Jean PEGOURET
A l’occasion de la célébration le 3 septembre 2025 à Pékin du 80ème anniversaire de la capitulation du Japon en présence des Présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine, cet article à paraître dans Dialogue France Chine rappelle que si la paix a toujours été recherché depuis l’Antiquité, elle n’est durable ni dans l’oubli, ni dans la falsification de l’histoire.
Alors que nous célébrons le 80ème anniversaire de la victoire commune contre le nazisme et le militarisme et que certains en Europe cherchent à réécrire l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, en substituant par exemple la commémoration du 6 juin 1944 (débarquement en Normandie) à celle du 8 mai 1945 (victoire sur le nazisme), il est essentiel de rappeler une vérité historique incontournable : les peuples de Chine et d’Union soviétique ont payé le plus lourd tribut dans la lutte contre le fascisme.
La Chine a eu plus de 21 millions de victimes civiles et militaires durant la Guerre de Résistance contre l’agression japonaise (1937-1945) et l’URSS, 27 millions de morts. Il faut les comparer aux pertes françaises, qui s’élevèrent à environ 600 000 morts, et aux pertes américaines, à environ 400 000.
Ces chiffres rappellent une évidence : sans le sacrifice héroïque de l'Armée rouge et la résistance chinoise, la victoire contre les forces de l'Axe aurait été impossible.
Il ne (…)
Jean PEGOURET
Vladimir Poutine et Donald Trump se seront rencontrés en Alaska ce 15 août pour tenter de trouver aussi sérieusement que possible bien qu’avec des motivations différentes, une issue à la guerre en Ukraine.
Certains ont imaginé qu’ils pourraient se mettre d’accord sur un partage de l’Ukraine entre les États-Unis et la Russie et le faire avaliser par le régime de Zélensky en laissant payer la note de la reconstruction aux Européens.
Un partage de l’Ukraine entre la Russie et les États-Unis est une option que la Russie ne peut pas accepter. Elle serait l’équivalent d’un scénario à la Coréenne contraire à la principale revendication de la Russie, à savoir le refus de la militarisation de l’Ukraine sous une égide hostile à la Russie, au départ, l’OTAN, mais aussi les États-Unis seuls ou l’Europe seule si l’OTAN venait à éclater.
Dans la mesure où les États-Unis ne peuvent être alliés de la Russie face au Royaume-Uni et à l’Union Européenne, et que même si Trump le prétendait, Poutine ne le prendrait pas au sérieux, l’Ukraine de l’Ouest ne peut être laissée aux mains des Américains.
Par contre, après avoir très attentivement suivi depuis le Maïdan les intentions de Vladimir Poutine, je suis maintenant convaincu que le Président russe ne cherche pas à faire réintégrer la Novorossia dans la Fédération de Russie, contrairement à ce que souhaiteraient beaucoup de responsables nationalistes comme Douguine, Medvedev (…)
Jean PEGOURET
Le 27 mars 2025 s’était tenue à Paris, à l’initiative de la France et du Royaume-Uni, en présence de Zélenski, une réunion des « Volontaires », destinée à former une force de soutien militaire à l’Ukraine dans le conflit entre l’OTAN et la Russie.
Le 10 mai, le nouveau chancelier allemand Freidrich Merz avait rejoint Macron et Starmer pour rencontrer Zélenski à Kiev après un mémorable voyage en train.
Cette semaine, du 8 au 10 juillet, Macron et Starmer, se sont réunis à Londres pour finalement décider de pouvoir multiplier par cinq l’effectif de la « Force conjointe franco-britannique » jusqu’à 50.000 hommes de l’élever au statut de corps d’armée et d’en faire le pilier de la « coalition des Volontaires ». Celle-ci pourrait être mobilisée à disposition de l’OTAN dans un « engagement majeur » après avoir été déployée en Ukraine pour la sécuriser après un éventuel cessez-le feu.
En gros, un scénario à la Coréenne, mais en pire, qui permettrait à l’OTAN de prendre pied en (…)
Jean PEGOURET
En prétextant l’abandon soudain du parrain étasunien et en diabolisant Donald Trump, présenté comme fantasque, imprévisible, retournant les alliances post-Deuxième Guerre mondiale, les dirigeants de l’Union Européenne s’escriment à masquer le déclin social, économique et démocratique imposé à leurs populations depuis quarante ans en agitant comme dernier recours une hypothétique menace russe pour justifier un nouvel emprunt destiné à enrichir leurs amis banquiers en faisant les poches aux populations.
Le monde occidental décline en pataugeant dans le bourbier des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Et au cas où ces derniers viendraient à trouver une issue pacifique, le président des EU fait preuve d’une imagination qui touche au génie pour générer de nouveaux conflits avec le Canada, le Groenland, Panama, ses anciens alliés et qui sait encore ?
Pendant ce temps, à l’inverse, la Chine poursuit à grands pas son petit bonhomme de chemin en évitant de se coincer les doigts dans (…)
Jean PEGOURET
(Logo : queue devant le consulat de Russieà Shanghaï le 17 mars 2024)
L’attentat politique le plus important d’après la fin de la guerre froide qui rend possible la redéfinition des rapports géopolitiques mondiaux. Les élections présidentielles russes qui se sont tenues entre le 15 et le 17 mars 2024 ont mobilisé 77% des électeurs inscrits, décrit comme un record de participation. Ce chiffre lui-même est plus édifiant que les 88% qui ont choisi de reconduire Vladimir Poutine à la tête de la Fédération de Russie.
Les Russes ont rejeté les règles revendiquées comme universelles par l’hégémon de Washington et ses vassaux occidentaux depuis la fin de la guerre froide.
Ils ont aussi massivement manifesté que le moment n’était pas venu, en pleine guerre par procuration de l’OTAN contre la Russie sur le sol de l’Ukraine, de « changer de cheval au milieu du gué ».
Les Russes savent aussi que Poutine est le dirigeant qui, en 25 ans, a sorti la Russie du marasme des années 90 suivant la dissolution de l’Union Soviétique, a su faire de ce que les Occidentaux qualifiaient avec sarcasme de « station-service déguisée en pays » la première économie européenne en parité de pouvoir d’achat malgré les sanctions occidentales unilatérales et nouer des partenariats géostratégiques solides avec des voisins en Orient et dans le reste du monde.
Le Président Poutine a désormais les mains libres pour conduire le programme de développement de la Fédération qu’il a annoncé le 29 février 2024, la guerre contre (…)