auteur Marie-France DEPREZ

"Julian Assange, l’homme à faire taire". Nouveau film sur Julian Assange.

Marie-France DEPREZ

De nombreux documentaires ont été réalisés à propos de WikiLeaks et de l'affaire Assange. Certains films tentent d'en faire un bilan, ou tout au moins d'en donner une vue générale, on pense à « Hacking justice » (Clara Lopez Rubio, Juan Pancorbo), « Ithaka, le combat pour libérer Assange » (Ben Lawrence), « The trust fall »(Kym Straton)... D'autres rendent compte de l'importance du travail de WikiLeaks et cherchent à montrer les raisons de la poursuite d'Assange, comme « The war on journalism » (Juan Passarelli) ou « Julian Assange and the dark secrets of war » de Can Dundar, construit autour de « Collateral Murder ». Certains ont été réalisés et sont sortis avant la libération d'Assange, d'autres sortent depuis sa libération. C'est le cas du film « Julian Assange, l'homme à faire taire » d'Etienne Huver qui a récemment été présenté au Festival des Libertés à Bruxelles.

Le film d'Etienne Huver. Etienne Huver n'est pas un nouveau venu dans ce contexte. Il a compris très tôt l'importance de WikiLeaks, la nouveauté de WikiLeaks. C'est dans son travail de journaliste qu'il a eu l'occasion de rencontrer Assange alors qu'il vivait à l'ambassade d’Équateur et il a fait plusieurs films sur cette affaire. Pendant les 5 années de notre lutte pour la libération d'Assange, nous avons, à plusieurs reprises, projetés certains de ses films.(1) La dernière fois, il s'agissait d'un film sur l'espionnage dont Assange a été victime à l'ambassade d’Équateur. Un sujet dont on reparle justement en ce moment, le procès à l'encontre de l'agence de sécurité UC Global et de son directeur David Moralès n'étant pas encore terminé. (2) A travers ce nouveau film, il veut faire une sorte de bilan de l'affaire, de l'apport de WikiLeaks, de la volonté d'Assange d'aller jusqu'au bout malgré les problèmes rencontrés. Prendre un peu de recul. L'idée du film est née avant la (…)

Il y a un an, Julian Assange était libéré.

Marie-France DEPREZ

Après un combat de plus de 5 ans, face à la menace persistante contre le droit à l’information, il n’est pas étonnant que l’envie naisse de se poser des questions sur ce qui s’est passé durant cette année.

Julian Assange est reparti vivre en Australie avec sa famille. Après 14 années de privation de liberté, retrouver sa terre natale et la faire découvrir à ses enfants, lui ont permis de faire ses premiers pas dans la reconstruction, un processus que l'on sait long et loin d'être linéaire. Alors le voir à Cannes, le voir rencontrer Lula et peu de temps après sa libération, le voir témoigner au Conseil de l'Europe à Strasbourg ont été des moments importants de cette année. Le Conseil de l'Europe Avant la libération d'Assange, dès janvier 2020, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) avait appelé les États membres à s’opposer à l'extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis et avait réclamé sa libération. Dans le même élan, l'Assemblée avait décidé que les audiences d'extradition, à Londres, devraient être suivies par des députés de nombreux pays. On sait que cela n'a pas été possible et que la publicité des audiences n'a pas été respectée. Plus (…)

La lutte pour le droit à l’information doit continuer !

Marie-France DEPREZ
Le 5 avril 2010, WikiLeaks publiait la vidéo Collateral Murder. Cette vidéo est le contraire de la propagande : le modèle de journalisme scientifique proposé par Julian Assange. La propagande est un élément que nous connaissons tous bien, depuis la naissance. Nous la connaissons si bien que nous ne la détectons plus. En temps de paix, elle peut être légère, presqu'invisible – plus dangereuse peut-être d'ailleurs. Mais en temps de guerre, elle peut se déchaîner car au fond comme l'avait dit Assange, les peuples n'aiment pas la guerre...il faut des mensonges pour la leur faire accepter. Aujourd'hui, elle est très virulente. Ce ne sont pas seulement les journaux, ce qu'on appelle les informations, les journaux télévisés, non ce sont aussi les émissions, les films, les thématiques retenues. Aujourd'hui, il faut faire peur pour faire accepter des préparatifs de guerre, c'est-à-dire faire marcher le commerce des armes et tout ce qui l'entoure, enrichir un peu plus encore les (…)

Des journalistes libérés. Cela signifie-t-il une presse plus libre ?

Marie-France DEPREZ
Le 1er août 2024 a eu lieu à Ankara en Turquie, le plus grand échange de prisonniers entre la Russie et des pays occidentaux depuis la fin de la guerre froide en 1991. Parmi ces prisonniers venant de prisons situées aux États-Unis, en Allemagne, en Pologne, en Slovénie, en Norvège, en Russie et en Biélorussie, il y avait quatre journalistes. A la suite de l'échange, dix personnes ont été transférées en Russie, treize en Allemagne et trois aux États-Unis. Un communiqué de la Fédération européenne des journalistes rapportent que les quatre journalistes libérés lors de cet échange sont : le journaliste du Wall Street Journal Evan Gershkovich, la journaliste américano-russe Alsu Kurmasheva et le militant et journaliste russe Vladimir Kara-Murza, ainsi que le journaliste russo-espagnol Pablo González. Le sort de Pablo González est particulier. Ce journaliste espagnol avait été arrêté le 28 février 2022 dans une ville du Sud-Ouest de la Pologne où il faisait un reportage pour la (…)

Lettre ouverte à tous ceux et celles qui veulent protéger la liberté de la presse et le droit à l’information.

Marie-France DEPREZ
Journée mondiale de la liberté de la presse. En 2023, environ 800 journalistes ont connu la prison et environ 540 d'entre eux y sont encore depuis le début de 2024. Parmi eux, deux en Europe occidentale, Pablo Gonzales en Pologne et Julian Assange au Royaume-Uni. Il n’y a pas d’autre mot que génocide pour décrire la guerre meurtrière en Palestine et particulièrement à Gaza. Et qui peut rendre compte de ce génocide, des journalistes dont le gilet pare balle devient une cible. Beaucoup d'autres cas d'enfermements et d'assassinats. Dans le monde d'aujourd'hui, on se demande si l'on ne devrait pas passer cette journée de la liberté de la presse comme on veille auprès d'un ami gravement malade. Mais nous ne voulons pas commémorer la fin de notre droit à l'information, nous voulons le défendre ! Depuis 5 ans que Julian Assange a été arrêté à l'ambassade d’Équateur à Londres, chaque année, nous pensons que le 3 mai devrait donner aux médias une occasion de parler de la (…)