Philippe BELAIR
En 1853, sous Napoléon III, la France a pris possession du pays Kanak pour le baptiser « Nouvelle-Calédonie » en toute illégitimité et dans la prétention toute impériale de l’époque : cet impérialisme, stade suprême du capitalisme. Ce vol des terres ancestrales du peuple Kanak fut adoubé de la mise à l’écart de ce dernier jusqu’à le parquer dans des réserves. Pratique inhumaine et raciste inspirée de la ségrégation aux États-Unis pour voler la terre des autochtones.
Après plusieurs révoltes, dont celle de 1878 qui illustra la barbarie du colon dans toute sa splendeur, c’est dans les années 1980 que la révolte des Kanaks fut la plus forte, la plus organisée et la plus décisive, contraignant la France et les nouveaux habitants d’origine essentiellement Européenne, dont les descendants d’anciens bagnards, à signer des accords en juin et août 1988 qui prévoyaient l’émancipation politique à terme par voie démocratique. Ces accords ont été approuvés, en France, par le référendum du 6 novembre 1988. Un autre accord sera conclu à Nouméa, en 1998, gelant le corps électoral et transférant des pouvoirs de l’Etat.
Pour comprendre la logique de ces accords, il faut revenir sur les conséquences de cette colonisation quasi-génocidaire provoquant le recul de la population Kanak qui est passée de 96% contre 4% pour les colons en 1866 à 39% contre 27% d’Européens – 23% d’asiatiques et Océaniens et 11% d’autres. Une première politique de recolonisation forcée (…)
Philippe BELAIR
En février 2022, nous faisions une revue de la situation sociale en Guadeloupe sous le titre "Guadeloupe : Chronique d'une actualité sociale vue de l'intérieur !" où nous faisions état des événements sociaux de l'époque. Une année s'est épuisée et ces événements n'ont guère changé mais la lutte et la témérité militante sont toujours et encore présentes envers et contre toute attente de l'oligarchie locale et nationale.
Octobre 2022 : "De quoi FIONA est-elle vraiment le nom !"
FIONA est le nom du dernier phénomène cyclonique passée sur la Guadeloupe en Septembre 2022. Nous n'avons eu de cesse, depuis tantôt, d'interpeller les autorités politiques et sanitaires sur le caractère archipélagique mais, aussi, sur la dimension multirisque de la Guadeloupe. Notre organisation syndicale, en conséquence de quoi, s'interroge souvent sur des décisions technocratiques et idéologiques qui démontrent, de manière récurrente, qu'il y a un fossé entre la prospective politique et le factuel, le terrain.
Nous avons eu à subir des décisions complètement hors sol pour le COVID mais, en fait et en Guadeloupe, cette pratique existait déjà depuis fort longtemps pour les phénomènes naturels. Rappelons-nous l'époque où l'alerte graduée et bien calée dans le temps permettait à tous de vaquer et de préparer l'arrivée d'un cyclone. Nos grands-parents, eux, n'avaient droit qu'à un avertissement de dernière minute au son (…)
Philippe BELAIR
Sur le plan National, bien loin de la réalité insulaire de la Guadeloupe, beaucoup de médias se sont empressés de reprendre à l’unisson des informations filtrées par le gouvernement, l’ARS, la Préfecture et même le procureur de Pointe-à-Pitre. La dernière prouesse revient à « Libération » qui, sans aucune vérification d’usage allant dans le sens de l’objectivité que l’on exige du travail journalistique, présente le collectif des organisations en lutte de Guadeloupe comme étant un ramassis de comploteurs pro-gangs sur des bases douteuses. Il est clair que, tout comme dans la prétendue lutte contre les « fake-news » (« contre-vérités » en bon Français), les chiens de garde s’appliquent à défendre le système qui les nourrit. Par conséquent, il est de meilleur aloi, ici, de faire saillir un point de vue de l’intérieur au travers d’une chronique hebdomadaire, réalisée sur les deux derniers mois, d’une des organisations syndicales partie prenante à seule fin de se faire une idée plus précise des faits.
