Pino ARLACCHI
Le discours d'investiture de Trump et ses premiers décrets exécutifs sont le début typique d'un chef populiste qui promet au peuple de le sortir de l'embarras dans lequel il est tombé et de le guider sur la voie de la renaissance.
Combien de fois avons-nous vu ce spectacle sordide, de Mussolini à Hitler en passant par Berlusconi et les xénophobes européens d'aujourd'hui ? Combien ont promis de ramener la grandeur nationale et la prospérité grâce à leur charisme personnel, pour ensuite s'effondrer honteusement, et parfois tragiquement, face aux crises économiques, aux guerres et aux révoltes des mêmes intérêts qui les avaient favorisés ?
Il est vrai que Trump est arrivé au pouvoir grâce à des élections démocratiques, mais son histoire ne fait que valider le principal argument contre la démocratie électorale. C'est Platon qui l'a soulevé le premier à l'encontre d'une agora athénienne en proie aux démagogues à la solde des 1 % de l'époque (dont Platon lui-même faisait partie).
Les processus électoraux sont victimes de forces irrationnelles car ils supposent une capacité des électeurs à évaluer les candidats et les programmes qui est manifestement inexistante. Thèse confirmée par la célèbre boutade de (…)
Pino ARLACCHI
La vieillesse et la mort sont un peu un retour aux sources, et c'est ce qui se passe aux États-Unis avec Trump, président de la phase terminale de l'empire américain. Avec Trump, les États-Unis reviennent à leurs racines profondes. Qui ne sont pas impériales au sens d'une prétention à dominer la planète, mais coloniales. La différence entre impérialisme et colonialisme n'est pas anodine. L'impérialisme est universel. Le colonialisme est national.
En parlant d'annexer le Canada, le Panama et le Groenland - et peut-être de faire un clin d'œil au Venezuela, qui « repose sur une montagne de pétrole que nous devons payer » -, Trump ne fait que raviver l'instinct de prédation sur leur continent qui animait ses premiers prédécesseurs.
L'empire étasunien n'est pas né en tant que tel, mais d'un projet de domination conçu par un groupe de colonies de peuplement nées à l'époque des puissances coloniales et faisant partie d'un empire colonial, qui se voyaient comme une réplique des nations dont elles étaient issues. La classe de colons qui les dirigeait s'était établie grâce à l'extermination des peuples indigènes et à l'importation d'esclaves d'Afrique. L'Amérique des débuts était projetée vers les territoires contigus aux 13 colonies initiales et était réfractaire à l'idée d'un empire universel.
Méfiez-vous du canular sur la naissance des États-Unis. La révolution n'y était pas une anticipation de la révolution française, mais un (…)
Pino ARLACCHI
Chers amis, je mets à votre disposition la lettre que je viens d'envoyer au Président de l'Assemblée générale et au Secrétaire général de l'ONU dans laquelle je demande, au nom de 599 juristes du monde entier, l'expulsion d'Israël de l'Assemblée générale de l'ONU.
Votre Excellence Monsieur Guterres, Secrétaire général des Nations Unies
Votre Excellence,
Je vous écris pour porter à votre attention une pétition signée par 599 éminents universitaires et experts dans des domaines tels que le droit international, l'étude des conflits et les sciences politiques. Cette pétition demande à l'Assemblée générale des Nations unies d'envisager la destitution d'Israël en raison de ses violations persistantes du droit international et de son mépris pour les résolutions des Nations unies, en particulier celles concernant les droits et l'autodétermination du peuple palestinien.
La pétition souligne le non-respect de longue date par Israël des principales résolutions de l'ONU, notamment 181 (1947), 194 (1948) et de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité, ainsi que son mépris constant des ordonnances et des avis consultatifs de la Cour internationale de justice, dont le plus récent a été rendu en juillet 2024. À la lumière de ces violations, les (…)
Pino ARLACCHI
La voie chinoise comme nouveau modèle de développement. Nous y étions déjà avec la troisième voie de Berlinguer. La nouvelle résolution visant à faire progresser la modernisation chinoise.
Le Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a adopté une résolution historique visant à approfondir les réformes et à faire progresser la modernisation de la Chine. Au cours de la troisième session plénière du 20e Comité central, Xi Jinping, au nom du Bureau politique du Comité central, a expliqué le processus interne qui a conduit à la rédaction du document. Un plan stratégique pour réaliser les objectifs du PCC, assurer un avenir prospère à la Chine et relever les défis grâce à des réformes profondes et ciblées. "L'élaboration de plans de réforme et de dispositions axées sur notre mission principale a été une expérience réussie pour le Parti dans la conduite de la réforme et de l'ouverture", a déclaré Xi Jinping. Par conséquent, sur la base de l'expérience pratique et en tenant compte des besoins réels, le Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, a expliqué Xi, a confié à la troisième session plénière du 20e Comité central du PCC la tâche d'analyser (…)
Pino ARLACCHI
6 avril 2024 | Il Fatto Quotidiano. Le 75e anniversaire de l'Otan est célébré sous le signe d'une possible et substantielle augmentation de la part européenne de son budget.
Du côté étasunien, aucune expansion ne se profile car, avec des dépenses militaires monstrueuses, proches de mille milliards de dollars et financées par des emprunts auprès de l'Europe et du reste du monde, les États-Unis ont atteint un degré d'endettement insoutenable. Les EU se plaignent également qu'il est temps que les Européens financent leur propre sécurité et cessent de vivre sur le dos d'un Oncle Sam qui absorbe 80 % du budget de l'OTAN.
Les dépenses européennes de défense devraient donc plus que doubler en quelques années, et la demande du secrétaire de l'OTAN d'un fonds de 100 milliards d'euros pour la seule Ukraine ne peut être qu'un avant-goût. Le problème est le suivant : d'où viendront les 300 à 400 milliards de dépenses annuelles supplémentaires nécessaires au financement d'une OTAN répondant à la demande des EU ?
Où deux pays européens comme l'Allemagne et l'Italie, qui ont jusqu'à présent consacré à peine plus de 1 % de leur PIB à la défense, trouveront-ils ces (…)