auteur Marie-France DEPREZ

Assange, la presse et les guerres.

Marie-France DEPREZ
La presse, nous la défendons et nous la critiquons. La presse a-t-elle deux visages ? Est-elle une entité à deux têtes ? A voir la façon différente de travailler des journalistes, on pourrait croire qu'il en est ainsi. Mais en fait non, il a les journalistes, la presse indépendante dont le travail est d'informer et puis de pseudo-journalistes qui diffusent ce que le pouvoir les laisse ou les invite à diffuser. Pour confirmer cette différence, il suffit de regarder de près les textes qui guident le travail des journalistes. On les retrouve dans les chartes éthiques de la profession, des textes adaptés à cette profession reposant sur d'autres textes importants du droit international- notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme. L'un de ces textes, la Charte mondiale d'éthique des journalistes (1), a été adopté par la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) en 1954. Depuis elle a été adaptée, l'approbation de sa dernière adaptation, c'était au Congrès de (…)

Comment le Venezuela déplace la montagne (1) ou comment aller à la rencontre du peuple vénézuélien.

Marie-France DEPREZ
Il y a environ quarante ans, un de mes amis, Guillaume Dacos, graveur, avait réalisé une sérigraphie, toujours sur les murs de ma maison natale. Un homme nous fixe, puis se retourne, et le texte « Palestine, connais pas ». L'image est forte et faisait mal déjà à l'époque, nous essayions de parler de la Palestine mais trop peu nous écoutait... Aujourd'hui, la Palestine reste une terre de souffrance mais surtout une terre de résistance et aujourd'hui, je ne crois pas qu'on puisse encore dire « Palestine, connais pas ». La lutte continue. Et le Venezuela ? Sans doute beaucoup de gens ne connaissent-ils pas le Venezuela. Le 3 janvier le président de ce pays ainsi que son épouse la députée Cilia Flores ont été enlevés, emmenés aux États-Unis et enfermés à l'isolement dans une prison de New-York, le Metropolitan Detention Center (MDC), dans l'attente d'un procès. Un président élu a été enlevé et est emprisonné, alors que le long des côtes du pays reste présente une armada de (…)

"Julian Assange, l’homme à faire taire". Nouveau film sur Julian Assange.

Marie-France DEPREZ

De nombreux documentaires ont été réalisés à propos de WikiLeaks et de l'affaire Assange. Certains films tentent d'en faire un bilan, ou tout au moins d'en donner une vue générale, on pense à « Hacking justice » (Clara Lopez Rubio, Juan Pancorbo), « Ithaka, le combat pour libérer Assange » (Ben Lawrence), « The trust fall »(Kym Straton)... D'autres rendent compte de l'importance du travail de WikiLeaks et cherchent à montrer les raisons de la poursuite d'Assange, comme « The war on journalism » (Juan Passarelli) ou « Julian Assange and the dark secrets of war » de Can Dundar, construit autour de « Collateral Murder ». Certains ont été réalisés et sont sortis avant la libération d'Assange, d'autres sortent depuis sa libération. C'est le cas du film « Julian Assange, l'homme à faire taire » d'Etienne Huver qui a récemment été présenté au Festival des Libertés à Bruxelles.

Le film d'Etienne Huver. Etienne Huver n'est pas un nouveau venu dans ce contexte. Il a compris très tôt l'importance de WikiLeaks, la nouveauté de WikiLeaks. C'est dans son travail de journaliste qu'il a eu l'occasion de rencontrer Assange alors qu'il vivait à l'ambassade d’Équateur et il a fait plusieurs films sur cette affaire. Pendant les 5 années de notre lutte pour la libération d'Assange, nous avons, à plusieurs reprises, projetés certains de ses films.(1) La dernière fois, il s'agissait d'un film sur l'espionnage dont Assange a été victime à l'ambassade d’Équateur. Un sujet dont on reparle justement en ce moment, le procès à l'encontre de l'agence de sécurité UC Global et de son directeur David Moralès n'étant pas encore terminé. (2) A travers ce nouveau film, il veut faire une sorte de bilan de l'affaire, de l'apport de WikiLeaks, de la volonté d'Assange d'aller jusqu'au bout malgré les problèmes rencontrés. Prendre un peu de recul. L'idée du film est née avant la (…)

Il y a un an, Julian Assange était libéré.

Marie-France DEPREZ

Après un combat de plus de 5 ans, face à la menace persistante contre le droit à l’information, il n’est pas étonnant que l’envie naisse de se poser des questions sur ce qui s’est passé durant cette année.

Julian Assange est reparti vivre en Australie avec sa famille. Après 14 années de privation de liberté, retrouver sa terre natale et la faire découvrir à ses enfants, lui ont permis de faire ses premiers pas dans la reconstruction, un processus que l'on sait long et loin d'être linéaire. Alors le voir à Cannes, le voir rencontrer Lula et peu de temps après sa libération, le voir témoigner au Conseil de l'Europe à Strasbourg ont été des moments importants de cette année. Le Conseil de l'Europe Avant la libération d'Assange, dès janvier 2020, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) avait appelé les États membres à s’opposer à l'extradition du fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis et avait réclamé sa libération. Dans le même élan, l'Assemblée avait décidé que les audiences d'extradition, à Londres, devraient être suivies par des députés de nombreux pays. On sait que cela n'a pas été possible et que la publicité des audiences n'a pas été respectée. Plus (…)

La lutte pour le droit à l’information doit continuer !

Marie-France DEPREZ
Le 5 avril 2010, WikiLeaks publiait la vidéo Collateral Murder. Cette vidéo est le contraire de la propagande : le modèle de journalisme scientifique proposé par Julian Assange. La propagande est un élément que nous connaissons tous bien, depuis la naissance. Nous la connaissons si bien que nous ne la détectons plus. En temps de paix, elle peut être légère, presqu'invisible – plus dangereuse peut-être d'ailleurs. Mais en temps de guerre, elle peut se déchaîner car au fond comme l'avait dit Assange, les peuples n'aiment pas la guerre...il faut des mensonges pour la leur faire accepter. Aujourd'hui, elle est très virulente. Ce ne sont pas seulement les journaux, ce qu'on appelle les informations, les journaux télévisés, non ce sont aussi les émissions, les films, les thématiques retenues. Aujourd'hui, il faut faire peur pour faire accepter des préparatifs de guerre, c'est-à-dire faire marcher le commerce des armes et tout ce qui l'entoure, enrichir un peu plus encore les (…)