10 Janvier : L’alibi du Bamou !
« Quand le taureau refuse de franchir une clôture, il prétend avoir les cornes trop longues ! » (A tout mauvais gré prétexte est bon) affirme un vieux et bien connu proverbe créole. Ici, le bovidé est souvent qualifié de bamou en référence aux zébus venus des iles hispanophones que l’on faisait avancer en criant « vamos » mais, de manière plus générale, le bamou peut-être soit un rustre soit un béni-oui oui. L’un ou l’autre, quand le bamou refuse d’entendre raison il faut faire montre d’un rapport de force important pour le convaincre à franchir des limites qu’il s’est mis en tête.
Le capitalisme mondial est en pleine nouvelle crise après avoir cru se servir de la Chine, cette dernière semble bien lui avoir donné des cornes très longues. La seule manière de s’en sortir est de tenter de prendre une avance technologique, plus précisément biotechnologique, quitte à instaurer une tyrannie au prétexte d’une crise sanitaire tout en finançant cette (…)
Philippe BELAIR
« Celui qui aime tuer doit aimer mourir ! » Proverbe créole. Depuis le mois de janvier 2020, au moment même où les chinois avertissaient le monde de la dangerosité du virus du COVID, le gouvernement était encore « rassuriste » au point de qualifier la pandémie de simple grippette. Depuis, sont passés des mois d’erreurs et de décisions incohérentes aboutissant à des scandales et à la mise en danger permanente des citoyens et des soignants. Les rares scientifiques ou intellectuels qui ont eu la lucidité de s’interroger, voire de critiquer, ont connu le bannissement social.
La dernière trouvaille magique de nos apprentis sorciers dirigeants est l’essai clinique à base d’ARN messager ou à vecteur viral – nouvelles biotechnologies ultra rentables financièrement mais nous plongeant dans l’inconnu sanitaire - que l’on nous a présenté comme étant la solution ultime à plus de 90% dès le début, puis à moins de 50% jusqu’à advenir juste une « protection des formes graves » et finalement mutant en obligation absolue pour les soignants et, de manière à peine voilée, habilement « conseillé » à tout un chacun.
Le problème est que, voulant aller trop vite pour imposer cette « nouvelle technologie vaccinale », les autorités de tous les pays occidentaux ont commis l’erreur d’interdire à la médecine de faire ce qu’elle sait faire depuis toujours, soigner. Nous faisons face à une véritable gestion idéologique tant sur le choix économique de la réponse thérapeutique que sur le choix des contraintes de mise en place pour faire passer la pilule. En Guadeloupe, la (…)
Philippe BELAIR
En septembre 2017, l'ile de Saint-Martin connaissaient une catastrophe suite au passage de l'ouragan Irma. Nous avions, dans un article "Tout vas très bien Madame Irma... Le capitalisme, Jupiter et la propagande feront le reste !", analyser les raisons profondes des conséquences de la catastrophe et de sa gestion en faisant le parallèle avec la gestion des autres pays voisins de la Caraïbe, singulièrement Cuba.
Il était clair que cette gestion, par ce gouvernement ultralibéral, allait dans le sens de faire de cette catastrophe naturelle une aubaine "économique" en y donnant une réponse mercantile. Nous passerons sur le rapatriement rocambolesque et exclusive des français de France sous l'œil ébahi des Français de Saint-Martin qui n'en revenaient pas, première faute politique qui constituait de facto les éléments d'une gestion colonialiste. Là où le colonialisme exulte, le capitalisme règne en maître et la suite, deux ans plus-tard, donne encore raison à l'analyse Marxiste-Lénine qui reste d'une actualité implacable. Sauf que contrairement à ce que l'on pourrait croire, le colonialisme n'est pas à Paris mais à Bruxelles, Paris n'étant qu'un bouclier trompe-l'œil même si le comportement Parisien demeure nostalgique.
Aujourd'hui, l'Ile est en feu et ce depuis quelques jours, des barricades sont montés de partout par la population qui se sent lésée par les politiques "publiques" qui ont (…)