auteur Emmanuel KOSADINOS

Promenades historiques militantes en Europe : quand la marche devient acte politique et éducatif

Emmanuel KOSADINOS

Les promenades historiques militantes offrent une lecture critique et engagée de l’histoire urbaine, en donnant voix aux luttes populaires trop souvent oubliées. Présentes dans plusieurs grandes villes européennes — de Paris à Athènes, Bruxelles, Berlin, Londres et Rome — ces balades invitent à revisiter l’espace public en s’appropriant collectivement la mémoire des résistances passées et présentes. Alliant pédagogie et militantisme, elles favorisent l’éducation populaire et créent des espaces d’échange pour mieux comprendre les combats sociaux d’hier et d’aujourd’hui. Le Grand Soir Info vous invite à découvrir cette forme originale d’engagement citoyen.

Face à la crise des récits officiels, des oubliés de l’histoire et des mémoires invisibilisées, des citoyen·nes organisent des promenades historiques militantes dans plusieurs grandes villes européennes. Ces parcours urbains permettent de réinterpréter l’espace public et de faire vivre une mémoire collective engagée, au service d’une véritable éducation populaire. Ce texte vous propose un tour d’horizon approfondi, ville par ville. Athènes : de la collaboration à la rébellion, l’histoire critique en marche Athènes offre un riche panorama de promenades militantes qui mêlent histoire publique et engagement politique, reflétant les traumatismes du XXe siècle grec. Athens History Walks Créée en 2019 par l’historien Menelaos Charalampidis, cette association propose des promenades solidement documentées, alliant recherche scientifique et pédagogie populaire. « Les collaborateurs sous l’Occupation nazie » dévoile les zones d’influence des collaborateurs grecs à Athènes, y compris (…)
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Le sujet révolutionnaire, LFI et les autres

Emmanuel KOSADINOS

Alors que les formes classiques de la révolution et les partis traditionnels peinent à répondre aux défis du XXIᵉ siècle, une question centrale resurgit : qui sont les sujets révolutionnaires d’aujourd’hui et comment s’organisent-ils ? En croisant les apports de Marx, Fanon, Foucault et des mouvements sociaux contemporains, cet article explore les multiples figures de l’émancipation collective. Il met en lumière le cas de La France insoumise (LFI), qui apparaît comme la formation politique la plus aboutie en Europe, articulant programme de rupture, ancrage populaire et innovations organisationnelles, dans l’intérêt des classes travailleuses, des jeunes et des citoyens non privilégiés.

Introduction La notion de « sujet révolutionnaire » traverse la pensée politique et sociale depuis deux siècles. Concept au croisement de la philosophie, de l'histoire et de l'action collective, il incarne le passage de l'oppression à l'émancipation. Dans le contexte contemporain, où les formes de domination se recomposent et où les mouvements politiques cherchent de nouvelles voies, il est pertinent d'interroger à nouveau cette figure : où se situe le sujet révolutionnaire aujourd'hui ? Que répond La France insoumise (LFI) à cette questio ? Et comment se situe-t-elle par rapport aux héritages révolutionnaires et aux autres forces politiques contemporaines ? I. Le sujet révolutionnaire : de Marx à Fanon Dans le marxisme classique, le sujet révolutionnaire s'incarne dans la classe ouvrière industrielle. Le prolétariat, par sa position dans les rapports de production capitalistes, est censé posséder une vocation historique : renverser la bourgeoisie et instaurer une société (…)

Désapprendre le loyalisme servile pour marcher vers l’émancipation

Emmanuel KOSADINOS

Cet article explore le loyalisme servile et ses effets sur les luttes pour la libération, en liant impérialisme, spécisme et domination. Il souligne que l’émancipation totale passe par la remise en cause des structures d’injustice, en prônant solidarité, autogestion et dignité pour tous. Un appel à l’unité des forces progressistes pour transformer le monde.

