Jean-Claude DELAUNAY
Ce texte porte sur la coexistence entre l’impérialisme et le socialisme chinois, et vise à rendre compte, à très grands traits, de l’un et de l’autre. Il est divisé en deux parties. Dans la première, on cherchera à rendre compte des évolutions de l’impérialisme, du dernier quart du XXe siècle à aujourd’hui. Dans la deuxième partie, on montrera comment la Chine s’est trouvée dans l’obligation de se développer dans le ventre même de l’impérialisme, mais qu’elle en est sortie au début des années 2010. On cherchera notamment à interpréter ce que l’on sait de la stratégie du nouveau président des Etats-Unis.
Deuxième partie
DANS LE VENTRE DE L’IMPÉRIALISME
On ne déjeune pas avec le diable, disait Raymond Barre, même avec une très longue cuillère. Mais pour se développer grâce à lui, que faut-il ? La réponse à cette question fut apportée par Deng Xiaoping, un compagnon de route de Mao Zedong.
Les Chinois savent tirer leçon des erreurs qu’ils commettent, ayant une culture de la pratique plus que de la théorie. Cela ne signifie pas que pour eux la théorie soit sans importance, mais que la pratique en a encore plus et qu’ils savent aller de l’une à l’autre. Deng Xiaoping a su tenir compte des erreurs commises, sans jeter aux orties la mémoire de Mao Zedong et le socialisme. Il a fait ce que nous, Français, aurions dû faire avec Staline
Dans une première sous-partie, je vais évoquer comment les Chinois ont défini cette stratégie que l’on a appelé « le développement tiré par les exportations ». Je montrerai ensuite comment elle fut insérée dans le tissu de l’impérialisme, avec quelles (…)
Jean-Claude DELAUNAY
Première partie L’Impérialisme, le dollar et la globalisation financière
Après la défaite de l’armée japonaises, en 1947, puis celle de Jiang Jieshi, en 1949, Mao Zedong devint Président de la République populaire de Chine. Une fois accomplie la réforme agraire, Mao et ses camarades, qui observaient combien la population chinoise était nombreuse et fertile, crurent qu’ils pouvaient construire le socialisme de manière encore plus rapide que ne l’avaient fait les soviétiques.
On indique ici seulement quelques traits de l’histoire de la Chine populaire pour rappeler que, pendant les années 1950, « le camp socialiste » fut soumis à un choc sévère, constitué du Rapport Khrouchtchev (1956) et de ses divers effets (Budapest, etc.), suivi par la rupture complète entre l’URSS et la Chine, au début des années 1960. Or, pendant les années qui s’écoulèrent, entre cette période de rupture et la mort de Mao Zedong (1976), la politique mise en œuvre pour développer la Chine se révéla (…)
Jean-Claude DELAUNAY
Jean-Claude Delaunay, économiste marxiste, vit en Chine depuis de nombreuses années. Témoin privilégié de la façon dont évolue et se construit la Chine Populaire dans ces dernières années, il a publié l’année en 2018 “Les trajectoires chinoises de modernisation et de développement. De l’Empire agro-militaire à l’État-nation et au socialisme” aux éditions Delga. Jean-Claude Delaunay qui nous avait fait l’amitié et l’honneur de présenter son ouvrage sur le stand du PRCF à la fête de l’Humanité 2018, a accepté de donner son point de vu, depuis la Chine, des leçons que nous apprend la pandémie de coronavirus et la nouvelle violente poussée de crise du Capitalisme.
Bonjour mes amis, mes camarades de France. Inutile de mettre vos masques pour lire ce papier.
D’abord vous n’en avez pas, si j’en crois une récente enquête de Médiapart (02/04/20). Ensuite, il n’est pas question de développer ici un point de vue médical ou documentaire sur ce virus qui a envahi le monde, sur cette étrange petite boule couverte de pustules et de piquants qui, lorsqu’elle nous pénètre, nous crée de sérieux problèmes.
Je vais vous dire quelques mots d’un autre virus, qui, lui, nous a entièrement pénétrè et qui nous fait le plus grand tort, le capitalisme monopoliste financier, qui nous ronge le sang et dont nous ne savons pas comment nous dépêtrer, parce que nous avons peur de prendre le seul médicament qui vaille en la matière, le socialisme.
Bien sûr, en Chine, où je vis depuis quelques années, je ne subis pas au jour le jour les conséquences du capitalisme. Et puis je suis retraité, je suis même un vieux retraité. Mais justement, sans prétendre du tout être (…)