auteur Jean-Michel HUREAU

Alerte : deux bandits masqués occupent une école !

Jean-Michel HUREAU
Ce 5 mai 2020, à la manière de Zorro et de son fidèle Bernardo, deux individus portant des masques noirs se sont introduits dans une école de Poissy, dans les Yvelines. On constate immédiatement que le maire de la commune, présent lors des faits, est complice du coup de force. Visiblement ignorants des mesures de sécurité sanitaire, les malfaisants ne respectent pas les distances minimales à observer, se touchent le masque et se découvrent en risquant de contaminer l'entourage. C'est alors, avec la plus grande stupeur, que nous constatons qu'il s'agit du Président de la République et de son Ministre de l'Education Nationale. Effectivement, nous n'avions pas observé la présence de Tornado dans les parages. C'est avec un soulagement que nous les voyons s'adresser avec amabilité aux élèves présents. D'abord, Blanquer ne sait pas trop quoi leur dire. On voit tout de suite que ça fait un bon moment qu'il n'est pas entré dans une salle de classe pour s'adresser à des mômes de 6 ans. (…)

Amérique Latine et Caraïbes : 2019, un bilan contrasté

Jean-Michel HUREAU
Alors que cette région du monde avait connu une résurgence de mouvements conservateurs et réactionnaires, voire félons, ces dernières années, en juillet 2018, l'élection d’Andrés Manuel Lopéz Obrador (AMLO) à la présidence mexicaine, a suscité un immense espoir dans tout le continent. Sa prise de fonction en décembre de la même année a été ternie pour les forces progressistes par l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil en octobre, ce qui a suscité des interrogations sur l’avenir du continent d’autant qu'Yván Duque avait remporté l'élection présidentielle colombienne face au progressiste Gustavo Petro en juin 2018. L’année 2019 était prometteuse de bouleversements sur le plan électoral puisque la Bolivie, l’Argentine, la Colombie et l’Uruguay étaient concernés par des élections nationales ou régionales. D’autres pays, comme le Venezuela en souffrent encore des conséquences. Il convient de remarquer qu’au cours de ces processus électoraux et au cours de tous les conflits (…)
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Bolivie : la dictature s’installe

Jean-Michel HUREAU

Trois jours seulement après avoir exigé la démission du président légitimement élu, Evo Morales, le général William Kaliman s’est installé aux Etats-Unis après avoir reçu 1 million de dollars, en échange de ses bons et loyaux services, de la part de l’attaché commercial de l’ambassade des Etats-Unis à La Paz, Bruce Williamson.

La même somme a été remise à tous les autres commandants militaires et seulement 500 000 dollars, les pauvres, aux hauts dirigeants de la police, tous partis aux Etats-Unis. C’est Bruce Williamson qui a été chargé de les contacter et de coordonner les actions qui ont mené au coup d’Etat, entre la mutinerie de la police et l’inaction de l’armée. La sénatrice auto-proclamée présidente, Janine Añez s’est empressée de nommer d'autres commandants en remplacement des fuyards, en évitant ainsi toute enquête immédiate des instances locales et internationales. Comme par hasard, la majorité d’entre eux viennent des provinces de Santa Cruz, Beni et Oriente qui sont, traditionnellement, les foyers les plus réactionnaires et d’où sont nés la plus grande partie des coups d'Etat dans ce pays qui en compte presque plus que d’années d'indépendance. Les nommés sont : Pablo Arturo Guerra Camacho, Commandant en chef d’Etat-major des Forces Armées Iván Patricio Inchausti Rioja, Commandant de (…)

Chili : vers une nouvelle constitution

Jean-Michel HUREAU

Après 3 jours de négociations intenses, la majorité parlementaire et une grande partie de l’opposition sont parvenus à un accord, que l’on peut qualifier d'historique, qui établit la feuille de route pour parvenir à changer la constitution, qui est une des principales revendications des manifestations qui secouent le pays depuis 4 semaines.

L’accord prévoit l’organisation d’un référendum en avril 2020 où seront posées 2 questions aux citoyennes et citoyens. La première s’ils veulent d'une nouvelle constitution, oui ou non. La seconde concernera le type d'assemblée qui devra la rédiger et 2 solutions seront proposées : soit une assemblée constituante composée de 50% de parlementaires et 50% de citoyen(ne)s élu(e)s pour l'occasion, soit une assemblée constituée uniquement de citoyen(ne)s élu(e)s. Au cas où le oui l’emporterait, ce qui très probable, un second référendum serait organisé pour sa ratification au suffrage universel obligatoire, comme le prévoit la constitution actuelle de 1980, ultime héritage de l'ère Pinochet. Quelques formations ont été contre ou se sont abstenues lors du vote mais pour des raisons totalement différentes. L’Union Démocratique Indépendante (UDI) a, évidemment voté contre puisqu’elle représente le reliquat des ultra-pinochetistes. Le Parti Humaniste, le Front Elargi et le Parti Pirate (…)

Chili : comment en est-on arrivé à ce point ?

Jean-Michel HUREAU

La situation chilienne interroge aujourd’hui pour quiconque connaît le pays et sans doute, pour des millions de Chiliennes et de Chiliens. Non pas sur la situation économique que nous pouvons expliquer assez aisément, et nous y reviendrons, mais sur le rejet de la population à l’égard des Forces Armées et des Carabiniers quant aux multiples exactions dont il se sont rendus coupables dans les trois dernières semaines. Mais pour tenter de le comprendre, il faut se reporter un demi-siècle en arrière.

En 1970, Salvador Allende a été élu Président de la République avec 36,6% des voix contre 35,3% à son adversaire de droite Jorge Alessandri et 28,1% au candidat du parti Démocrate-Chrétien Radomiro Tomic qui, comme il s'y était engagé, a reconnu la légitimité de la victoire d’Allende devant le Congrès. L’ordre constitutionnel était ainsi respecté d’autant plus que, par la voix du Général René Schneider, les Forces Armées s'étaient engagées à respecter le scrutin démocratique malgré les pressions de la CIA et de Nixon. Il lui en coûtera la vie dans une opération menée par la CIA en octobre de la même année. Il s’ensuit les multiples déstabilisations du régime menées par la CIA qui amèneront au Coup d’Etat de Pinochet le 11 septembre 1973. Il est à noter que ce n'est que la deuxième fois dans l'histoire du pays depuis la déclaration d'indépendance que l'armée intervient en violant la Constitution et l'ordre démocratique. Alors que l’armée et les carabiniers s’étaient toujours (…)