniers espoirs : comment un pays qui a été capable d’élire Joe Biden, a-t-il pu passer à côté de Kamala Harris ?
Avec elle, c’est une nouvelle part de nous-mêmes qui s’effondre. Son programme visant à « tourner la page » tout en continuant à faire exactement la même chose, avait tout pour nous séduire. Et la force de ses engagements, comme par exemple son soutien sans faille à l’anéantissement des habitants Gaza, n’a laissé personne indifférent. Avec elle, la gauche mondiale vient de perdre une de ses figures les plus inspirantes, du calibre d’une Sandrine Rousseau, voire même d’une Marlène Schiappa.
De part et d’autre de l’Atlantique, beaucoup s’interrogent : que va-t-il rester de la démocratie ?
Des conséquences incalculables (…)
Olivier FOREAU
Á l’heure même où la contre-offensive ukrainienne s’achemine vers le triomphe, il est étrange que nous soyons si chichement informés de ses progrès. Bien sûr, cela fait chaud au cœur d’apprendre que les frappes ukrainiennes continuent de décimer avec succès les populations civiles, mais qu’en est-il de la percée victorieuse de nos forces sur la ligne de front ? Comment se fait-il que nos médias, qui jusqu’ici nous briefaient au quotidien sur la débandade des troupes de Poutine, aient basculé depuis début juin dans une sorte d’apathie, voire de mutisme ?
Sans la perspicacité suraiguë de Catherine Colonna, nous n’aurions jamais compris la vraie raison de ce changement : « la France a déjoué une campagne numérique russe de désinformation » visant à « saper les conditions d’un débat démocratique », révèle France 24 le 13/06/2023. Heureusement qu’en France il n’y a de débat sur rien, sinon le pire aurait pu être à craindre. Une campagne de manipulation complexe et persistante
« Au moins quatre quotidiens français ont été victimes de l’opération. (...) Les hackers produisaient de faux articles sur une page en tout point identique à celles du site officiel de ces médias » : en clair et aussi incroyable que cela puisse paraître, nous pourrions ouvrir Le Parisien ou Le Monde, et nous retrouver face à un torrent d’affabulations plus absurdes les unes que les autres.
Sur les réseaux sociaux, ces faux articles sont partagés par des vrais utilisateurs abusés par cette propagande, nous prévenait déjà L’Echo au mois de février. Bref, (…)
Olivier FOREAU
Si par moments, il arrive que le doute vienne perturber la satisfaction que nous nous inspirons à nous-mêmes, la première chose à faire, c’est de relâcher sans hésiter les muscles de notre corps. Il suffit ensuite d’allumer France Inter pour renouer avec la paix intérieure, et mesurer l’étendue de notre résilience.
Écoutons par exemple l’éditorialiste Jean-Marc Four, qui dans un podcast d’autant plus revigorant qu’il suinte à grosses gouttes la foi en nos valeurs, nous livre ses réflexions pleines d’espoir sur l’année écoulée.
Pour quiconque jette un œil par-delà nos frontières, il est clair que « le bilan est déprimant », à cause notamment de la « fascination mondiale pour les hommes forts » (seuls les pays libres, conduits par un légume en phase terminale, ont su ne pas tomber dans ce piège).
Mais si « la démocratie parait fragilisée, le côté obscur de la force n’a pas encore gagné ». En effet, « les militants pro démocratie n’ont pas renoncé, preuve que l’aspiration à plus (…)