Quand Donald Trump avait reconquis le pouvoir lors des élections de novembre 2024, j’avais écrit que l’humanité allait souffrir, puisqu’avec un tel président, dont les penchants racistes sont connus, la barbarie occidentale allait être déconfinée en se libérant de ses artefacts démocratiques et diplomatiques. J’avais dit qu’au-delà de la douleur imminente pour les peuples, mais ce sera un test grandeur nature pour savoir qui sont les pays, les puissances qui sont vraiment en faveur du monde multipolaire et donc en opposition avec la géostratégie de la déshumanisation pratiquée par l’Occident.
Aujourd’hui, l’imposture n’est plus de mise. L’Occident, terrassé par ces propres contradictions et par la menace des Bricks, n’a pas d’autre choix que de se réapproprier ses valeurs barbares longtemps dissimulées et d’éliminer la menace, même fantôme, de l’alliance des Bricks. Et pour ce faire, il s’en prend un par un aux maillons faibles de cette alliance, pour voir comment réagiront les deux puissances nucléaires des Bricks qui revendiquent le multipolarisme,. Or il semble que les puissances nucléaires que sont la Russie et La Chine n’ont pas le courage ou la détermination d’affronter l’empire unipolaire. Et je me laisse dire que ce n’est pas tant par peur de l’Occident, mais parce qu’au fond, et la Chine et la Russie ne cherchent qu’à être reconnues comme puissances et traitées avec respect par l’Occident. L’erreur des dirigeants russes et chinois est de croire qu’ils sont à l’abri à cause de leur arsenal nucléaire.
Or ce que l’occident est en train de faire s’appelle une érosion des contours des alliances tissées par ces puissances, pour les faire effondrer sans les attaquer directement. Du moins pour le moment. Mais ils doivent retenir que les Occidentaux n’ont peur de rien et ne reculent devant rien. Les États-Unis, dans le rôle de gendarme du monde, ont arrêté et emprisonné Noriega, pendu Sadam Hussain, liquidé Kadafi comme un chien, chassé Assad de Syrie comme un malpropre, attaqué les sites nucléaires de l’Iran, capturé et exfiltré Maduro. Sans parler des agressions antérieures, bien avant les Bricks, contre Cuba, le Chili, la Grenade, le Nicaragua.
Toutes ces victimes ont en commun d’avoir voulu défendre la souveraineté et les intérêts de leur pays, malgré les défauts qu’on puisse trouver à certains d’entre eux.
Alors il est sage de se demander Qui sera la prochaine victime ? La Colombie ? Elle a des raisons de s’inquiéter, vu les prises de gueule entre son président et Donald Trump. Le Brésil ? Il a des raisons de s’inquiéter, vu la proximité de Trump avec le principal opposant à Lula. Le Mexique ? Le Burkina Faso ? Le Niger ? L’Inde ?...Et pourquoi pas aussi la Chine et la Russie. Vu que des traites, on en trouve partout.
Tout cela pour en venir à une question existentielle pour cette certaine opposition qui veut un ordre mondial multipolaire : peut-on sortir du goulot de déshumanisation du monde unipolaire sans assumer la violence de la rupture des liens qui structurent ce monde ?