auteur Romain MIGUS

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L’attaque du Venezuela par les Etats-Unis

Romain MIGUS

Romain Migus est une des meilleurs spécialistes français de l’Amérique latine. Il vit actuellement au Pérou. Je l’ai rencontré pour la première fois en 2007 sur la place Simón Bolívar au centre de Caracas où nous nous étions donné rendez-vous.

J’en ai fait, sous le nom de Roman Margus, un des personnages de mon polar historique « Rouges, les collines de Caracas » (2015).

Comme nos médias préfèrent donner la parole aux ignares pour qui la connaissance du sujet compte moins que l’allégeance à la doxa pro-impérialiste, il s’est résolu a créer une web TV « Les2rives » (https://www.les2rives.info/web_tv) une précieuse mine d’informations.

Voyez et écoutez ci-après ce puits de sciences, cet agréable pédagogue, cet honnête homme qui nous parle du Venezuela où il a vécu 15 ans.

Maxime Vivas

Dans la nuit du 3 janvier 2026, les USA ont bombardé le Venezuela et enlevé le président Nicolas Maduro et sa femme, Cilia Flores pour les juger aux États-Unis. Le journaliste Romain Migus analyse les évènements et les conséquences à chaud ! La vidéo :
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“Donnons de la force au processus démocratique participatif vénézuélien”

Romain MIGUS
Alors que les démocraties libérales en Occident tendent de plus en plus vers l’autoritarisme au fur et à mesure de leur perte d’influence dans le monde multipolaire, de nouvelles expériences nous viennent du Sud. Depuis des années, le Venezuela expérimente et construit une démocratie participative et protagonique. Sur tout le territoire national, des millions de citoyens se réunissent en assemblées populaires et décident de leur modèle de développement, de leurs priorités, redéfinissant les contours de la démocratie populaire où les participants ne délèguent plus leur souveraineté à des représentants mais agissent en tant que sujet collectif. L’approfondissement de ce modèle va vite, très vite. Pour ne rien perdre de l’interview qui suit, nous conseillons la lecture d’une précédente interview qui retrace la genèse et le fonctionnement des Communes et des Conseils communaux. Le 21 avril 2024, une consultation nationale avait lieu au Venezuela pour que les conseils communaux (…)

Le pont de la Paix

Romain MIGUS
D’épais nuages de fumée noirs se confondent avec la brume des gaz lacrymogènes. Des cris et des détonations tonnent dans le ciel et une averse de pierres, de plomb et de feu se déversent sur des silhouettes cagoulées qui s’affrontent sur le Pont. L’atmosphère irrespirable rajoute à la scène une tension macabre et historique. Si la frontière divise, le pont a toujours été le symbole de l’union entre deux peuples tellement semblables qui aiment pourtant à s’imaginer des différences irréconciliables. Ce jour-là, point d’union. Le pont s’est métamorphosé en scènes de guerre. Sous l’apparence médiatique d’une « intervention humanitaire », les États-Unis et leurs vassaux régionaux du groupe de Lima se sont lancés dans une opération de changement de régime au Venezuela. Objectif des putschistes : tenter de s’emparer du territoire vénézuélien frontalier pour y établir une base arrière nécessaire dans la conquête du pouvoir. La prise du pont est un objectif stratégique pour morceler le (…)

De nouvelles preuves relient Juan Guaido aux cartels de la drogue

Romain MIGUS

Le président de l’Assemblée nationale de la République bolivarienne du Venezuela, Jorge Rodriguez, vient de révéler une série de preuves reliant un narcotrafiquant international au Gang de Guaido, ce réseau politico-criminel dont les liens avec le trafic de drogue ont déjà été documenté de nombreuses fois.

En effet, il a été prouvé que lors de son déplacement en Colombie le 21 février 2019, afin de superviser la tentative d'agression contre le Venezuela qui aura lieu deux jours plus tard, Juan Guaido n'avait pu quitter le territoire vénézuélien qu'avec l'aide du cartel narcoparamilitaire colombiens Los Rastrojos. De nombreuses photos le montrant bras dessus bras dessous avec les dirigeants de cette organisation criminelle. Un an plus tard de nouvelles accusations rattrapaient Juan Guaido. Les mercenaires qui déferleront sur le Venezuela lors de l’opération Gédéon le 3 mai 2020 avaient établi leur base dans une hacienda appartenant à Hermagoras Gonzalez, alias Doble Rueda, le capo du Cartel de la Guaira. Les révélations du commandant militaire de l’opération, Cliver Alcala -beau-frère de Gonzalez-mais surtout de Jordan Goudreau, le directeur de Silvercorp, l’entreprise de mercenariat US aux commandes, montrera que le Gang de Guaido bénéficiait du soutien de ce narcotrafiquant (…)

D’où vient et où va la Colombie ?

Romain MIGUS

D’insoutenables violences submergent la Colombie. L’armée, la police, et des groupes paramilitaires assassinent le peuple colombien impunément. Les Colombiens crient leur désespoir et leur rage en espérant que leur réalité transcende les frontières. Cela dure depuis longtemps, très longtemps, trop longtemps. Depuis la trahison de Simon Bolivar par Francisco de Paula Santander, au XIXe siècle, l’oligarchie colombienne n’a eu de cesse d’étouffer avec zèle toutes les velléités de révolte populaire. Une situation qui a pris une tournure encore plus tragique avec l’assassinat de Jorge Eliecer Gaitan en 1948, évènement fondateur d’une guerre sans répit contre le peuple. Comment se fait-il qu’une chape de plomb médiatique et politique ait, depuis au moins 60 ans, couvert les cris de souffrance de ce peuple opprimé ?

Ce qui se déroule désormais sous nos yeux n’est que le dernier épisode d’une guerre de classe (et devrait-on aussi ajouter de la guerre d’indépendance initiée il y a 200 ans) dont la recrudescence correspond à l’arrivée d’un secteur mafieux dans les arcanes du pouvoir. Qu’est-ce que l’uribisme ? L’uribisme est le système mis en place par l’ancien président Alvaro Uribe Velez et une partie de l’oligarchie foncière avant même leur accès au pouvoir en 2002. Ce système est une excroissance narco-mafieuse de la guerre civile qui dévore le pays depuis plusieurs décennies. Originaire d’un secteur de propriétaires ruraux qui s’est développé aux côtés des narcotrafiquants, l’uribisme forme une communauté d’intérêt avec l’oligarchie traditionnelle et la bourgeoisie industrielle tout en préservant un développement autonome. Élu en 2002 dans le contexte de la guerre civile qui déchire le pays entre l’État colombien épaulé par des milices paramilitaires, et les guérillas des Farcs et (…)