1. Introduction : La nécessité de désapprendre le loyalisme servile Le loyalisme servile, une forme insidieuse de soumission aux autorités dominantes, se manifeste sous des traits multiples dans les sociétés contemporaines. Il s’agit d’un phénomène où les individus, au lieu de remettre en question l’ordre établi, s’y conforment passivement, souvent par crainte, par habitude ou par désillusion. Cette soumission n’est pas uniquement le fruit d’une soumission personnelle ou individuelle, mais découle de rapports de pouvoir qui structurent profondément nos sociétés. Ces rapports, qu'ils soient économiques, politiques ou idéologiques, génèrent et maintiennent des systèmes de domination, parfois invisibles, mais toujours présents et pernicieux. À travers l’analyse de penseurs comme Étienne de La Boétie, qui dénonçait déjà la « servitude volontaire » dans son ouvrage Le Discours de la servitude volontaire, et plus récemment à travers les écrits de Frantz Fanon, qui a exploré les (…)

La rafle des hôpitaux d’Athènes : un massacre oublié de l’Occupation nazie

Emmanuel KOSADINOS

Le 30 novembre 1943, sous l'Occupation nazie, 18 hôpitaux d'Athènes furent attaqués, et plus de 280 anciens combattants de la guerre gréco-italienne, blessés et organisés dans la résistance, furent massacrés. Cette rafle, menée par des forces collaborationnistes grecques et allemandes, visait à éliminer ces héros, perçus comme une menace pour l'occupant. Ce massacre oublié met en lumière les conséquences tragiques de l'usage de la violence pour écraser toute forme de résistance, de solidarité et d'humanité, une situation qui revient tristement dans des pays considérés comme civilisés, voire démocratiques.

Un massacre oublié Le 30 novembre 1943, jour pour jour il y a 81 ans, Athènes vivait l’une des pages les plus sombres de son histoire sous l’Occupation nazie. En une seule nuit, 18 hôpitaux de la capitale furent brutalement pris d’assaut par des forces collaborationnistes grecques, épaulées par des troupes allemandes. L’opération visait un groupe bien précis : les anciens combattants blessés et invalides de la guerre de 1940-1941, qui avaient combattu l’Italie fasciste et infligé à Mussolini l'une des premières défaites de l’Axe. Ces hommes, devenus des symboles de courage pour la population grecque, étaient désormais perçus par l’occupant et ses alliés comme une menace à éradiquer. Ces vétérans, mutilés par les combats mais animés d’un esprit indomptable, s’étaient organisés dans les hôpitaux où ils étaient soignés. Sous l’égide de l’EAM (Front de Libération Nationale), ils avaient créé un réseau de Résistance particulièrement actif, mobilisant les blessés pour défendre la (…)

Pour une Journée de la Zoopsychesphère : Un Appel à Réconcilier l’Humain et l’Animal dans un Monde Plus Juste

Emmanuel KOSADINOS

Dans un contexte mondial marqué par des inégalités croissantes et une crise environnementale profonde, une Journée de la Zoopsychesphère se présente comme une occasion unique de repenser les liens entre l'humain, l'animal et l'environnement. Cet appel à la réconciliation propose une réflexion sur la manière de réinventer notre rapport aux animaux et de redéfinir notre approche de la santé mentale et du soin à travers une perspective de justice sociale et écologique.

Dans un monde où les inégalités sociales et environnementales se creusent, où la santé mentale des individus se fragmente sous l’effet des violences systémiques, il est urgent de repenser notre rapport à l'animal, à la nature et à nous-mêmes. La Journée de la Zoopsychesphère, événement militant proposé à l’initiative de divers acteurs engagés dans l’anthropozoologie et la protection animale, chercheurs , écrivains, professionnels de la santé et militants, se veut une invitation à redéfinir les relations entre l’humain et l’animal dans une perspective de solidarité, d’éthique et de soin. La Zoopsychesphère : Une Nouvelle Conception de la Santé Mentale La Zoopsychesphère est un concept novateur qui interroge les liens profonds entre la santé mentale humaine et la condition des animaux. Loin de se limiter à une simple approche thérapeutique, il met en lumière les interconnexions invisibles entre les luttes sociales, environnementales et de protection animale. Il ne s'agit pas (…)