Yves GUÉCHI
Sous couvert de fermeté et de bon sens, la Droite Républicaine a consacré une journée entière à des propositions de loi qui dessinent une même ligne politique : punir les plus précaires et faire de l’étranger un problème à gérer plutôt qu’un être humain à protéger. Derrière des textes techniques et des discours sécuritaires se cache une stratégie assumée de stigmatisation, d’exclusion et de durcissement social. Cette offensive législative ne répond ni aux urgences sociales ni aux défis migratoires. Elle organise, méthodiquement, l’aggravation de la précarité au nom de l’ordre.
Voici une journée parlementaire comme un révélateur. Le jeudi 22 janvier, le groupe Droite Républicaine, héritier direct des Républicains, a déroulé un chapelet de propositions qui, mises bout à bout, dessinent une vision claire de la société. Une société plus dure, plus punitive, plus méfiante. Et surtout une société où les personnes étrangères, immigrées, ou simplement perçues comme telles, deviennent des cibles politiques permanentes.
On pourrait lire cette liste comme une succession technique de textes. Ce serait une erreur. Ce qui se joue ici n’est pas un empilement neutre de lois, mais une stratégie. Une stratégie qui consiste à déplacer les peurs sociales vers les plus précaires, à transformer des difficultés réelles en boucs émissaires commodes, et à faire de l’étranger le responsable idéal de tout ce qui dysfonctionne.
Gouverner par la peur et la stigmatisation
Dès la première proposition, le ton est donné. Inscrire “la mouvance des frères musulmans” sur la liste (…)
Yves GUÉCHI
Les Restos du Cœur distribuent chaque année des millions de repas, mais leurs critères d’admission demeurent invisibles pour le public. Un barème national existe, pourtant il reste strictement interne. Cette absence de transparence surprend pour une structure soutenue par des fonds publics et interroge sur son fonctionnement.
Une opacité qui interroge autour du barème des Restos du Cœur
Les Restos du Cœur occupent une place singulière dans le paysage social français. Depuis leur création en 1985, ils incarnent un filet de sécurité pour des centaines de milliers de personnes qui n’arrivent plus à boucler leur budget. L’association a bâti sa réputation sur une promesse simple : offrir une aide concrète, rapide et digne aux ménages les plus fragiles. Pourtant, derrière cette mission devenue presque évidente, un point reste souvent méconnu du grand public et même des bénéficiaires potentiels. L’accès à l’aide alimentaire repose sur un barème national interne. Ce document classe les situations des ménages en fonction de leurs ressources et de leurs charges, pour déterminer qui peut être aidé. Or ce barème n’est pas publié.
Cette absence de visibilité surprend. Elle soulève des questions sur le fonctionnement interne d’un acteur devenu central dans la lutte contre la précarité. Elle interroge aussi la (…)
Yves GUÉCHI
Créée en 2001, Wikipédia s’est imposée comme la référence encyclopédique mondiale. Avec plus de 6,7 millions d’articles en anglais, 2,5 millions en français, et une centaine de langues représentées, le projet incarne à première vue un idéal : celui d’un savoir libre, universel, accessible et écrit par tous. Pourtant, derrière cette vitrine d’ouverture, se dessine une réalité bien plus complexe.
De nombreux contributeurs dénoncent aujourd’hui un fonctionnement opaque, contrôlé par une minorité ultra-active, qui impose sa vision de ce qui peut – ou non – entrer dans l’encyclopédie. Certains vont jusqu’à qualifier ce système d’élitiste, voire de sectaire. Enquête sur les coulisses de la plus consultée des encyclopédies.
Une minorité très active qui fait la loi
Contrairement à ce que laisse penser son principe fondateur – « l’encyclopédie que chacun peut améliorer » –, Wikipédia repose en réalité sur un noyau réduit de contributeurs. Selon les données de la Wikimedia Foundation, (…)
Yves GUÉCHI
Cette histoire, c'est mon histoire ! Le 25 juin 2025, Manon Angèle Debese Guéchi, une jeune Française de 19 ans, trouvait tragiquement la mort lors d’un accident survenu au centre d’examen du lycée Barthélemy Boganda à Bangui. Derrière ce drame se cache une longue et douloureuse bataille administrative menée par son père pour faire reconnaître ses droits d’enfant français. Malgré un certificat de nationalité, un jugement de reconstitution d’état civil validé, et des alertes répétées aux autorités françaises, l’administration a multiplié les blocages, retardant sa venue en France. Ce récit revient sur un enchaînement de défaillances bureaucratiques, et interroge la responsabilité de l’État dans la protection de ses ressortissants à l’étranger.
Le 25 juin 2025, ma fille Manon Angèle Debese Guéchi, âgée de 19 ans, est décédée lors d’un drame survenu au lycée Barthélemy Boganda de Bangui, en République centrafricaine. Alors qu’elle passait l’épreuve du baccalauréat, une explosion électrique a provoqué une panique générale. Manon a été mortellement blessée, piétinée dans un mouvement de foule désordonné.
Ce décès tragique aurait pu être évité.
Depuis 2020, je n’ai cessé d’alerter les autorités françaises sur la situation de ma fille. Née à Bangui mais de nationalité française – comme l’atteste un certificat de nationalité française délivré par le Tribunal judiciaire de Chalon-sur-Saône – Manon devait me rejoindre en France. Pour cela, il ne manquait qu’une étape : la transcription de son acte de naissance par le Service central de l’état civil à Nantes.
Un parcours administratif kafkaïen Novembre 2020 : première tentative de régularisation via un jugement supplétif du TGI de Bangui. Rejeté pour irrégularité de (…)
Yves GUÉCHI
Alors que la crise agricole exige des réponses ambitieuses et durables, le gouvernement a choisi la fuite en avant : en tentant de réintroduire des pesticides dangereux à travers la loi Duplomb, puis en bloquant tout débat parlementaire sur le sujet, l'exécutif cède aux pressions de l'agrobusiness. Ce choix soulève de vives inquiétudes pour la santé publique, la biodiversité, et le respect du processus démocratique.
En pleine crise de confiance entre citoyens, agriculteurs et institutions, l’examen de la loi Duplomb à l’Assemblée nationale a marqué un tournant troublant. Ce texte, censé apporter des réponses aux difficultés du monde agricole, illustre au contraire une dérive politique et écologique préoccupante. Derrière les intentions affichées, la réalité est tout autre : la réintroduction de substances toxiques, une manœuvre parlementaire inédite pour étouffer le débat, et des choix dictés par les intérêts de l’agrobusiness plutôt que par l’intérêt général.
Une manœuvre parlementaire inquiétante
Ce qui aurait dû être un débat de fond sur l’avenir de notre modèle agricole a été évité par une pirouette inédite : la majorité présidentielle a présenté une motion de rejet... contre son propre texte. Une manière cynique d’empêcher tout échange contradictoire à l’Assemblée nationale, en évitant d'exposer les failles d’un projet largement décrié. Le camp macroniste, loin d’assumer le contenu de (…)